En ce moment

    14 / 10 / 2019

    Avec le projet #FrenchArms, Disclose publie de nouvelles informations

    Les armes françaises tuent des civils aux quatre coins du monde

    Par Christophe-Cécil Garnier

    Depuis moins d’un an, Disclose publie des révélations sur les armes françaises utilisées dans des conflits internationaux contre des civils. Ses fondateurs, Mathias Destal et Geoffrey Livolsi, reviennent pour StreetPress sur leur travail.

    Des blindés militaires récemment livrés au Cameroun et utilisés par une unité d’élite accusée d’assassinat arbitraires et de tortures. Des Rafales vendus à l’Égypte en 2015 et utilisés en Libye pour appuyer le « Maréchal Haftar » dans la guerre civile. Des navires de combat qui participent au blocus maritime qui touche le Yémen, responsable d’une véritable catastrophe humanitaire. Le point commun de tous ces véhicules ? Ils ont été fabriqués et vendus directement par la France, selon les récentes révélations du média Disclose et des médias partenaires du projet French Arms, mené dans le cadre d’une enquête sur les armes européennes par le média néerlandais Lighthouse Report.

    French Arms est une enquête réalisée par le biais des sources ouvertes – des informations qui existent déjà comme des rapports ou des reportages de propagande d’état. Les journalistes ont cherché pendant plusieurs semaines où se trouvaient les armes françaises et leur utilisation sur différents conflits. Avant cela, Disclose s’était fait remarquer par l’enquête Made in France, où ils révélaient – via des documents classés secret défense, dont une note de la Direction du renseignement militaire (DRM) – que des armes françaises étaient massivement utilisées dans la guerre au Yémen et qu’elles étaient employées contre des civils. Une enquête qui leur a valu plusieurs convocations à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), l’un des services de renseignement français.

    Dans leurs locaux situés dans le 11e arrondissement de Paris, les fondateurs et journalistes de Disclose, Mathias Destal et Geoffrey Livolsi, reviennent sur ces révélations et sur leur travail depuis le lancement de Disclose – mi-média, mi-ONG –, il y a un an. Le premier a travaillé au service d’investigation de Marianne entre 2012 et 2017 et a été co-auteur du livre Marine est au courant de tout… (Flammarion). Geoffrey Livolsi a lui travaillé au sein d’Envoyé Spécial et est l’auteur de plusieurs documentaires, dont le fameux Evasion fiscale : enquête sur le Crédit Mutuel, censuré par Canal+ et Vincent Bolloré avant d’être diffusé sur France 3.


    Une grande part des révélations de French Arms repose sur l’analyse de vidéos déjà publiées par des chaînes étrangères ou des reportages de propagande des armées. Vous retournez donc la communication des armées contre elles ?

    Mathias : Oui car ces États n’ont aucun problème à mettre en avant les magnifiques bijoux technologiques que la France ou les occidentaux leur ont vendu. Ça en fait des sources d’informations importantes. Mais il y a en France et dans les États européens – la France plus que les autres – une fierté dès qu’un contrat est signé. Ça donne des informations parcellaires qu’il faut ensuite rassembler. On comble les trous.

    Est-ce que, sachant cela, les États ne vont pas faire attention ?

    Geoffrey : C’est impossible, il y aura toujours des erreurs de leur part car ils ne peuvent pas savoir exactement quelles informations peuvent nous servir. Ils essaient de contrôler de plus en plus ce qu’ils font mais ils continueront à faire des communiqués de presse. Le marché veut ça. Il faut s’exposer pour exister.

    La France est vraiment fière de ses ventes par rapport aux autres États ?

    Mathias : Les États-Unis le sont un peu plus mais sinon c’est assez français en effet. Quand on enquêtait sur le Yémen, on a vu que dans chaque rapport d’exportations d’armes pour le parlement, il y a un édito de la ou du ministre en poste. À chaque fois, ce texte est super fier de notre industrie et de nos ventes. Florence Parly avait dit que vendre une arme n’était pas comme vendre n’importe quel bien de consommation. On constate que, dans les faits, c’est l’inverse. Ça donne l’impression que tout le pays est derrière eux et fier d’avoir vendu des avions de combat. Il y a cet argument de l’emploi qui revient tout le temps aussi. C’est assez unique, on ne voit pas ça chez les Allemands ou les Anglais.

