Mercredi 8 octobre, au pied de la statue de la place de la République à Paris, Mustafa Cakici est tout sourire aux côtés de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI). Keffieh vert et t-shirt où est inscrit à la main « Gaza Free Palestine », il prend le micro devant plusieurs milliers de manifestants venus accueillir les militants d’une des deux flottilles pour Gaza qui viennent de rentrer en France : « On a effacé les frontières parce que les coeurs se sont réunis, les coeurs ont tremblé… et Israël a tremblé ! »
Celui qui est coordinateur international de la délégation française et porte-parole de la Global Sumud Flotilla (GSF) revient d’un mois de périple — démarré le 31 août, quand il a embarqué à Barcelone et qui s’est achevé par cinq jours dans une prison israélienne. La flottille avait pour objectif de percer le blocus de Gaza, mis en place par Israël sur le territoire palestinien en 2007, avec une autre vague partie plus tard et d’une organisation différente : la « Thousand Madleens to Gaza ». En plus de Mustafa Cakici, la GSF avait 42 bateaux et plus de 500 activistes, parmi lesquels la suédoise Greta Thunberg, l’actrice Adèle Haenel, ou les eurodéputées France insoumise Emma Fourreau et Rima Hassan. La première et cette dernière ont d’ailleurs dénoncé les violences subies lors de leurs incarcérations.
Depuis son retour, Mustafa Cakici multiplie les interviews, comme à l’antenne de Ici Besançon, sa ville d’origine. Mais chez les militants locaux de la cause palestinienne, ça tique. En cause : ses publications répétées de messages antisémites, homophobes et négationnistes ou encore ses actions contre les militants de la cause kurde relevés par StreetPress et Mediapart. Cakici « appartenait à un groupe de personnes qui tenaient des propos nauséabonds et complaisants avec les discours antisémites » au sein du Collectif Palestine local, raconte à StreetPress José Avilès, le secrétaire général de la CGT du Doubs, dont le syndicat a préféré quitter le collectif l’an dernier, en même temps que d’autres associations et partis politiques.
Confronté à ses publications, Mustafa Cakici assume tout. Joint par StreetPress, LFI s’en « dissocie vigoureusement » et l’ONG à l’initiative de la flottille a fini par exclure son porte-parole, ce jeudi 16 octobre, via un communiqué adressé à StreetPress et Mediapart.
En janvier 2015, l'obsession antisémite de Cakici bat son plein quand il partage un article d’un site complotiste titré : « Les juifs sont-ils des lézards extraterrestres ? » « Ça serait insulter les lézards ? », répond-il. / Crédits : Facebook
Contre les kurdes, des « méthodes de fachos »
La première alerte date en réalité de 2015. Alors que les militants locaux s’activent pour soutenir le Kurdistan et organisent une conférence à la fac de lettres de Besançon, Mustafa Cakici multiplie les coups de pression. Il vient de déposer l’année précédente les statuts de l’antenne locale de Milli Görus, qui promeut une idéologie nationaliste et conservatrice turque, d’extrême droite. « On a vu débarquer des nervis qui sont arrivés à vingt dans l’amphi, en disant qu’on soutenait des terroristes », se souvient un responsable du PCF. « C’était le 22 octobre 2015, je reçois un coup de fil des étudiants, qui me disent de rappliquer », rembobine à StreetPress un autre militant. « Sur place, il y avait des militants bien baraqués et Cakici était arrivé avec une caméra, le message était clair : mettre un gros coup de pression sur les militants kurdes et leurs familles. »
Cakici a lui gardé un autre souvenir de cette soirée : « Dans l’amphi, tout s’est bien passé, avec courtoisie, questions et réponses. » Il se souvient avoir voulu filmer mais n’avoir enregistré « que le son, à la demande des organisateurs. »
« Ensuite, il y a eu des menaces de mort anonymes contre un militant communiste, revenu du Kurdistan », rappelle Hasni Alem, adjoint PCF à la mairie, entraînant l’annulation d’un autre rassemblement. Mustafa Cakici avait publié le soir même une photo de militants pro-Erdogan, posant fièrement devant les portes closes de la salle municipale, qui aurait dû accueillir la conférence…
« On était intervenus contre ce qui s’apparente au PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] qui était une organisation reconnue comme terroriste au niveau international », justifie Cakici : « Mon rôle était de dire stop. » « Ces gens ont l’autodétermination à géométrie variable », s’agace José Avilès, le boss de la CGT :
« On avait dû annuler le débat à la salle Battant, ça me rappelle les méthodes des fachos. »
Sur son compte Facebook public qu’a pu consulter StreetPress, Mustafa Cakici relaie le pire de l’extrême droite francophone : Jeune Nation, l’Action Française, Egalité et Réconciliation, le Libre penseur, Meta TV, Salon Beige, Paul-Eric Blanrue… Joint au téléphone par StreetPress, l’homme est à l’aise avec ces publications :
« C’est un peu comme si Hitler ou Netanyahou disaient “le premier jour de la semaine, c’est lundi”, est-ce qu’il faut qu’on enlève ce jour de la semaine ? »
Et de préciser : « J’ai partagé des articles objectifs qui relatent un certain nombre de vérités, mais je ne suis pas partisan de ces sites. »
Pour Cakici, la Shoah serait une « victimisation volontaire », écrit-il en partageant une vidéo YouTube loufoque indiquant qu'Hitler aurait co-fondé Israël. « L’invasion continue », poste-t-il en 2019 à propos d’un article sur les juifs. / Crédits : Facebook
C’est pourtant une avalanche de contenus haineux, que le journaliste Toufik de Planoise avait déjà constatée à l’été 2024. Le Bisontin déterre à l’époque des centaines de publications problématiques sur les comptes Facebook de Mustafa Cakici et d’autres membres du Collectif Palestine de Besançon. Le tout est publié dans un article sur le média indépendant bisontin Le Ch’ni.
