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    01 / 04 / 2014

    Invités : une pâtissière vegan, un organisateur de Disco Soupes et un squatteur-restaurateur

    « La bouffe alternative à Paris », l'émission spéciale

    Par Johan Weisz

    Tous les derniers lundi du mois de 19h à 20h, suivez en direct l'émission de StreetPress. Cette semaine, on s'est intéressés aux bons plans pour manger alter' à Paris.

    Plus on est de choux, plus on rit. A l’heure où la malbouffe est partout, le gaspillage la norme, un petit noyau d’opposants résiste… et s’implante peu à peu dans Paris. Ils ont pignon sur rue, comme le Vegan Folie’s qui propose cupcakes et autres pâtisseries anglo-saxonnes vegans rue Mouffetard, évoluent dans l’underground comme le Freegan Poney, le mi-resto mi-squat qui cuisine les invendus de Rungis dans le Marais, ou sont des ex-teufeurs reconvertis dans l’épluche légumes comme les collectifs Disco Soupe qui réinventent la mobilisation militante pour sensibiliser au gaspillage alimentaire.

    Les invités :

    > Amandine du Vegan Folie’s, la première boutique de pâtisseries Bio et 100% végétales de Paname.

    > Bastien des Disco-Soupes, ces soirées où des DJ viennent mixer pendant qu’avec ton épluche légumes tu rapes des carottes difformes.

    > Aladin, du Freegan Poney, le nouveau resto freegan, qui cuisine les invendus de Rungis.

    1Retrouvez le podcast de l’émission…

    2…Et les meilleurs extraits de l’émission

    Amandine, de la pâtisserie Vegan Folie’s

    « Le vegan, c’est un mode de vie basé sur le refus de l’exploitation animale à tous les niveaux. Ça veut dire qu’un vegan va refuser la viande, le poisson, le lait de vache, les oeufs, tout ce qui est laine, cuir, fourrure… Il est possible de vivre sans utiliser les animaux.

    Devenir vegan, ce n’est pas du tout une privation, c’est une libération ! On est en accord avec ses idées, on a bonne conscience parce qu’on ne participe pas du tout à tuer des animaux, parce que je précise quand même qu’en France, il y a 3 millions d’animaux qui sont tués tous les jours dans les abattoirs… Et manger vegan c’est avant tout manger diversifié : il y a énormément de fruits et légumes, beaucoup de céréales, de légumineuses, et tout ce qui existe en version omnivore classique, on peut le faire en version végétale.

    On essaie de trouver des alternatives et après c’est à chacun, pourquoi pas aux auditeurs, de se dire : qu’est-ce que moi au quotidien je peux faire pour changer les choses ? Pour faire tenir un cupcake sans lait et sans œufs, c’est très simple. Le lait animal on le remplace par du lait végétal, de soja, mais ça peut aussi être du lait d’amande, et pour remplacer les œufs, ça dépend du gâteau. Pour les muffins, on utilise de la purée de fruits (de banane, de poire…) ce qui va donner le côté très moelleux, et après on peut utiliser aussi de la fécule, ou du tofu soyeux pour les brownies…

    Si McDo lançait un menu vegan, ce serait une bonne nouvelle dans un premier temps pour les animaux, parce qu’il y en a qui vont manger vegan plutôt que de manger des burgers avec des vaches qui ont été tuées. Mais après personnellement, je préférerai que l’argent aille à des projets vegan de base, et pas à une multinationale. Le jour où des multinationales s’y intéressent, c’est forcément pour faire de l’argent. »

    Bastien, des Disco Soupes

    Ce n’est pas du tout une privation, c’est une libération !
    Le jour où des multinationales s’y intéressent, c’est forcément pour faire de l’argent

