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    06 / 07 / 2010

    Les députés répondent à StreetPress

    Suppression des voitures de fonction: un moyen d'éviter une grève des taxis ?

    Par Mélanie Klein

    Nicolas Sarkozy avait promis en juin dernier la suppression de véhicules de fonction pour les hauts-fonctionnaires. Une manière d'inciter les dépenses en taxis ? Il s'agit peut-être là d'une stratégie pour éviter un conflit social à la rentrée.

    1.Les faits:

    Nicolas Sarkozy l’a annoncé le lundi 28 juin: « le train de vie de l’Etat serait vigoureusement réduit », histoire de couper court aux excès divers de nos ministres et de montrer l’exemple aux Français en temps de crise.

    Parmi les mesures d’austérités imposées aux hauts-fonctionnaires: la suppression de 7.000 logements de fonction d’ici 2013 et aussi de 10.000 véhicules de fonction.

    2. Le contexte:

    En 2009, le parc automobile de l’État comptait 72.000 véhicules de fonction, le gouvernement va en supprimer 14% . Comment vont donc faire nos ministres pour se déplacer sans voiture de luxe et sans chauffeur ?

    Ça tombe plutôt bien, les taxis parisiens manquent de clients. Début février, ils ont lancé une opération escargot avec succès contre le rapport de la commission Attali qui préconisait d’ouvrir à la concurrence le secteur. La réduction du nombre de véhicules de fonctions devrait leur apporter des clients, et pas n’importe lesquels. Reste à savoir si en passant les courses des taxis en note de frais, les dépenses en transport des hauts-fonctionnaires diminueront réellement.

    3. La question pleine de mauvaise foi de StreetPress:

    Le gouvernement a décidé de supprimer 10.000 voitures de fonction, est-ce pour éviter une nouvelle tuile: la grève des taxis à la rentrée?

    4. Les faits:

    Pierre Lang ( UMP- Moselle): « Supprimer des voitures, notamment des voitures de fonction dans le parc automobile, c’est une façon de faire des économies. Les taxis s’y retrouveraient peut-être. Mais est-ce que c’est pour éviter une grève des taxis? Non, je pense qu’il ne faut pas chercher les calculs mesquins dans toutes les décisions prises. Je pense que c’est bien que le chef de l’État et le gouvernement décident de faire des économies sur le fonctionnement. Dans beaucoup de domaine, il y a longtemps que ça aurait du être fait. »

    Patrick Ollier (UMP- Hauts-de-Seine): « En tout cas, c’est un moyen de les faire fonctionner. C’est bien de prendre les choses avec humour. Il est important que l’État, et au niveau le plus élevé, le gouvernement, donne l’exemple. Ça ne réglera pas les problèmes, personne ne dis ça. Mais parce que ça donne l’exemple de l’attitude de rigueur qu’il faut avoir pour éviter que l’on dérape trop. Ce qui permettra aux Français de comprendre qu’il faut faire des efforts si l’on ne veut pas se retrouver dans la situation de l’Espagne ou du Portugal. »

    Thierry Mariani (UMP- Vaucluse): « C’est peut-être, en réalité, une motivation pour découvrir le plan du métro.  De toute façon un taxi ça coute beaucoup moins cher qu’une voiture avec un chauffeur. »

    Hervé Mariton (UMP – Drôme): « On a pas besoin, quand on est ministre, ou haut responsable dans un ministère, de circuler en C6. On peut passer en C5 ou en C4. Ensuite très franchement l’enjeu du rétablissement des finances publiques, il se joue bien au-delà de ça. Je souhaite que l’on ait le débat sur des vrais sujets. Le rétablissement des finances publiques, la baisse des déficits, et la baisse de la dette, elle se joue sur des montants, hélas, bien supérieur à tout ça. »

    Jean-Pierre Balligand (PS – Aisne): « On s’adaptera. Je sais pas si ça va changer grand chose au taxi, tout ce que je peux vous dire c’est qu’on toujours roule mal dans Paris. »

    Maurice Leroy (NC- Loir et Cher): « L’État doit être exemplaire, mais d’une manière générale, toute les collectivités publiques doivent être exemplaires. Une fois que vous aurez fait ça, vous aurez gagné à peu près, selon Gilles Carrez (le rapporteur général du Budget à l’Assemblée ndlr) 1 milliards d’euros . L’endettement de la France est de 1.500 milliards donc je pense qu’il faut tailler dans le gras. Le gras, c’est un budget de fonctionnement de l’État. C’est aller beaucoup plus loin dans la réduction des niches fiscales et puis c’est aussi s’attaquer, ce que l’on a jamais fais en France, sous aucun gouvernement, à toutes les aides publiques, qui coutent énormément d’argent et qui ne servent pas à sauver des emplois. Taillons dans le gras et faisons pas dans le maigre! »

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