« Les juifs sont-ils des lézards extraterrestres ? Ça serait insulter les lézards »
De fait, sans discontinuer ces dix dernières années, les messages antisémites font florès sur les réseaux sociaux de Mustafa Cakici : « Comment le lobby juif contrôle la France » (sur Facebook, en 2014), comment « Rothschild s’est débarrassé du vol MH370 de Malaysia Airlines », comment « nous vivons sous domination de la synagogue financiéro-talmudique »… « L’invasion continue », écrit-il en 2019 à propos d’un article du Nouvel Obs sur les juifs.
Son antisémitisme continue jusqu'au moins en 2024. Il publie sur Instagram une vidéo qui fait référence à une vieille accusation antisémite de crime rituel qui date du Moyen-Âge. / Crédits : Instagram
L’obsession antijuive bat son plein quand Cakici partage un article d’un site conspi titré : « Les juifs sont-ils des lézards extraterrestres ? », illustré par une photo de lézard portant une kippa. Il écrit :
« Ça serait insulter les lézards ? »
En janvier 2024, il publie sur Instagram une vidéo intitulée « des rituels sataniques, dans les tunnels sous la synagogue, des prépuces à gogo », qui propage cette accusation antisémite de crime rituel qui date du Moyen-Âge, et qui « nécessite le sang d’enfants chrétiens »…
Négation de génocides et « coterie homosexuelle »
Pour Cakici, la Shoah serait une « victimisation volontaire », répète-t-il à plusieurs reprises. « La deuxième guerre mondiale avec la victimisation volontaire pour semer la terreur (…) et pour avancer dans le projet de nouvel ordre mondial », écrit-il sur Facebook. Le génocide arménien ? « Incidents de 1915 : les documents pointent l’Arménie, non la Turquie », indique une publication relayée sur Facebook par Cakici, qui partage quelques mois plus tard une autre publication martelant qu’« il n’y a jamais eu de génocide ».
Le Franco-Turc partage plusieurs contenus qui nient le génocide arménien. D'autres sont complètement conspis comme ce post sur le chef de l'organisation terroriste État islamique qui serait en réalité... un agent du Mossad, les services secrets israéliens. / Crédits : Facebook
Interrogé sur ses propos répétés, le porte-parole de la flottille s’agace :
« Vous avez en face de vous quelqu’un qui a risqué sa vie pour la cause palestinienne, quand même ! »
L’informaticien franco-turc ne souhaite pas s’exprimer précisément sur chacun des messages cités, mais lâche :
« J’assume tout ce que j’ai dit et fait jusqu’à aujourd’hui. (…) Dans ces publications, j’ai condamné le sionisme. »
Malgré tout, le quadra a d’autres cibles : les LGBT qui seraient des « malades », reposte-t-il sur sa page Facebook en mai 2014. À cette période, les publications sur « la coterie homosexuelle », les « LGBT dégénéré », les « LGBTP » ou sur « les pédophiles [qui] réclament les mêmes droits que les homosexuels » se comptent par dizaines. À propos d’une vidéo virale d’Arrêt sur Images au cours de laquelle une personne non-binaire s’exprime, Cakici évoque « Satan ».
