Més que un Cannabis Social Club

Més que un Cannabis Social Club

A Barcelone, le grow business des entrepreneurs de la weed

Freakonomics | Enquête | par , Micckkaêl Krèmér, Robin D'Angelo | 28 Août 2014

Més que un Cannabis Social Club

300 clubs, des millions d'euros, des investisseurs étrangers : A Barcelone, c'est la ruée vers l'or (vert) grâce au modèle des Cannabis Social Club. Les appétits s'aiguisent dans la ville que certains surnomment déjà la nouvelle Amsterdam.

Barcelone – Carrer Santa Monica. « J’essaie de ne pas trop me faire remarquer pour le moment, moi je veux être là pour des années. » Voilà la première chose que nous dit, enregistreur éteint, Oscar, propriétaire du Strain Hunters Club ouvert il y a à peine quelques semaines dans le centre historique de Barcelone. La bataille fait rage à Barcelone entre Cannabis Social Club pour prendre leur part du gâteau de l’énorme business du tourisme cannabique.

300, c’est le nombre astronomique de Cannabis Social Club qu’il y a à Barcelone, alors qu’ils étaient à peine une vingtaine il y a quatre ans. Un Cannabis Social Club ? Un mot poli pour dire un point de vente de marijuana. Dans les Cannabis Social Club, « les associés » viennent « chercher » leur marijuana comme à la pointeuse . Les fauteuils, la musique et la Playstation en plus.

Au départ, des associations parfaitement légales. La loi espagnole autorise chaque citoyen à cultiver à titre privé 3 plants de marijuana. Les Cannabis Social Clubs réunissent en coopératives des petits cultivateurs qui partagent leur récolte, sans bénéfice et en toute transparence. Mais les entrepreneurs de la ganja se sont engouffrés dans la brèche en montant eux aussi leurs clubs privés. Aujourd’hui ils caressent le rêve de transformer Barcelone en nouvelle Amsterdam.

Strain Hunter
Le Strain Hunters, quelque part entre la taverne et la datcha / Crédits : CC

Association de gens normal

Au Strain Hunters Club, c’est Oscar, quadra sûr de lui, qui nous accueille. Teint orange, allure sportive, et mâchoire serrée, il se présente comme « le président » de son association de « cultivateurs ». Son club : peut-être l’un de plus beaux de toute la ville. A deux pas de La Rambla, le Strain Hunters vous attend dans son ambiance boisée, avec des photos sous verre d’icônes de la culture canna et des fauteuils en skai. Les boissons sont servies par des créatures de rêve pendant que des gros bras distribuent les pochons de beuh à l’aide de balances électroniques über-high-tech. Oscar est fier comme un coq que son club aux faux-airs de datcha accueille la gent féminine :

« D’habitude, les femmes ne se sentent pas à l’aise. Ici, la fille vient avec son copain et elle est contente parce que le club est joli. »

Pour avoir l’honneur d’acheter un gramme de cannabis dans ce club qui veut taper une clientèle haut-de-gamme, venir « parrainé» par un ami et armé d’une pièce d’identité. Pas la peine de présenter le moindre engagement auprès de l’association, ni même de justifier d’un domicile en Espagne. Une petite signature, votre adresse, et le numéro de votre passeport… bravo, vous êtes désormais socio ! Chaque mois, vous pouvez retirer entre 10 et 80 grammes de cannabis pour la modique somme de 10 euros le gramme.

CSC | Ze story


En Espagne, le mouvement des Cannabis Social Club s’est lancé à la fin des années 1990 sous l’impulsion de militants pour la dépénalisation de la marijuana. Au départ, des idéalistes un brin tête brûlée qui profitent des largesses de la loi espagnole sur les stupéfiants : ici, chaque résident est autorisé à cultiver 3 plants et à consommer dans un espace privé. Les petits malins créent des associations et montent des clubs privés pour mettre en commun leurs récoltes et fumer en toute tranquillité.

Autre objectif pour les pionniers des Cannabis Social Club : donner une voix à tous les potheads du pays et mettre la pression sur l’État espagnol pour qu’il dépénalise. Plusieurs Cannabis Social Clubs sont dissous par les autorités mais d’autres affaires font jurisprudence. Comme au Pays Basque en 2001 où pour la première fois, un tribunal donne raison à une association de cultivateurs interdite en première instance.

