Le GUD défile dans Paris

Brèves

Comme chaque 9 mai, le Groupe Union Défense, mouvement nationaliste révolutionnaire, défilait pour rendre hommage à l’un des siens.

Paris 6e – Drapeaux noirs barrés de l’emblème du Groupe Union Défense (Gud), les militants s’alignent face au 4 rue des Chartreux. En cœur, les près de 80 « rats noirs » entonnent les lansquenets, chant populaire dans les milieux nationalistes :

« Et nos marches guerrières feront frémir la terre au rythme des hauts tambours des lansquenets ! »

Ce mardi 9 mai 2017, à deux pas de la fac d’Assas, leur bastion historique, les « gentlemen fascistes » du Gud commémorent l’un des leurs, décédé plus de 20 ans plus tôt.

Mort d’un militant natio’

C’était le 7 mai 1994. Avec les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR), les Gudarts organisaient un rassemblement pour dénoncer « l’impérialisme américain » à la veille des célébrations du cinquantenaire du débarquement. La manif est interdite et Sébastien Deyzieu, militant nationaliste de 22 ans, décède alors qu’il tente d’échapper à la police en grimpant sur un échafaudage.

Dans le livre Marine est au courant de tout…, Mathias Destal et Marine Turchi détaillent la suite des événements. Deux jours après le décès, le Gud dirigé par Frédéric Chatillon et le Front National de la Jeunesse dirigé par Samuel Maréchal fondent le « comité du 9 mai » pour dénoncer « la police de Pasqua ». Le 11 mai 1994, les militants des deux formations tentent ensemble d’envahir l’appartement du ministre de l’intérieur. Ils se font repousser et filent vers le conseil général des Hauts-de-Seine qu’ils occupent un moment.


Le soir même, ils font irruption dans les locaux de Fun Radio à Neuilly pendant une émission du Doc et Difool. Sept militants sont interpellés. Pour les défendre au tribunal, 3 avocats : Phillipe Péninque, ancien du Gud, connu pour avoir ouvert le compte en suisse de Cahuzac. Son associé, Jean-Pierre Emié. Et… Marine Le Pen.

Un défilé encadré par la police

23 ans plus tard, pas d’occupation sauvage ni de castagne. Un petit défilé autorisé par la préfecture, au départ de Port-Royal. « Tenez les rangs », lance l’un d’eux aux militants Parisien et Lyonnais, venus pour l’occasion. En tête du petit cortège une banderole « Sébastien, présent ! ». Certains drapeaux arborent toujours un « C9mai », emblème de ce comité. Sur le flanc du défilé, ils sont une poignée d’anciens, pour certains présents en 1994. Mais ni Chatillon, ni Péninque, toujours très proches de la patronne du FN, ne sont venus…


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