Vers 2014, les publications sur les « LGBT dégénéré », les « LGBTP(édophile) » ou sur « les pédophiles [qui] réclament les mêmes droits que les homosexuels » se comptent par dizaines. / Crédits : Facebook
Conspiland
Si Mustafa Cakici refuse, comme pour les autres messages, de les commenter en détail, il précise : « Je suis dans l’éducatif [Milli Görus propose des colonies de vacances aux enfants, ndlr] et quand j’entends de la violence contre des enfants, allant jusqu’à la violence sexuelle, ça atteint ma dignité humaine. (…) Si on attaque la famille, les enfants, à travers un fanatisme, je dénoncerai ces débordements et dérives fanatiques. C’est dans ce contexte que j’ai eu des propos qui vont dans ce sens. »
Les propos conspirationnistes sont aussi étalés dans le temps sur son principal réseau social. On y apprend que l’attentat de Charlie Hebdo aurait été fomenté par un état étranger. Qu’Abu Bakr al Baghdadi — principal chef de l’organisation terroriste État islamique — serait un musulman déguisé aux parents juifs, un agent du Mossad qui s’appellerait en réalité Shimon Eilot. Ou encore que les massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas « ont été commis par Israël », qui « a volé les organes et d’autres parties du corps des Palestiniens »…
Sans discontinuer ces dix dernières années, les messages antisémites font florès sur les réseaux sociaux de Mustafa Cakici. / Crédits : Facebook
« Ça a complètement pourri la lutte propalestinienne à Besançon »
Une rhétorique qui « a complètement pourri la lutte propalestinienne à Besançon », s’énerve un responsable PCF joint au téléphone par StreetPress. « On a assisté pendant des mois à des délires antisémites et complotistes » au sein du Collectif Palestine, raconte un membre de l’Association France Palestine Solidarité de Besançon, qui quitte les réunions début 2024. En octobre 2024, c’est la CGT, le Mrap, le PCF, le Parti de gauche, Génération.s et le Mouvement de la Paix qui claquent la porte, en justifiant dans un mail que StreetPress a pu consulter :
« Ces posts abondamment relayés sur les réseaux sociaux sont indubitablement antisémites. Mais leur auteur ne les reconnaît pas comme tels : pour lui, ils ont seulement un caractère antisioniste et prétendre le contraire n’est qu’allégation mensongère. »
« Il n’y a jamais eu de mea-culpa de la part [de Mustafa Cakici] sur ses prises de parole passées », s’énerve Hasni Alem, adjoint PCF à la mairie de Besançon.
L’informaticien franco-turc ne souhaite pas s’exprimer précisément sur chacun des messages cités, mais « assume tout » : « Dans ces publications, j’ai condamné le sionisme. » / Crédits : Facebook
Un mail d’alerte resté sans réponse
Lorsqu’ils découvrent la désignation de Mustafa Cakici comme porte-parole de la flottille, plusieurs militants locaux s’étranglent. Un courriel est envoyé à Paris, à l’association qui pilote la flottille et à LFI, mais reste sans réponse. Du côté de la formation politique, on relève que le mail a été reçu le 12 août, alors qu’aucun parlementaire n’était encore engagé sur cette flottille.
Séverine Véziès, coordinatrice nationale de LFI et cheffe de file du mouvement à Besançon explique à StreetPress être bien au fait des propos « antisémites, homophobes, anti-kurdes et très opposés à Jean-Luc Mélenchon » du « personnage ».
Si elle n’a pas remonté l’info à son parti, c’est parce qu’elle n’aurait « appris que la semaine dernière qu’il avait été à bord de la flottille ». Pourtant StreetPress a pu établir que l’ancienne candidate NFP avait elle aussi été prévenue dès la mi-août du départ de Mustafa Cakici pour la flottille — une information également largement partagée par la presse locale. Finalement, la responsable plaide « le manque de temps pendant la pause estivale » et « regrette de ne pas avoir pu prévenir au niveau national, tant on s’est activés pour faire signer une charte de valeurs humanistes au Collectif Palestine » — un texte qui aurait aussi été paraphé par Cakici.
Joint par StreetPress, le parlementaire LFI François Piquemal, qui était à bord de la flottille, « sur un autre bateau » que Mustafa Cakici, tient à « se dissocier totalement » de lui, et ajoute :
« Les propos que vous m’exposez, c’est tout ce que je combats. »
L’équipe de Rima Hassan explique que l’eurodéputée « condamne ces propos et s’en distancie. Elle salue la décision de Waves of Freedom France d’exclure Mustafa Cakici ». Elle précise également que si l’élue s’est retrouvée sur scène, place de la République, au retour de la Global Sumud Flotilla le 8 octobre, « c’est expressément à la demande de Waves of Freedom », et n’est pas responsable des décisions de cette structure.