Cannabiz’ Social Club

«D’habitude, les femmes ne se sentent pas à l’aise» Oscar, proprio de club

Dans les quartiers touristiques de Barcelone, les Cannabis Social ont tous les apparats d’immenses machines à fric. À La Mesa, situé dans le quartier du Born, à deux pas d’une des cathédrales les plus visitées de la ville, un vestibule sombre et dépouillé, à la manière d’un bar lounge pour nouveaux riches. Il faut montrer patte blanche pour accéder à la salle de consommation de 140 mètres carrés, située derrière un muret à l’abri des regards. La déco est « bohémienne-chic » dixit le patron : ici des canapés chinés de haute volée, un DJ permanent et des projections aux murs de vidéos d’art et d’essai. Les échanges se font par système informatisé dernier cri. L’équipe d’une quinzaine d’employés est tout droit sortie des pages mode de Vice – d’ailleurs le magazine le plus branché du monde trône partout dans le club.

La mesa
A la Mesa, il est interdit de prendre en photo les socios / Crédits : CC

Ce lundi soir à La Mesa, des socios se présentent continuellement au bar. Le business des Cannabis Social Club est en train de péter tous les chiffres à base de frais d’inscriptions allant de 20 à 50 euros et d’un gramme qui s’échange en moyenne à 10 euros. El Pais estimait en décembre que les clubs de la ville généraient 5 millions d’euros par mois. Joint par StreetPress, Jaime Prats, fondateur de la revue culte Cañamo qui suit l’actu du cannabis depuis 20 ans, évoque des clubs écoulant jusqu’à 2 kilos de cannabis par jour. Les plus gros, comme le Kush, revendiquent 25.000 socios. La Mesa en a 8.000. Le BCN THC qui a ouvert il y a à peine deux semaines compte déjà 500 adhérents.

Clandestino

Que se cache derrière cette devanture ?

Dans ces machines-à-frics à ciel ouvert, un seul point vient noircir la vie rêvée des « cultivateurs ». Déclarées sous le statut d’association à but non lucratif, les Cannabis Social Club n’ont pas le droit de faire de pub. Dans les rues des quartiers touristiques, les clubs – qui ne peuvent même pas poser d’enseigne – sont invisibles. Pas le droit non plus au sacro-saint flyer, ni même d’ouvrir une page sur Internet. Sur le web, les Cannabis Social Club sont aussi introuvables. Pour arriver au Strain Hunters, il nous a fallu arpenter pendant une demi-heure des forums consacrés au cannabis, avant de se résoudre à passer un coup de fil a un autre gros « cultivateur ».

Pour débaucher leur clientèle, les Cannabis Social Club usent et abusent des réseaux sociaux. Sur Instagram, Twitter et Facebook, leurs comptes postent et repostent. Oscar nous présente trois lascars habillés streetwear derrière un comptoir en bois brillant : son équipe de community managers. Nous aurons même la semi-obligation d’être pris en photo pour les réseaux sociaux en compagnie du Big Boss, qui se félicitera qu’on voit à l’image mon magnétophone et mon carnet de notes :

« Ca fait sérieux. »

Oscar et moi
Oscar nous fait poser pour son Instagram / Crédits : CC

Enrôlement toujours, Robert Mosterd, patron hollandais de La Mesa, propose de monter un partenariat avec StreetPress. Votre site d’information préféré pourrait devenir « socio » et avoir le droit de « parrainer de nouveaux adhérents ». Il y aurait bien sur rémunération, sachant que pour s’inscrire à la Mesa un nouveau membre doit s’acquitter d’une somme de 20 euros…