    Quand est né ce projet French Arms ? Est-ce que c’était quelque chose que vous aviez en tête quand vous avez lancé Disclose ?

    Mathias : C’est au départ né d’une initiative européenne de Lighthouse Report, une organisation néerlandaise composée de journalistes grands reporters ou calés sur des zones de conflits. Ils ont fait collaborer des journalistes et rédactions européennes sur une quinzaine de jours. Lighthouse est venu nous rencontrer quand on enquêtait sur le Yémen. On a accueilli cette enquête dans nos locaux, on a fait venir les partenaires de Made In France : Mediapart, Arte, Radio France. Et des analystes spécialisés sur l’open source.

    Geoffrey : On s’est dit que ça ferait un bon suivi après Made in France. Et c’était important pour tous les journalistes présents d’apprendre les techniques d’investigation en source ouverte. Toute la journée, on enquêtait. On cherchait, on regardait plein de vidéos, des rapports, des images satellites. C’est aussi l’idée de Disclose de pouvoir participer à des mises en place d’organisation collective sur des enquêtes comme celles-ci. Ça se fait dans le journalisme anglo-saxon mais peu chez nous.

    Comment saviez-vous où chercher avec une telle masse de données à disposition ?

    Mathias : On a commencé en ciblant des zones géographiques où on savait que la France avait un partenariat commercial militaire et où il y avait une situation de conflit compliquée. Il y avait naturellement le Yémen. On en avait beaucoup parlé avec Made in France mais on estimait qu’on pouvait faire mieux sur les bateaux et le blocus. Il y a eu aussi plusieurs situations qui sont tombées à l’eau, où on n’a rien trouvé. Tout n’a pas toujours été pertinent. Et on aurait aimé trouver plus, même si on ne souhaitait pas documenter chaque arme de poing de fabrication française qui avait tué un civil dans le monde. L’objet global de l’enquête était de dire que, même si ce n’est « qu’un blindé militaire qui roule », ça reste un problème pour la France dans le cadre de conventions et de traités qu’on a signé.

    Geoffrey : Chaque groupe de journalistes présents dans nos locaux a pris une partie du travail. Certains étaient sur les réseaux sociaux, d’autres sur les télévisions d’États et d’autres encore sur les rapports de transferts d’armes. Une grande masse d’informations existe, même si les données ne sont pas toujours précises ou exploitables. On a scanné tous les rapports pour savoir quels équipements militaires ont été vendus à quel pays, afin de les retrouver. Ça représente des heures et des heures d’écrans et de vidéos. Et quand on avait un truc, on allait voir un spécialiste des armes et on lui demandait si telle chose ressemblait à tel blindé, tel avion, tel navire. S’il disait non, on recommençait. C’était assez fastidieux mais dès qu’on commençait à se rapprocher de quelque chose, c’était excitant et on oubliait tout les moments où on s’emmerdait.

    C’était important pour vous de trouver l’implication des frégates de fabrication française dans le blocus ?

    Mathias : On pensait bien qu’il y avait moyen de trouver plus que ce qui était écrit dans le document confidentiel-défense de la DRM qu’on s’était procuré. On avait pas mal parlé de ce blocus dans l’enquête Made In France car c’est une des causes de la famine et de la catastrophe humanitaire là-bas.

    Geoffrey : D’autant qu’il y a eu un débat très important autour des armes françaises au Yémen après Made in France, mais principalement sur le document confidentiel-défense qu’on a révélé. Le blocus a été moins mis en avant. C’était important de montrer qu’il y a l’usage des bateaux français au Yémen parce que c’est un conflit très meurtrier. Ça colle avec notre démarche de suivi qu’on fait sur nos enquêtes.

    https://www.streetpress.com/sites/default/files/01102019-img_1303_1.jpg

    Geoffrey Livolsi (au premier plan) et Mathias Destal (au second plan) mènent Disclose. / Crédits : Christophe-Cécil Garnier

    Vous vous êtes attirés certaines critiques de blogueurs et spécialistes défense, qui arguent qu’on « connaissait déjà » l’implication des armes françaises au Yémen, en Egypte, au Sahara Occidental ou au Cameroun.