Du côté de l’équipe de la flottille, on assure être tombé des nues. « On ne pouvait pas savoir ça ! » confie-t-on à StreetPress. Le mail d’alerte du mois d’août n’aurait pas été traité, par manque de moyens, explique-t-on chez Waves of Freedom, l’association qui coordonne les volontaires français de la Global Sumud Flotilla. Cakici aurait rejoint rapidement le comité de pilotage et serait porté volontaire pour participer aux rencontres internationales préparatoires, puis pour devenir porte-parole de la flottille. Jeudi 16 octobre, suite aux sollicitations de StreetPress et Mediapart, Waves of Freedom publiait un communiqué :
« Nous avons pris la décision d’exclure M. Cakici de notre association, avec effet immédiat. »
Et l’organisation d’ajouter : « Nous condamnons fermement toute forme de racisme, d’antisémitisme, de sexisme ou de discrimination, quels qu’en soient les auteurs ou le contexte. De tels discours nuisent gravement à la cause palestinienne. »
À l’instant où StreetPress recevait ce communiqué, Mustafa Cakici nous transmettait un texte de soutien, signé d’un militant bisontin de l’Union juive française pour la paix, une association antisioniste, avec ce SMS :
« En complément de notre échange d’hier, ci-dessous une source d’information sur un témoignage d’un ami juif me concernant. »
Droit de réponse de Monsieur Mustafa Cakici, ancien porte-parole de la Global Sumud Fliotilla, ajouté le 19 janvier 2026 à 18 h 40 :
Première précision : l’article repose sur une sélection partielle de contenus datant de plus de dix ans, sans évoquer les engagements citoyens, humanitaires, les travaux auprès des institutions ni son implication continue dans le dialogue interreligieux et interconvictionnel. Monsieur Mustafa CAKICI est un citoyen français engagé et père de famille. Il a toujours opéré une distinction claire et constante entre, d’une part, les individus, quelle que soit leur confession ou leur origine, et, d’autre part, ses critiques de la politique du gouvernement israélien qu’il qualifie d’extrême droite. Les publications anciennes (2014-2015) citées dans l’article ne sont pas représentatives des positions de Monsieur Mustafa CAKICI, et en l’absence d’une mise en contexte rigoureuse, peuvent faire l’objet d’interprétation ou de déformations. Par ailleurs, sur ses réseaux sociaux, Monsieur Mustafa CAKICI a relayé des initiatives portées par des organisations et des personnalités juives pour la paix et a exprimé son soutien à la communauté juive engagée et mobilisée en faveur des droits du peuple palestinien. Monsieur Mustafa CAKICI rappelle avec fermeté que ses propos visent une idéologie politique et des choix d’un gouvernement et qu’il n’a jamais nourri la moindre hostilité à l’égard des personnes de confession juive. Il réfute donc catégoriquement toute imputation d’antisémitisme.
Deuxième précision : les contenus évoqués dans l’article à propos d’homosexualité s’inscrivaient dans une démarche de questionnement intellectuel autour de conceptions familiales nouvelles et non dans une logique de stigmatisation ou de rejet. Dans le cadre de son combat en faveur du peuple palestinien, Monsieur Mustafa CAKICI travaille depuis de nombreuses années, dans le respect et la bienveillance avec des personnes issus de la communauté LGBTQIA+. Il rejette donc toute interprétation visant à l’assimiler à des positions homophobes.
Troisième précision : aucune décision d’exclusion régulièrement adoptée par l’ensemble du bureau de l’association n’a été valablement prise ni notifiée à Monsieur Mustafa CAKICI. Il ressort au contraire que des décisions auraient été prises à la seule initiative du président, sans convocation préalable de l’intégralité des membres du bureau, et dans le non-respect des dispositions statutaires applicables. Dans ces conditions, une telle décision doit être regardée comme un acte de communication plutôt qu’une décision d’exclusion engageant l’association.
Quatrième précision : monsieur Mustafa CAKICI conteste fermement toute assimilation à des idéologies nationalistes ou d’extrême droite, mouvements qui s’inscrivent en opposition avec ses convictions et les actions qu’il entreprend depuis de nombreuses années. Son engagement et ses prises de position s’inscrivent exclusivement dans le respect des valeurs universelles, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, conformément aux principes fondamentaux des droits humains.
Cinquième précision : les publications de Monsieur Mustafa CAKICI évoquées dans l’article ne concernent pas le peuple kurde mais le PKK, une organisation inscrite sur la liste européenne des organisations terroristes. La dénonciation de cette organisation s’inscrivait dans une démarche ciblant une structure armée identifiée comme telle, et non un peuple, une communauté ou une identité ethnique.
En conclusion, Monsieur Mustafa CAKICI condamne sans réserve toute forme de discrimination, de haine et de racisme, notamment l’islamophobie, l’antisémitisme, l’homophobie, la haine religieuse, le sexisme ainsi que toute violence dirigée contre une communauté ou une minorité. Il réaffirme sa volonté constante d’œuvrer pour le dialogue interreligieux et interconvictionnel, la cohésion sociale, le respect mutuel entre les cultures et la défense universelle des droits humains.
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