Lumpen proletariat

Interdit de publicité, le juteux business des Cannabis Social Club attire toute une faune de rabatteurs qui sent fort la misère sociale. Comme Mr. Green, un espagnol d’une trentaine d’années décrit par ses concurrents au mieux comme un vagabond ou un junkie, au pire comme un… tueur. Armé d’une tablette Samsung nouvelle génération d’un blanc éclatant, Mr. Green arpente les rues de Barcelone à la recherche de touristes qu’il pourrait faire entrer dans des Cannabis Social Club. Grande tige sèche, vêtue d’une casquette verte et d’un baggy, Mr. Green confie être un gamin de la DASS. Il a aussi un fils qu’il n’a jamais rencontré. Petit dealer depuis ses douze ans, il vit des miettes de l’économie des Cannabis Social Club. Sur chaque personne qu’il fait entrer dans un club grâce à son parrainage, il touche – d’après ses chiffres – de 25% à 50% des 20 euros de la cotisation obligatoire. Une misère au vue de sa moyenne haute de 5 adhésions par jour. En contrepartie, Mr. Green essaye de fourguer sa marchandise – MDMA, coke, viagra – aux jeunes touristes qu’il a alpagués. Il acceptera de répondre à nos questions une fois que nous aurons versé 20e au président du club pour lequel il fait le trottoir.

Més que un club, slogan du Barça

Un peu plus haut dans la hiérarchie sociale des crève-la-faim, il y a Mark , Hollandais d’une trentaine d’année qui se touche souvent les narines. Visage émacié et beaucoup trop parfumé, ce sosie de Robbie Williams à l’œil vitreux s’est installé à Barcelone il y a un an et demi, avec pour ambition de faire son beurre dans ce qu’il voit déjà comme « une nouvelle Amsterdam ». L’idée de génie de Mark : monter une agence touristique qui permette aux touristes de fumer le matin dans des clubs et de visiter la Sagrada Familia foncedé l’après-midi*. Concours Lépine toujours : il prépare une application pour proposer aux touristes des réductions dans des magasins de fringues partenaires de Cannabis Social Club.

Pour le moment il est rabatteur et « cultivateur » de marijuana – il dit fournir un des plus gros clubs de la ville. Pendant notre interview, Mark disparaîtra mystérieusement quelques minutes après avoir reçu un coup de fil.

Business model

Dispensaire
A l’Ariam, les dealers sont des mama espagnoles / Crédits : CC

«Ils veulent faire le maximum de fric, le plus rapidement possible avant que la législation change» Mr Green.

Pour remplir leurs caisses, certains clubs n’hésitent pas à enfreindre la loi. Comme le Kush, vraisemblablement le plus rentable de la ville. Devant le Kush, nous verrons sortir en à peine 15 minutes presque une dizaine de très jeunes Français. Le Kush prend un maximum de risques en envoyant une armée de rabatteurs dans les rues de Barcelone – ce qui est interdit – taper les touristes au profil de spring breakers. Certains parlent même de 50 chalands. Romain, à peine 19 ans, a pu rentrer tranquillement alors que l’entrée lui avait été refusée dans d’autres clubs à cause de son âge. A l’intérieur, le personnel est presque exclusivement composé de jeunes noirs – en majorité des Cubains et des Dominicains. L’endroit est étouffant avec au mur des écrans de télé qui diffusent du gros rap pendant que des touristes, vêtus courts et rougis par le soleil, viennent s’approvisionner au « dispensaire » – le comptoir à weed. Un jeune homme, qui a travaillé au Kush, assure que les gérants font un classement des rabatteurs. Avec promotions et humiliations à la clé. D’après lui le club serait tenu par deux allemands, « des noirs » :

« Ce qu’ils veulent, c’est faire le maximum de fric, le plus rapidement possible avant que la législation change. »

Oscar et le Strain Hunter adoptent une autre stratégie. Le « cultivateur » fait profil bas et espère fidéliser une petite clientèle de qualité pour que le jour où la législation évolue, il soit parmi les clubs les plus réputés de la ville. En ligne de mire : le rêve de faire partie des pionniers d’une nouvelle Amsterdam. Mr. Green, qui lui a proposé ses services de rabatteur, s’est fait rembarrer comme un malpropre. « Le street-promoting, c’est pour des clubs qui n’ont pas les mêmes objectifs que nous », clame Robert Mosterd, propriétaire de La Mesa, qui vise aussi une clientèle select et le long terme.

