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    16 / 07 / 2013

    Les bars à chicha ont leur version 2.0

    A Paris, un vapor lounge pour les fumeurs de cigarette électronique

    Par Camille Hamet

    A l'ombre du Musée du fumeur, un étrange café : le « vapor lounge ». Dans une ambiance intimiste et un brin mystique, les clients peuvent déguster les cigarettes électroniques proposées par la maison. Plutôt jasmin ou piña colada ?

    Dissimulé à l’arrière du Musée du fumeur dans le 11e arrondissement parisien , le premier « vapor lounge » de France reste confidentiel. Depuis avril, ce café se destine pourtant aux consommateurs de vaporisateurs et de cigarettes électroniques, marché florissant de plus d’un million de consommateurs en France. Une nouvelle corde à l’arc du Musée du fumeur , cabinet de curiosités qui se dédie depuis onze ans à une pratique ancestrale : fumer.

    « Le vapor lounge marche doucement mais sûrement », assure Raphaël, copropriétaire du lieu. « Il faut sans cesse y envoyer les clients de la boutique, mais une fois qu’ils ont découvert l’endroit, ils reviennent », raconte l’un de ses associés, Jérémy.

    Mystique Dans cette petite salle aux lumières tamisées, un canapé et quelques sièges encerclent une table basse. Des bouquins traînent un peu partout, « 100 chansons pour arrêter de fumer » de Jean-William Thoury bien en évidence. Au fond, trône le bar, avec son attirail de « vapotage ». Au mur, des gravures et dessins anciens. Et au plafond, une fresque réalisée par l’artiste américain Gilbert Shelton et ses acolytes : un immense nuage de fumée exhalée par un volcan, un pétard, un totem… « C’est la fumée qui relie l’homme au ciel », explique Raphaël en faisant référence à l’usage de l’encens dans la religion. Une ambiance intimiste et un brin mystique réhaussée par un fond musical.

    En ce brûlant après-midi de juillet, seul un ami de passage s’est installé sur un des sièges pour « vapoter ». Le jeune homme n’est pourtant pas un grand adepte de la cigarette électronique. Il rigole : « Je dois entretenir ma voix de bluesman alors je reste à la clope et au whisky ». A l’inverse de Jean-Jacques, qui est juste venu goûter différents e-liquides, debout devant le bar. Ce fumeur repenti de 64 ans est passé de 20 à 3 cigarettes par jour grâce à cet ustensile : « Je suis vraiment impressionné du résultat ».

    Il est toujours à la recherche d’une saveur qui lui convienne vraiment. Raphaël l’oriente d’abord vers un goût de tabac oriental. Mais ce nouveau client ne sait pas encore bien s’y prendre; il n’appuie pas sur le bouton au bon moment, le mécanisme s’enraye. « Il faut être patient, la plupart des gens découvrent encore la cigarette électronique et il y a énormément de saveurs disponibles », souligne Raphaël.

    Testing De son propre aveu, le testing est encore la principale activité du « vapor lounge ». Coco, jasmin, chocolat, piña colada… Il y en a pour tous les goûts. Mais certains produits ont des noms énigmatiques, comme «Domestic», qui ressemble en fait à un tabac léger. Et puis il y a les vaporisateurs. D’après Jérémy, il n’y a rien de tel qu’une inhalation de rose pâle pour se détendre. « Je suis complètement paumé », avoue Jean-Jacques. D’où l’importance de la carte, mise au point par la petite équipe du Musée du fumeur à la manière d’un menu de restaurant.

    L’ambition affichée est de faire du « vapor lounge » un véritable lieu de détente, avec des formules entre 5 et 9 euros, boissons comprises. Si on ne « vapote » pas, il est possible de se contenter de thé, café, soda ou maté. Il paraît que le café est particulièrement bon. Quant à la boisson Bob Marley, présentée dans une canette à l’effigie du célèbre chanteur de reggae, elle n’est pas à base de cannabis mais de mélisse et de camomille. « Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des plantes, attention à l’overdose de camomille », plaisante Jérémy.

    Reste que l’avenir de ce café d’un nouveau genre est suspendu à une législation incertaine. Pour l’instant, la cigarette électronique n’est soumise à aucune réglementation particulière. Mais elle pourrait bientôt être réservée à des établissement agréés, ou encore bannie des lieux publics au nom de l’exemplarité. C’est du moins ce que préconise le rapport de l’Office français de prévention du tabagisme rendu en mai, tout en reconnaissant que la vapeur exhalée ne contiendrait pas de produits toxiques ou cancérogènes. Pas de quoi inquiéter Raphaël et Jérémy, qui attendent la suite avec « curiosité » et « sérénité ».

    Coco, jasmin, chocolat, piña colada… Il y en a pour tous les goûts

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