Luc Michel:  « La Libye n'est pas du tout un État répressif »

Luc Michel: « La Libye n'est pas du tout un État répressif »

Rencontre du 3ème type avec l'homme qui appelle à « l'envoi de volontaires en Libye »

humour belge | Grands entretiens | par | 24 Février 2011

Luc Michel: « La Libye n'est pas du tout un État répressif »

Pour Luc Michel le colonel Kadhafi est victime d'un complot: les drapeaux des insurgés sont « splendides » « C'était donc préparé, il a fallu les donner ! » Le national-bolchévique belge organise donc la résistance depuis Bruxelles.


Alors comme ça Luc vous appelez à défendre la Jamahiriya libyenne ?

Oui, parce que Kadhafi a instauré un modèle de démocratie directe qui fonctionne (…) Vous savez je connais la Libye, je suis un ami de la Libye. En Libye, il n’y a pas de misère. Selon moi, ce que la presse appelle « Révolutions arabes » est un processus implanté de l’extérieur, dont le but véritable est de réaliser le projet de Georges Bush du Grand Moyen-Orient.
Un fait est révélateur : les insurgés ont récupéré l’ancien drapeau de la Libye – noir, rouge, vert. Ce drapeau a disparu de Libye depuis 40 ans et il y a des milliers de drapeaux qui sont dans les manifestations depuis le premier jour. C’était donc préparé ! Il a fallu donner, préparer les drapeaux. Ce ne sont pas des drapeaux bricolés, il y a de splendides drapeaux !

Mais les drapeaux ont peut-être été conservés dans les greniers, tout simplement ?

Non, non, c’est totalement impossible. Vous imaginez pendant 40 ans ? Si vous croyez que les libyens de 1969 avaient des drapeaux chez eux. C’était un pays qui vivait au Moyen-Age avec 98 pourcent d’analphabètes. C’est Kadhafi qui a changé tout ça ! Le système est vieillissant, c’est vrai mais on ne peut pas contentez tout le monde.

Kadhafi ne vous fait pas l’effet d’un fou mégalomane ?

Ce qu’on appelle ici l’excentricité de Khadafi correspond en fait aux normes africaines. Ses vêtements spectaculaires notamment. C’est quelqu’un qui vit simplement, sous une tente. Dans la vidéo qui est passée à la télévision, la vieille Fiat que l’on voit est vraiment sa voiture. Khadafi n’est pas Berlusconi. Si sa garde personnelle est composée essentiellement de femmes, c’est qu’il a plus confiance en elles. Ce n’est pas son harem. La Libye est un État puritain. C’est d’ailleurs l’un des problèmes que Khadafi a avec la jeunesse. Elle n’a pas d’exutoire en Libye : il n’y a pas de bar, pas d’alcool, pas de discothèques. Rien.

Comment comptez-vous sauver le soldat Kadhafi ?

Pour l’instant, notre bataille est au niveau des médias. Nous agissons beaucoup sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, nous nous sommes fait 750 amis en 40 heures. Et Facebook nous a censurés dès le premier jour. Estimant qu’il y a trop de gens qui arrivent, le site nous empêche d’ajouter des amis ou de répondre aux messages sur le profil. Un buzz s’est quand même créé. Maintenant, si les choses devaient tourner mal en Libye, nous apporterons évidemment nos structures et nos moyens à l’organisation d’une résistance…

Militairement ?

Nous serions prêts, si la guerre civile devait durer, à appeler à l’envoi de volontaires en Libye.

Qui es-tu Luc Michel ?

Staline, Tito, Milosevic, Saddam Hussein et maintenant Khadafi… Belge un peu fou de 53 ans, il se revendique de Jean Thiriart, père du nationalisme bolchevique, une sorte de mix entre communautarisme européen, anti-impérialisme américain et antisionisme.  « Son rêve », selon Manuel Abramowicz, rédacteur en chef de Résistances.be, observatoire de l’extrême-droite belge, « c’est la création d’un empire européen du Portugal jusqu’au fin fond de la Russie ». Il fonde en 1984 le Parti communautaire national-européen avant de se lancer dans une activité de consultant lobbyiste à la solde des régimes anti-impérialistes d’ex-URSS et de la Libye. Depuis 2004, il est coordinateur du Mouvement des Comités Révolutionnaires (MCR) pour l’Europe. « Bientôt 40 ans de militantisme révolutionnaire engagé, toujours sur la brèche ! » écrit-il sur son profil Facebook.

Et vous-même vous iriez ?

C’est possible… Mais nous ne sommes pas des desperados. Nous ne somme plus en 1936, à l’époque des brigades internationales, il y a un combat médiatique très important qui n’existait pas avant. Et puis, on ne sait pas comment va évoluer la situation. La possibilité que Kadhafi se maintienne est de 2/3. Nous sommes loin de la catastrophe annoncée ici.

Il n’y a pas de répression de la part du gouvernement ?

La population civile se bat contre d’autres civils. Ce n’est pas l’armée de Khadafi contre les civils. L’aviation libyenne ne bombarde pas des civils, cela n’a pas de sens. Ils bombardent des dépôts d’armes dans des zones qu’ils ne contrôlent plus. (…)
La Libye n’est pas du tout un État répressif. On voit infiniment plus de policiers à Paris ou à Bruxelles qu’en Libye. C’était une police très bon enfant dans un État où la criminalité n’existait quasiment pas. Les délinquants étaient condamnés par les tribunaux de quartiers à des travaux d’intérêt général. Mais cette police, qui n’était pas armée, s’est retrouvée face à des manifestants armés.










Luc Michel Ami de Kadhafi « C’était une police très bon enfant dans un État où la criminalité n’existait quasiment pas »

Et ces mercenaires africains dont on parle souvent ?

Cette fameuse histoire des mercenaires africains qui est reprise partout…  Un tiers de la population libyenne a la peau de couleur noire. Il ne s’agit pas du tout de mercenaires africains, il s’agit de membres libyens des forces de sécurité. Il y a actuellement, dans toute la Libye et dans les banlieues de Tripoli, une chasse aux africains, menée par les islamistes. Un vague de xénophobie dont le but est de faire partir les soutiens étrangers de Kadhafi. C’est le chaos : on pille, on tue, on viole. Des bandes de voyous attaquent les magasins, les islamistes violent les femmes. Cette minorité cherche à contrôler la rue en terrorisant la population.

Que craignez-vous si Khadafi est déchu ?

1 : l’éclatement du pays et un état islamiste aux portes de l’Europe. Deux : la fin du contrôle de l’immigration africaine, chose que Khadafi faisait très bien. Trois : un choc économique, compte tenu des énormes intérêts économiques européens en Libye. Le choc pétrolier, c’est nous qui allons le payer. Enfin, nous ne sommes pas des indifférents, ce qui est le plus grave, c’est la guerre civile qui est partie pour durer. En Europe, des manifestations de libyens pro- et anti- Khadafi ont eu lieu à Hambourg, à Berlin, à Londres. S’il n y avait pas la police, les gens se battraient. En sachant qu’ils ont le sang chaud ! Les arabes sont des latins !

Un des canards où vous pouvez lire Luc Michel


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