Albert Tio, des discothèques au cannabis

Hypocrisie

Dans la ville, c’est l’hypocrisie la plus totale. Vous n’entendrez jamais un entrepreneur prononcer les mots de « vendre » ou de « clients ». On dit « partager » et « socios ». A l’entrée du Kush trône un immense panneau qu’on imagine faire beaucoup rire le personnel : « En este local ni se compra ni se vende marijuana ». Le cannabis serait officiellement cultivé par les adhérents de l’association qui mettraient en commun leurs récoltes. Pourtant, les adhérents du Kush sont bien tous de passage en Espagne…

Plus lol encore, le syndicat de la FedCac, qui doit en théorie porter la voix des petits cultivateurs de cannabis, est dirigé par … Albert Tio, un des dirigeants de la Terrassa, une des plus grosses boites de nuit de Barcelone ! Albert Tio est aussi le boss de l’Airam, un club qui bénéficie d’un spot imprenable à deux pas de la Rambla et qui fait régulièrement le plein. Accompagné de sa splendide épouse paraguayenne, il nous reprend quand on prononce devant lui le mot « client » :

« Il faut que tu changes de logiciel : ici on parle d’associations et d’adhérents. »

Robert Mosterd, fondateur de La Mesa, y va de son petit sketch :

« Je fais ça pour l’amour de cette plante. A La Mesa tout est réinvesti dans l’association. Il n’y a pas de chiffre d’affaire. »

Tout comme Albert Tio, Robert Mosterd est représenté par le cabinet d’avocats Nieto Povedano qui veille aux affaires d’une bonne partie des Cannabis Social Club les plus rentables de la ville.

Carte CSC
StreetPress peut vous parrainer dans plusieurs Cannabis Social Club / Crédits : CC

Entrepreneurs

«Ce sont tout simplement les dealers de toujours qui ont ouvert leur commerce» Ramon, fumeur

Qui se cache derrière les Cannabis Social Club ? D’abord des entrepreneurs un brin aventuriers comme Robert Mosterd, actuellement en procès pour s’être fait prendre avec … 22 kilos de cannabis ! Ce hollandais de 47 ans et boss de La Mesa prétend vivre de ses activités de photographe et de décorateur d’intérieur, après un passé dans le business de la restauration. Le teint hâlé, l’allure élégante – malgré l’embonpoint – dans son ensemble blanc, le businessman aux cheveux blonds-délavés reçoit au second étage du club dans un open-space digne d’une start-up de la Silicon Valley. Ses deux partenaires hollandais : des trentenaires à l’allure de yuppies en vacances. L’un d’entre eux admet vivre de ses « cultures » de marijuana et de la vente de graines. Il s’est installé en Espagne il y a 1 an et demi pour profiter du boom des coffee shops version barcelonaise. « Par contre, tu n’écris pas ça dans l’interview ».

Oscar, président du magnifique Strain Hunters club à 5 mètres de La Rambla, bénéficie, lui, de l’appui d’un gros investisseur : l’empire Green House qui gère des coffee shops en Hollande, vend des semences de chanvre et produit même des programmes de télévision diffusés sur National Geographic. Le club porte d’ailleurs le nom de cette émission. Oscar travaillerait pour eux comme réalisateur et photographe. Le quadra dynamique, au profil de requin de la weed, confie « cultiver » depuis plus de 20 ans.

D’autres gérants ont des airs de petites frappes. Comme au BCN THC, un club à l’allure de MJC bas-de-gamme avec sa table de billard, sa Playstation et ses graffiti pour ados. Au BCN THC, on cultive son look gangsta et la moyenne d’âge ne dépasse pas les 22 ans . Les 6 jeunes fondateurs ont investi près de 70.000 euros, de l’argent qui proviendrait de leurs économies … Pourtant son président de 21 ans, Alejandro, est chômage depuis ses 19 ans après une carrière furtive de maçon. Un des habitués ira jusqu’à nous menacer si on écrit des choses qui ne lui plaisent pas.