    Mathias : Peut-être que tout le monde savait déjà mais il fallait l’écrire en gros. Et j’ai envie de dire que si vous l’avez déjà écrit pour vos sources militaires ou quelques diplomates, ça ne suffit pas. On a entendu les critiques, on les prend en compte mais elles s’arrêtent dès lors qu’on veut parler à tout le monde et pas juste aux spécialistes. Je trouve qu’il y a une sorte d’aigreur dans les commentaires qui n’était pas nécessaire. Ils n’ont pas créé de débats sur ces sujets-là. La mise en valeur et la perspective d’une information, c’est aussi notre travail en tant que journalistes. Il y a aussi ce problème qu’on peut rencontrer dans le journalisme spécialisé : si tu es trop proche de ton sujet, ça peut créer des problématiques d’indépendance éditoriale. On n’a pas ce souci-là. On a entendu les mêmes critiques pour Made in France mais on a sorti le document qu’il fallait sortir. Quand on sait entre soi, ça ne fait pas avancer le schmilblick.

    Une autre justification est que si ce n’est pas la France qui vend ces armes, ce sera forcément un autre pays et qu’on perdra de l’argent et de l’influence…

    Mathias : Ça, ce n’est pas notre sujet. Le chantage à l’emploi est celui des gouvernants. J’ai du mal avec cet argument. Je ne le trouve pas très solide. Et ça déplace le problème. Or, le problème, c’est que les représentants des États peuvent changer leur stratégie d’exportation et être un peu plus sérieux et exigeants dans leur rapport avec leurs partenaires. Emplois ou pas, on a signé des traités sur lesquels l’État français se prévaut d’être hyper engagé et sérieux. Une Yéménite nous a dits que sur la guerre au Yémen et les autres conflits régionaux, les Occidentaux ont un poids énorme. Diplomatiquement, ils ont une vraie autorité. Ils pourraient vraiment taper du poing sur la table parce que ce sont les fournisseurs du matériel qui fait que depuis cinq ans, c’est un bordel régional monstrueux. Emplois ou non, la question est : « Comment ces différents États gèrent leur relation avec des belligérants de conflits, qui violent tout un tas de disposition du droit humanitaire international et qui commettent des exactions contre les civils ? ».

    Vous citez des traités, il y a notamment celui sur le commerce des armes (TCA), ratifié par la France en 2014. Il interdit le transfert de matériel qui permettrait des « attaques dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil » ou qui « pourraient servir à [les] commettre ». Donc la France trahit ses propres promesses et le sait ?

    Mathias : Oui. Pour French Arms, les autorités nous ont répondu qu’ils étaient bien signataires des traités mais que peu de pays sont aussi exigeants que la France. Sauf que ce sont de grandes généralités là où on interroge sur des cas précis. Si on sait comment les États utilisent ces armes, eux aussi. Sur le cas du Cameroun, les ONG ont documenté les exactions des forces spéciales camerounaises (BIR). Ce n’est pas compliqué de savoir que lorsque tu vends un blindé au Cameroun et qu’il se retrouve au sein du BIR, il sert à des exactions contre les civils. Il y a énormément de mauvaise foi car il y a beaucoup d’argent en jeu.

    Cette question de non-respect des traités était déjà au coeur de votre première enquête Made in France, où les canons Caesar français étaient soupçonnés de tuer des civils au Yémen.

