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    15/11/2022

    La prise en charge sanitaire est défaillante

    Des centaines de malades de la gale dans les campements d’exilés parisiens

    Par Julie Déléant , Nnoman Cadoret

    Une épidémie de gale très contagieuse touche plusieurs camps d’exilés parisiens. Sous les tentes, la maladie ronge les corps. En cas de surinfection, le malade peut être couvert de centaines de lésions. Les soignants n’arrivent plus à faire face.

    Dans les campements d’exilés parisiens, la situation sanitaire est catastrophique. Alors que l’hiver approche, les habitants sont confrontés à une épidémie de gale norvégienne « comme jamais observée depuis la fin des gros campements, en 2019 », aux dires de Paul Alauzy, chargé de la veille sanitaire pour Médecins du Monde. Lorsqu’elle commence à se développer, à la fin du mois de juillet, les acteurs sociaux et médicaux de terrain identifient alors trois campements majeurs : celui de la place de la Bastille, autorisé par la préfecture d’Île-de-France, celui du « Skate Park », de La Chapelle, et enfin le campement de « Delphine Seyrig », situé sous un pont du 19e arrondissement. Paul Alauzy vit depuis des années au rythme des évacuations et des mises à l’abri, théâtre d’une misère sans cesse déplacée, jamais éradiquée.

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    Une épidémie de gale très contagieuse touche plusieurs camps d’exilés parisiens. / Crédits : Nnoman Cadoret

    C’est sur ces deux derniers campements, selon les observations des associations, que se développe l’épidémie durant l’été. « Sur un campement de 30 à 60 personnes, on repère les gens plus facilement, donc ils consultent plus facilement et on enraye plus facilement la machine, explique Maxime Chéron, responsable de la Mission Migrants du Samu Social de Paris. Mais quand on a 150 personnes sur le même lieu, il devient impossible de voir tout le monde. La gale étant très contagieuse, la promiscuité et la concentration importante de personnes font que l’épidémie se propage. » Lorsque le campement Delphine Seyrig a été évacué le 28 septembre, ils étaient, selon les chiffres de la préfecture de Police, 354 à monter dans les bus.

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    Dans les campements d’exilés parisiens, la situation sanitaire est catastrophique. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Dans le 1er arrondissement de la capitale, la Halte humanitaire, financée par la ville de Paris et où le Samu Social, qui assure trois fois par semaine une permanence sanitaire pour les personnes exilées, voit alors progressivement les cas augmenter. Au mois d’octobre, Benjamin Cagan, chef de service de la Halte, a chiffré à pas moins de 140 le nombre de passages pour des cas de gale, « dont une majorité était surinfectés ». Alors qu’il ne traitait que dix cas par mois en moyenne en 2021 sur l’ensemble de ses activités de maraudes et dans les accueils de jour – dont la Halte humanitaire –, le Samu Social affirme avoir vu le compteur exploser à partir de mois de juillet, passant ensuite de 60 en août, à plus de 120 aux mois de septembre et octobre.

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    Au mois d’octobre, Benjamin Cagan, chef de service de la Halte, a chiffré à pas moins de 140 le nombre de passages pour des cas de gale. / Crédits : Nnoman Cadoret

    « On a beaucoup de mal à s’en sortir, abonde Mathilde Garé, médecin coordinatrice à la Mission Migrants du Samu Social et infectiologue au service maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de Bichat. La situation est d’autant plus compliquée que nous traitons beaucoup de cas de gale surinfectées, avec des plaies importantes sur les lésions. » Or plus la gale est infectée, plus le nombre de sarcoptes (l’acarien qui véhicule la maladie) est important et plus elle est contagieuse. « Dans les cas de gale “normaux”, que l’on prend en charge rapidement, quelques dizaines de sarcoptes vivent sur la peau. Mais on peut monter à des centaines, des milliers, voire des millions dans les cas extrêmes. Là, les lésions se développent sur tout le corps, le dos, et même les parties génitales », précise Maxime Chéron.