Mr Green
Le président Alejandro et Mr. Green / Crédits : CC

Marché noir

Lorsque que l’on s’inscrit comme membre à La Mesa, l’hôtesse au look de DJ electro explique aux nouveaux adhérents qu’ils doivent cacher dans leur caleçon les pochons quand ils sortent du club. Les proprios du club nous offrent un petit panel de 4 de leurs délicieuses herbes mais attention ! Le barman met tout dans un seul pochon en séparant chaque weed d’une feuille à rouler pour ne pas les mélanger :

« Si tu te fais arrêter par la police avec 4 pochons différents, ils peuvent te mettre en garde-à-vue pour trafic. »

Contrairement aux apparences, transporter de la marijuana, la fumer en public et la cultiver en quantité suffisante pour alimenter un commerce est interdit en Espagne. Pour fournir « le dispensaire » du Strain Hunters, Oscar explique que ses « cultivateurs » lui amènent ses herbes en petite quantité, dans des sac-à-dos, dans la plus grande clandestinité. Officiellement, une partie des membres de l’association s’occupe de cultiver. D’autres se chargent du transport jusqu’au club. Robert Mosterd de La Mesa concède, lui, se fournir parfois au marché noir.

Fournir de la weed en masse à ses socios n’est pas quelque chose de facile pour le commun des mortels : « Faire pousser de la bonne haze comme celle que tu trouves dans certains clubs, c’est super chaud ! Il faut être un pro », assure Mr. Green. Ramon, 30 ans et fumeur depuis toujours, a vu les Cannabis Social Club fleurir dans sa ville natale de Tarragone, à 100 bornes de Barcelone :

« Ce sont tout simplement les dealers de toujours qui ont ouvert leur commerce. »

Attention à la parano ! Le patron du Strain Hunters nous fait fumer. Et voilà qu’on s’attend à ce que déboule d’un moment à l’autre des hommes armés de kalachnikov venu détruire le point de vente d’un « cultivateur » concurrent…

Régulation

« Et toi, en tant que journaliste, tu penses qu’on va pouvoir tenir ? » s’inquiète un des partenaires hollandais de Robert. La poule aux œufs d’or des entrepreneurs de la weed est menacée. Joint par StreetPress, le ministère catalan de la santé explique qu’une loi devrait sortir d’ici deux à trois semaines. La régulation est en marche et c’est la course à l’armement. « Il parait qu’ils ne veulent plus donner de licences. Mais ils ne les retirons pas à ceux qui les ont déjà », croit savoir Alejandro. Le président du BCN THC souffle : les travaux de mise aux normes de son local pour obtenir une licence ont mis près de 6 mois… mais son club a pu ouvrir juste à temps avant la loi ! Ouf ! Mr. Green, le petit dealer à la dégaine de grande gigue, explique que la spéculation est déjà en marche : certains entrepreneurs auraient acheté des licences par dizaines dans le but de les revendre, une fois la nouvelle loi passée.

La meca
A la Meca, Cannabis Social Club version roots / Crédits : CC

Jaume Xaus, militant anti-prohibition

Dans les locaux de La Maca, une association militante pour la dépénalisation du cannabis, Jaume Xaus porte-parole de la fédération de la CatFac, reçoit. Ici, le Cannabis Social Club a des airs de squat entre potes : un dreadeux zone sur un canapé pendant qu’un étudiant passe du blues depuis un ordinateur d’un autre âge. Vous êtes dans le quartier populaire de Sants où il n’y a pas de touristes. Jaume prétend incarner la pureté des Cannabis Social Club : des coopératives de petits cultivateurs qui fonctionnent en circuit fermé, à but non lucratif et qui font vœux de transparence. Le militant craint que les clubs qu’il fédère deviennent « les victimes collatérales » de ceux qui ont « de mauvaises pratiques ». Il demande à ce que la future régulation limite à 500 le nombre d’adhérents par association. Il voudrait aussi faire justifier les socios d’une présence d’au moins 15 jours sur le territoire espagnol.

De quoi mettre des bâtons dans les roues des entrepreneurs de la weed ? Ce filou de Mr. Green tape une barre :

« Et comment ils vont faire ? Vérifier qu’on demande bien aux touristes leur billet d’avion aller/retour ? »

Le rabatteur, qui squatte tous les forums consacrés au chanvre à Barcelone pour y laisser ses coordonnées, se prépare avec optimiste au début de l’été :

« Je m’attends à recevoir des centaines de messages et de mails. L’année dernière je tournais à 9.000 euros par mois. »

Warning: Mark ne s’appelle pas Mark

Crédit photo

Michela Cuccagna

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