    Mathias : C’était le point essentiel de l’enquête, c’est ce qu’on devait trouver. Mais c’était très compliqué de trouver des preuves d’implications. On ne voulait pas être dans la morale ou le bon sentiment. On souhaitait faire ressortir la vraie problématique : il y avait une faute morale, juridique et diplomatique de la France. Ils ont menti tout au long des explications qu’ils ont donné durant la guerre civile au Yémen, en disant que les armes vendues étaient utilisées à vocation « défensive ». Mais le principal mensonge, c’est de dire que les armes n’étaient pas utilisé contre les civils « à leur connaissance », alors que la note confidentielle dit exactement l’inverse. On nous a aussi indiqués qu’ils étaient confiants sur ce sujet car ils savent que c’est compliqué de trouver des preuves sur le terrain. Il n’y a pas de traces d’obus des canons Caesar quand ça explose sur la maison d’une famille car ils se désagrègent et on ne peut pas retrouver la « carte d’identité » de l’obus.

    Après les révélations de Made in France, vous avez tous les deux été convoqués par la DGSI. Est-ce que vous vous y attendiez ?

    Mathias : On n’avait pas anticipé que les services de renseignements nous convoqueraient. On savait qu’on allait devoir prendre nos responsabilités. On a débattu rapidement en interne sur le fait de publier les documents ou non. On l’a vite levé car c’est en les publiant qu’on a démultiplié l’impact de l’enquête. On savait qu’il y allait y avoir une réaction mais pas forcément dans ce cadre-là : l’antiterrorisme, les services de renseignement, une enquête préliminaire qui dure depuis plus six mois… Il y a eu un environnement judiciaire auquel on ne s’attendait pas.

    Geoffrey : Mais on attendait une réaction et on a fait très attention dans notre façon de travailler et communiquer. Jusqu’au dernier jour avant la publication, on s’attendait à tout. On craignait de ne pas pouvoir sortir l’info et d’être bloqué.

    Vous êtes des journalistes d’enquêtes depuis longtemps, est-ce que vous assistez à un raidissement de l’État face à l’investigation ?

    Mathias : Je ne sais pas. Là, il y a quand même « une séquence ». On voit une envie de montrer les muscles à l’égard d’une certaine presse. Mais pour être honnête, il faudrait voir comment ont été gérés les différents scandales durant les différentes présidences. Mais c’est vrai qu’entre nous qui sommes convoqués, ceux du Monde, les journalistes à qui on dénie cette qualité car ils n’auraient pas la carte de presse… Ça c’est très nouveau d’ailleurs, c’est un argument très chelou. Mais des journalistes se sont aussi fait consulter leurs fadettes [factures détaillées des téléphones, ndlr] auparavant. Ça arrive de temps en temps. Il faut voir si maintenant les outils pour enquêter sont plus élaborés. S’il y a eu plus de choses hors des procédures comme des écoutes ou des filatures. Mais ça on ne le sait pas, par définition.

    https://www.streetpress.com/sites/default/files/01102019-img_1311_1.jpg

    « Les gens pensent que Disclose, ça roule et qu’on est 15 dans une War Room de fou, où tout le monde bosse comme des acharnés. Bah non. On est deux à temps plein, c’est fragile encore. » / Crédits : Christophe-Cécil Garnier

    Geoffrey : Il y a déjà eu des micros au Canard Enchaîné dans les années 80, posés par des pseudos-plombiers, par exemple. Il y a des histoires comme ça tout au long de l’histoire de l’investigation en France. Mais il y a un raidissement lié à plusieurs éléments : les mouvements sociaux, un journalisme plus engagé… Même si ce n’est pas nouveau de mettre la pression. C’est bien que tout le monde s’en aperçoive et c’est bien que les gens se rendent compte de l’importance du journalisme et que lorsqu’on informe, il y a une réaction de ceux qui veulent dissimuler.

    Lors de votre lancement, vous présentiez six thèmes d’investigations : Délinquance financière, santé publique, crimes environnementaux, industrie agroalimentaire, justice sociale et atteintes aux droits humains… Jusqu’à présent, vos enquêtes se sont surtout orientées sur ce dernier point. Est-ce que vous travaillez en parallèle sur les autres sujets ?

    Mathias : Pour être honnête, le Yémen n’a pas été pensé comme notre premier sujet. C’est un concours de circonstances qui nous a amenés à le publier d’abord. On a eu des débats en interne sur l’intérêt de commencer par ce sujet, qui était déjà beaucoup traité par les ONG. Est-ce qu’on allait réussir à avoir de l’impact ?