    « On n’est pas tous des ex-teufeurs, mais on aime bien les choses convivales qui créent du lien entre les gens de manière un peu improbable, et l’idée des Disco Soupes c’est de faire ça en traitant d’un sujet très sérieux qui est le gaspillage alimentaire. C’est entre un tiers et la moitié de la production alimentaire mondiale qui est jetée entre les champs et l’assiette, ça fait à peu près 280kg par tête en Europe de l’Ouest et en Amérique du nord. On veut sensibiliser les gens à cette question en les réunissant, à l’occasion de festivals, de marchés, de grati-ferias… On amène des groupes de musique ou des DJs pour créer une ambiance de fête, et on récupère plusieurs centaines de kilos de fruits et légumes qui devaient être jetés et les participants sont invités à cuisiner collectivement des salades, soupes et jus qui sont distribués gratuitement à qui veut. Donc c’est à la fois collaboratif et basé sur la gratuité.

    Maintenant ça fait deux ans qu’on fait ça et donc on est un peu à se demander ce qu’on veut. Disons, continuer à s’étendre, à faire des liens à l’international. Mais c’est beaucoup de travail, de faire toute cette récup, charger/décharger des marmites, nourrir 500 personnes, tout ça gratuitement… Ce qui est cool c’est que tout le monde peut se lancer, et on voit de plus en plus de gens s’impliquer dans de plus en plus d’endroits. On a souvent des Disco Soupes qui apparaissent comme ça, sans même qu’on soit au courant, ce qui est très bien. On estime qu’il y a à peu près une centaine de villes dans une quinzaine de pays qui ont organisé des Disco Soupes.

    On a fait des alliances improbables entre des micro-processeurs et des légumes, parce que les valeurs du Do It Yourself nous sont chères, en mode bidouille. Et du coup on a fait des actions avec JerriDoItYourself, qui sont des mecs qui récupèrent des jerricans et des unités centrales, et rebidouillent des ordinateurs gratuits. Du légume à l’unité centrale, finalement, il n’y a qu’un pas ! Ou le veloblender, par exemple, tu pédales, ce qui mixe et te fait un jus. »

    Aladin, du restaurant-squat Freegan Poney

    Du légume à l’unité centrale, finalement, il n’y a qu’un pas !

    « Nous on est dans l’action. Signer des pétitions, distribuer des tracts, ça n’a pas de grand intérêt, pour nous. On veut vraiment amener les gens à se rendre compte, parce qu’on discute avec chaque personne qui vient au restaurant, on lui explique notre démarche, et c’est seulement comme ça qu’une personne peut être sensibilisée. Vous êtes accueilli par une personne, on vous explique le processus, où on a été récupérer les légumes… On leur apprend quelques chiffres, aussi, à chaque fois ils sont très étonnés. On les installe et puis on les sert.

    Tout ce que je fais c’est du pur plaisir, je ne me dis pas je vais aller travailler, au turbin… Si on le fait, c’est parce que ça a du sens. Le but ce n’est pas de rester dans son coin, on veut qu’un maximum de personnes adhère à nos valeurs.

    On espère ouvrir tous les jours de la semaine, pour commencer. Et puis comme on est dans un squat, on sera forcément expulsés à un moment donné, donc on espère ouvrir un restaurant. On a repéré des restaurants abandonnés depuis plus de vingt ans dans Paris, donc je pense qu’on va s’installer là-bas. La première échéance c’est d’ouvrir tous les jours de la semaine, pour toucher un maximum de personnes. »

    Comme on est dans un squat, on sera forcément expulsés à un moment donné

    3En fin d’émission, il y avait la session acoustique

    Avant son passage à l’International le 8 avril, le groupe Cabuco nous présentait « Mandala »

    4Sans oublier nos chroniqueurs

    > Quentin du Tryangle.fr nous présentait son top 23 des religions les plus weirds. Nation of Yahvé, kopimism, ou Nuwaubianisme, faites votre choix !

    > David-Julien Ramil revenait pour sa Chronique Geek sur le rachat décrié par les geeks du monde entier d’Oculus par Facebook.

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