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    06/11/2012

    L'invitée de la matinale politique

    Raquel Garrido (Parti de gauche) : « Le FN est possiblement une force d'avenir »

    Par StreetPress

    Chavez, le Front National, le marxisme… Raquel Garrido, porte-parole international du Parti de gauche était l'invitée lundi soir de « La Matinale Politique », l'émission politique hebdomadaire de StreetPress et Radio Campus.

    Raquel Garrido, 38 ans, était lundi au micro de l’émission politique de StreetPress et Radio Campus . Un entretien qui commence par un clash à distance avec la correspondante de Canal + aux US : « Les tweets de Laurence Haïm sur la campagne américaine, c’est affligeant ». Tiens, on a une baby Mélenchon dans le studio.

    La politique, c’est « un mélange d’engagement sincère et de mégalomanie » qui fait qu’elle n’a jamais lâché, confie l’ancienne responsable lycéenne puis étudiante, vice-présidente de SOS-Racisme à 22 ans, qui milite d’abord au PS (à l’aile gauche) puis au Parti de gauche, avec Mélenchon depuis 2008. Un petit brin masochiste quand même, jusqu’à s’engager à Force Ouvrière avec Marc Blondel (« Mais qu’est-ce que vous avez contre Marc Blondel ? »), et un lifestyle de militante assumé : « J’ai continué à militer même pendant ma grossesse », assure Raquel Garrido, mariée à un autre élu du Parti de Gauche.

    Si vous écoutez cette émission, vous saurez comment notre invitée est tombée dans le marxisme quand elle était petite :

    « Oui, je suis matérialiste historique. Un jour, j’étais dans le métro, j’ai lu un livre qui s’appelle le Manifeste du Parti Communiste »

    Cliquez sur le player ci-dessous pour écouter Raquel Garrido s’énerver contre René Balme , le conspirationniste qui a démissionné du Parti de Gauche après les législatives, après quelques articles comme ça et… scoop : Dans l’émission on parle de Chavez !

    Ré-écoutez l’émission

    Cliquez sur le player pour écouter l’intégralité de l’émission :

    Un jour, j’étais dans le métro, j’ai lu un livre qui s’appelle le Manifeste du Parti Communiste

    div(border). h4>La Matinale PolitiqueChaque lundi à 19h, la « Matinale Politique » vous donne rendez-vous pour parler politique… en se prenant la tête mais pas trop quand même. L’émission est diffusée en direct sur Radio Campus 93.9FM et en streaming sur StreetPress. Retrouvez le podcast de l’émission en cliquant ici

    Les Extraits :

    > Sur l’extrême droite

    La comparaison entre Front de gauche et Front National, c’est la consécration du fait qu’il y a 4 forces politiques majeures en France, dont vous ?

    L’UMP et le PS sont des forces d’ancien régime. Et il y a [le Front de gauche et le FN] qui sont possiblement des forces d’avenir et qui vont se mener une lutte à mort jusqu’au dernier survivant.

    Le Front National est une force d’avenir ?

    C’est très raisonnable de se poser la question comme ça. Dans ce monde austéritaire, avec des mesures d’austérités imposées par la force par des décisions non démocratiques, ça va créer et ça a créé dans d’autres pays de l’Union Européenne des forces qui pensent que ce qui compte, c’est la division ethnique. Si en face on n’est pas capables de montrer que ce qui compte, c’est pas l’ethnie mais le rapport aux banques, à l’argent et à la finance, et bien c’est eux qui vont monter.

    Le FN et le Front de gauche vont se mener une lutte à mort jusqu’au dernier survivant

    L’ancienne vice-présidente de SOS Racisme que vous êtes pense que le FN aujourd’hui a de l’avenir ?

    Oui et en tant qu’ancienne responsable antiraciste, ma place c’est de construire ce Front de gauche. Il y a une course de vitesse entre eux et nous. Eux, ils courent depuis 30 ans, mais nous, on court plus vite qu’eux. Un authentique antiraciste aujourd’hui est au Front de gauche.

    Vous en voulez à la gauche institutionnelle qui s’est servie de l’extrême droite pour faire baisser les voix de droite ?

    Je ne suis pas d’accord avec cette thèse, notamment que les conséquences du scrutin proportionnel soient en cause. Je suis pour la proportionnelle, car il n’est pas normal que 80% des députés soient issus de partis qui représentent beaucoup moins de monde. (…) Je ne crois pas qu’il y ait eu d’instrumentalisation de la part de la gauche. Je pense qu’il y a une lutte interne à droite. (…) Et que le FN a pris des voix à la droite.

    > Sur le passage du Parti socialiste au Parti de gauche

    Avant, nous étions une tendance au sein du Parti socialiste… On n’avait rien à faire dans la société, tout ce qu’on faisait, c’était aller aux réunions de sections, râler contre la direction. Et on ne faisait rien dans la société. Le Parti de Gauche, on est d’abord dans la société.

    Il y a une certaine médiocratie au PS. On est le permanent, l’assistant parlementaire, puis à force d’être d’accord avec le chef, hop, on prend sa place ! Il y a un coût à payer que je n’ai jamais voulu payer.

    La différence entre le PS et le parti de gauche, c’est que vous êtes moins « techno » ?

    Ah si, on est hyper technos ! On a nos fiches, on est hyper calés et on peut prendre le pouvoir demain matin. (…) Mais ce qu’on cherche à faire comprendre, c’est que cette technique, elle est à la portée de tous. Alors que quand on dit « technos » côté PS, ça renvoie le côté arrogant qui veut dire « moi j’ai compris, les économistes ont dit… donc toi reste chez toi devant ta télé à mater TF1 ou M6, surtout ne sors pas et surtout n’aie pas d’opinion »… Alors que nous au contraire, on donne les outils pour que chacun se fasse une idée.

    Êtes-vous marxiste ?

    Oui, je suis matérialiste historique. Un jour, j’étais dans le métro, j’ai lu un livre qui s’appelle le Manifeste du Parti Communiste. Et j’ai compris que ce qu’il se passait autour de moi, c’était du fait de la lutte des classes, que le mouvement de l’histoire avait un sens et que cette grille de lecture permettait de comprendre plein de choses.

    Un authentique antiraciste aujourd’hui est au Front de gauche

    Edit 6.11 19h30 : Correction du titre avec ajout de « possiblement », dans la citation de Raquel Garrido

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    La bataille contre l’extrême droite est rude. Nous la menons de tout notre coeur, de toute notre âme, avec toute notre énergie. Rien ne nous fera reculer, ni l’adversité, ni les menaces. Car nous ne savons que trop bien ce qu’il peut arriver si Jordan Bardella prend la tête d’un gouvernement.

    Nous faisons tout notre possible pour empêcher cette bascule. Nous devons aussi anticiper le pire. Si l’extrême droite arrive au pouvoir, le travail sera encore plus important et les obstacles plus nombreux. Financiers, notamment.

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