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    Le Samu Social affirme avoir vu le compteur des cas de gale exploser. / Crédits : Nnoman Cadoret

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    Les lésions peuvent se développer sur tout le corps. / Crédits : Nnoman Cadoret

    L’impossible prise en charge

    Le traitement de la gale se fait par voie orale, avec l’ingestion d’un premier comprimé (le plus souvent de l’Ivermectine) lors du diagnostic, puis d’un second à J+7, qui doit impérativement s’accompagner du traitement de l’environnement : l’ensemble des textiles avec lequel la personne infectée est entrée en contact doit être lavé en machine à 60 degrés.

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    « La situation est d’autant plus compliquée que nous traitons beaucoup de cas de gale surinfectées, avec des plaies importantes sur les lésions », raconte la docteure Mathilde Garé. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Sous le préau de la Halte ce mercredi 2 novembre, Bilal, 22 ans, attend son tour. Comme la plupart des personnes qui viennent consulter, il vit sous le métro aérien de La Chapelle. Lui dit se gratter depuis une semaine. Après sa consultation, il se rendra comme l’impose le protocole à la douche, son sac de vêtements propres à la main. Puis il retournera ensuite au campement, où il lui faudra pulvériser sa couverture et sa tente d’Anviroscab, un antiparasitaire. « En théorie, ça fonctionne. On le fournit, mais on ne sait pas ce qu’ils en font. Il y a un véritable enjeu sur la compréhension du traitement », indique Benjamin Cagan. « Être interprète en santé, c’est un vrai métier, rappelle, à ses côtés, Maxime Chéron. On n’est jamais certain d’être compris à 100% ». « Non seulement il faut se souvenir de prendre le comprimé, mais aussi pouvoir traiter l’environnement. Empaqueter les vêtements sales dans un sac pendant 48 heures, pulvériser la tente… C’est une logistique difficile à mettre en place quand on vit dans la rue », ajoute Mathilde Garé.

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    La Halte humanitaire assure trois fois par semaine une permanence sanitaire pour les personnes exilées. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Sur le terrain, la situation est, de fait, devenue rapidement incontrôlable. Tous les lundis après-midi, une fourgonnette de Médecins du Monde s’installe sous le métro aérien de La Chapelle, à une centaine de mètres du campement du « Skate Park ». Le 24 octobre, l’équipe habituellement composée de deux médecins et une infirmière avait été exceptionnellement enrichie d’une seconde soignante. Là aussi, même constat. « En ce moment, presque tout le monde vient pour la gale. Certains ont des plaies sur le corps entier, d’autres arrivent à peine à marcher. On les a tous mis sous antibiotiques », note alors Lise Lavillonnière, dermatologue. Paul Alauzy parle même « d’urgence sanitaire » :

    « Le traitement de la gale et la vie à la rue ne sont pas compatibles. Si les gens n’ont pas accès à des douches et à un endroit où ils peuvent laver leurs draps quotidiennement, on n’arrivera jamais à endiguer l’épidémie. Ça ne fonctionnera pas en changeant simplement les vêtements. »

    D’autant plus qu’à la Halte, la question de l’approvisionnement en vêtements commence à inquiéter les intervenants. « Les acteurs qui font des maraudes, comme Médecins du Monde ou la Croix-Rouge, n’ont pas forcément de stocks et renvoient parfois vers nous, qui devons absorber. Or, nous sommes un groupement d’intérêt public, avec des budgets souvent validés à l’avance, et n’avons pas des capacités infinies pour être réactifs. Et comme l’explosion est exponentielle, on se retrouve en flux tendu. Ça ne veut pas dire qu’on n’aura bientôt plus de vêtements, mais on a beaucoup de mal à suivre », note Maxime Chéron, du Samu Social.

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    « En ce moment, presque tout le monde vient pour la gale. » Tous les lundis après-midi, une fourgonnette de Médecins du Monde s’installe sous le métro aérien de La Chapelle. / Crédits : Nnoman Cadoret

    L’évacuation partielle du « Skate Park », jeudi 27 octobre, ne changera rien à la situation. Comme c’est presque toujours le cas, la population à prendre en charge a été sous-évaluée, et plusieurs centaines de personnes n’ont pu monter à bord des bus. Quelques jours plus tard, la police qui tentait d’éloigner les personnes laissées sur le carreau de la capitale a capitulé, et depuis le 30 octobre les tentes s’entassent à nouveau sous le métro aérien.