    Geoffrey : On pense tout le temps l’élaboration de l’enquête et sa diffusion dans ce but-là : créer un débat dans la société. Comme ça faisait quatre ans que plein de gens écrivaient dessus et que le débat était minime, on s’est posé la question. Mais on avait entre les mains ce document qui pliait un peu le game, du coup on l’a fait. Mais on ne va pas faire que de la défense et des armes. On est très content de sortir prochainement un sujet qui n’a rien à voir avec celui-là.

    Mathias : Les six thèmes nous permettent d’embrasser toutes les problématiques du monde contemporain. On a deux enquêtes en cours, la troisième sera encore sur une autre thématique. On ne vous en dit pas plus pour garder la surprise.

    Une des promesses de Disclose était d’aller au-delà de l’indignation soulevée par les enquêtes, et faire du journalisme de solutions. Est-ce que vous pensez l’avoir fait avec Made in France et French Arms ?

    Mathias : C’est plus difficile à réaliser quand on est dans un contexte international, surtout sur un sujet où il y a beaucoup de barrières et de protections. Par exemple, l’ASER [Action Sécurité Éthique Républicaine, une ONG française, ndlr] a fait un recours sur les exportations d’armes devant le tribunal administratif. Ils ont utilisé notre document comme preuve matérielle sauf que le juge l’a fait détruire car c’est un document classé qu’ils ne peuvent l’utiliser pour leur procédure. Ce tampon « Confidentiel-Défense » diminue l’impact. Le président de l’ASER, Benoît Muracciole, a d’ailleurs été convoqué à la DGSI pour compromission du secret défense.

    Geoffrey : On a travaillé cet impact car on a été en étroite collaboration avec les ONG en amont, qui ont fait des campagnes de sensibilisation. Ça ne se fait pas beaucoup encore dans la culture journalistique française. C’est sain, même si on a chacun des agendas différents. Et on a eu un autre impact avec le blocage des ports pour empêcher les chargements d’armes. On a été en contact avec des acteurs engagés sur ces questions, on n’a pas lâché. Sur la prochaine, on va essayer d’autres façons de faire.

    Est-ce que le modèle de Disclose, à la fois média et ONG, est le futur de l’investigation par sa capacité à mieux appréhender le temps long ?

    Mathias : Je ne sais pas si on le voit comme le futur. Mais par contre on le voit comme une approche qui peut en compléter d’autres. On a envie de sortir de l’enquête de procédure et d’être plus sur l’enquête d’initiative, qui part de rien et qui prend du temps.

    Cela va faire un an que vous vous êtes officiellement lancé. Quel est votre bilan aujourd’hui ? Est-ce que vous avez atteint vos objectifs ?

    Mathias : On ne peut pas se satisfaire car on est encore petit et il y a beaucoup à faire. Après Made In France, on a vu Disclose partout. Ça a été une grande réussite de s’installer dans le paysage médiatique sur une enquête. On ne pensait pas qu’on arriverait si vite à s’implanter. Le revers de la médaille, c’est que les gens pensent que Disclose, ça roule et qu’on est 15 dans une War Room de fou, où tout le monde bosse comme des acharnés. Bah non. On est deux à temps plein, c’est fragile encore. On a besoin de développer ça. Mais les confrères reconnaissent notre intérêt et nous soutiennent. C’est très important. Par contre, on a raté le grand financeur : on n’a toujours pas eu la famille qui donne un million d’euros. On n’a pas réussi à convaincre des mécènes privés de soutenir la presse, au lieu de l’acheter. Dans notre campagne, personne n’a mis plus de 2000€. Le grand mécénat n’existe pas encore et en soit c’est un peu un échec. Et il faut croire qu’on a mal casté notre comité éditorial : pas des masses ont des potes riches !

    Aujourd’hui, nos emplois sont sauvés. C’est grâce à vous. Merci. Nous avons choisi de poursuivre cette campagne pour pérenniser notre modèle économique bien-sûr, et surtout pour inventer une autre façon d’être un média. Objectif : 70.000 euros avant le 15 novembre

    Je donne pour sauver StreetPress