    À LIRE AUSSI : Pedro Pablo Naranjo soigne les migrants malades de la gale

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    Depuis le 30 octobre les tentes s’entassent à nouveau sous le métro aérien. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Des renoncements aux soins

    Avant l’évacuation, lorsqu’il faisait encore beau, Jalil remontait son pantalon de survêtement au-dessus du genou, laissant à l’air libre son mollet droit, recouvert d’une quinzaine de plaies qui suintent et saignent, tâchant de rouge ses semelles de chaussures. Une semaine plus tard, le crachin est incessant et le thermomètre a chuté sous les 10 degrés. Il refuse pourtant toujours aussi net de se rendre à l’hôpital. Il raconte avoir attrapé la gale en Turquie et ne pas avoir été soigné en Suisse, où il assure en avoir pourtant fait la requête. Des policiers lui auraient promis des médicaments, mais ne seraient jamais revenus. Depuis, il semble s’être résigné :

    « J’ai été battu dans chaque pays que j’ai traversé. Dans chaque pays. En quittant la Turquie, les garde-côtes m’ont remis à l’eau quatre fois. Alors ces plaies… Mon père est malade et il faut que j’obtienne l’asile pour pouvoir l’aider. C’est tout ce qui m’importe. »

    Il souhaite un téléphone afin de pouvoir joindre l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII). Khalid, 24 ans, qui assure la traduction, promet de lui en fournir un. Il ne se détendra qu’après l’avoir obtenu, promettant aussitôt de se rendre à l’hôpital. Mais les promesses, lorsque l’on vit dans la rue, sont difficiles à tenir. À la Halte humanitaire, Benjamin Cagan assure que « presque aucun » malade ne revient poursuivre, une semaine après la prise du premier cachet, son traitement contre la gale.

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    Pour Paul Alauzy, le traitement de la gale et la vie à la rue ne sont pas compatibles. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Quatre Afghans, la trentaine, partagent la même couverture, posée à même le sol sur des cartons. Ils jurent n’avoir aucun symptôme. Leur voisin, si. Sous les rames, presque tout le monde se gratte à nouveau, parfois jusqu’au sang. Presque tout le monde boîte. Presque personne ne dort. Il y a les vrombissements assourdissants des métros, toutes les deux minutes de 5h37 à une heure du matin. Puis quand vient la nuit, ce sont les démangeaisons qui se réveillent.

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    Sous les rames, presque tout le monde se gratte à nouveau, parfois jusqu’au sang. Presque tout le monde boîte. Presque personne ne dort. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Deux hommes, installés à l’entrée du campement, souffrent de plaies à la jambe. Le premier d’une infection, le second dit avoir été blessé par balles par les Talibans. Aucun n’envisage de se rendre à la Halte, pour la simple et bonne raison qu’ils en ignorent l’existence. Des affiches placardées au mur par l’association Watizat indiquent les adresses des Permanences d’accès aux soins de santé (Pass) de Paris, qui prennent en charge gratuitement et sans condition les publics précaires. Mais pas grand monde ne semble y prêter attention. Et pour cause. Selon l’association Tendre la Main, présente presque quotidiennement sous le métro aérien de La Chapelle, les exilés en seraient fréquemment refoulés. « Surtout des Pass de Lariboisière et Saint-Louis, précise Camille, la présidente de l’association. Alors, on réoriente les gens vers Hôtel-Dieu et Avicenne, qui sont très bien, ou avec une pointe de culpabilité vers la Halte, que l’on sait débordée. »

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    Des affiches placardées au mur indiquent les adresses des Permanences d’accès aux soins de santé de Paris. Mais les exilés en seraient fréquemment refoulés. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Malgré « un budget très modeste », les deux membres de Tendre la main ont pris l’habitude de faire escale à la pharmacie avant de se rendre sur le campement, pour acheter des bandages et du désinfectant. « Hier, un homme est arrivé avec la main pleine de pus, donc j’ai désinfecté et bandé, mais ne pouvant fournir d’ordonnances et n’ayant pas accès aux médicaments, c’est tout ce qu’on peut faire », déplore Camille. Afin de mettre les hôpitaux face à leur responsabilité, elle a rédigé une note à destination des responsables des Pass.

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    Des membre de Tendre la main ont pris l’habitude de faire escale à la pharmacie avant de se rendre sur le campement, pour acheter des bandages et du désinfectant. / Crédits : Nnoman Cadoret

    Un enjeu de santé publique ?

    Malgré l’urgence, certains acteurs de terrain reconnaissent, à demi-mot, redouter la médiatisation de l’épidémie dans les campements. « On va encore dire que ce sont les immigrés qui amènent la gale en France », éclaire l’un d’eux. C’est en partie vrai : Médecins du Monde, notamment, atteste de plusieurs cas de gale contractée par des demandeurs d’asile au cours du parcours migratoire et non sur le sol français. Une information confirmée par le Samu Social. « Sauf qu’un pays sans migration, ça n’existe pas, balaye Maxime Chéron. La question, c’est comment on prend en charge les gens une fois qu’ils sont sur le territoire. La gale, c’est comme les punaises de lits, il y en a toujours eu en France, et ça touche tous les publics. » L’épidémie est la conséquence directe des conditions d’accueil offertes par la France.

    « Elle est directement liée aux mauvaises conditions d’hygiène des personnes. Si elles avaient accès aux soins et à des conditions correctes d’hygiène, comme ça devrait être le cas, l’épidémie disparaîtrait. Mais comme on l’a constaté avec la vaccination, dès lors que l’on décide de ne pas traiter une partie de la population, on crée les conditions pour le développement d’une épidémie. »

    Dans les centres d’accueil temporaires (CAES), vers lesquels sont orientés une partie des occupants des campements lors des mises à l’abri, la situation semble en effet s’apaiser. Le Samu Social, qui y intervient régulièrement, y constate un net recul de l’épidémie. « En une ou deux semaines, on élimine généralement la gale de ces centres, quand elle peut durer des mois lorsque les gens sont à la rue », affirme Maxime Chéron. Un constat que fait également l’épidémiologiste Mathilde Garé, qui s’est rendue le 8 novembre au CAES de Clichy, dans les Hauts-de-Seine. Une dizaine de jours plus tôt, après la dernière mise à l’abri de La Chapelle, « près de 90% des personnes, arrivées du campement, étaient infectées ». « Pour celles que j’ai revues, tout était rentré dans l’ordre, assure-t-elle. Et selon mes collègues infirmières, personne ne s’est représenté depuis pour des démangeaisons. Dans les accueils de jour en revanche, c’est la catastrophe ». Avec Médecins sans Frontières, le Samu Social réfléchit, sans trop se faire d’illusions, à coordonner une opération de traitement des cas directement auprès des malades, dans le campement. De quoi, peut-être, soulager Paul Alauzy, de Médecins du Monde, qui se dit désormais « totalement dépassé » par la situation, malgré le récent renforcement de l’équipe. L’ONG envisage de doubler sa fréquence de passage.

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    Paul Alauzy de Médecins du Monde se dit « totalement dépassé » par la situation, malgré le récent renforcement de l’équipe. L’ONG envisage de doubler sa fréquence de passage dans le campement. / Crédits : Nnoman Cadoret

    À l’heure où Mathilde quittait le CAES, Camille était, elle, de retour avec ses bandages au « Skate Park », un moment partagé avec les 829 abonnés au compte de son association. Toujours avec le sourire, mais une pointe d’amertume. « Car ça intéresse qui, de toute façon ? »

    Contactée, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France confirme être en mesure de diagnostiquer et prescrire le traitement sans frais pour les patients sans couverture médicale, tout en indiquant que « la Halte humanitaire [et l’ESI Saint-Michel] proposent également les soins pour la gale ». Elle assure par ailleurs avoir effectué le 13 octobre, une opération ponctuelle de traitement sur les campements, mais n’a pas réagi quant aux refus de prise en charge.

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