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    30/05/2023

    « Le maire pense qu’on est fainéants »

    Saint-Denis met sa fonction publique au pain sec

    Par Lina Rhrissi

    Depuis son élection en 2020, Mathieu Hanotin (PS) a privatisé le ménage dans les écoles et réduit le nombre de fonctionnaires et de contractuels. Son but : faire des économies et financer la police municipale au détriment des autres services publics.

    « Personne n’a voté pour la privatisation Monsieur le maire ! », s’époumone Amel Dahmani, secrétaire du syndicat Sud Collectivité. Deux policiers municipaux sont appelés par l’édile Mathieu Hanotin. Ils empoignent la femme menue par les bras pour la faire sortir de l’hôtel de ville. « Allez, allez ! Ici, c’est le conseil municipal, pas le café-théâtre », balaie l’élu. Ce 16 décembre 2021, si les débats sont si chaotiques, c’est parce que le maire fraîchement élu vient d’annoncer la privatisation du nettoyage des écoles élémentaires de la ville. Une réduction des coûts – parmi d’autres – qui n’était pas annoncée dans son programme.

    « Hanotin, c’est la casse du service public », fustige la syndicaliste chahutée. La scène, filmée, illustre les rapports tendus entre les syndicats locaux et le maire. Élu en juillet 2020, Mathieu Hanotin, 44 ans, affilié au Parti socialiste (PS), a su séduire l’électorat dionysien avec un discours sécuritaire, dans une ville où la droite n’existe pas. Un véritable chamboulement local après plus de 75 ans de gouvernance du Parti communiste français (PCF). Ce que l’homme politique n’a pas expliqué, c’est qu’il financerait sa toute nouvelle police en se servant dans les caisses des autres services de la ville. D’autant qu’après des années de clientélisme et de mauvaise gestion par les communistes, les comptes sont dans le rouge. Le maire souhaite « assainir la situation budgétaire ». Dans ce même conseil municipal de 2021, Hanotin assène :

    « Nous n’avons pas vocation à recruter toutes les personnes au chômage. Il faut arrêter de croire qu’un emploi dans le secteur public (…) est la panacée et vaut mieux qu’un CDI dans le privé. »

    Fermeture de trois ludothèques et de l’antenne jeunesse du centre-ville, privatisation des centres sportifs et du ménage dans les écoles élémentaires. Selon le dernier rapport d’orientation budgétaire, le nombre de fonctionnaires dionysiens est passé de 3.560 à 3.032, entre 2020 et 2022. Soit 528 agents en moins – principalement des contractuels qui n’ont pas été renouvelés. Il y a un besoin « d’investissements », justifie la municipalité – notamment en équipements scolaires et sportifs dont l’état était très dégradé – tout en respectant la promesse d’un mandat « sans augmenter les impôts ». Elle insiste également sur le contexte de crise sanitaire et d’inflation qui pèse sur ses finances.

    En trois ans, l’édile a serré la vis et s’est taillé un costume de cost-killer. Tout est bon pour réduire les coûts selon les syndicats et opposants, qui qualifient cette politique de « plan social déguisé ». Des fonctionnaires dionysiens dénoncent, eux, une recherche de rentabilité au détriment de leurs conditions de travail.

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    Mépris des fonctionnaires

    « On est nombreux à être dans une grande souffrance, à se sentir mis de côté et maltraités », confie par téléphone Véronique (1), 61 ans, assistante de direction à la ville depuis 42 ans. Dans les bureaux de la mairie, l’ambiance est morose. Surtout pour les fonctionnaires les plus anciens. « Il y a eu pas mal de réorganisations de services, avec beaucoup de suppressions de postes », révèle-t-elle. Les départs de cadres se sont enchaînés. Et de nouveaux profils auraient pris leur place : « Des gens très jeunes qui viennent pour deux ans se faire un CV ».

    Véronique pense avoir été mise au placard par sa nouvelle directrice. « Dans mon métier, je suis censée relayer des informations aux habitants. Mais on m’a cantonnée à faire de la comptabilité, sans avoir les éléments nécessaires pour le faire bien », souffle la fonctionnaire d’une voix fébrile :

    « On ne m’envoie plus aucun mail. J’ai fini par comprendre que c’était fini pour moi. »

    Les valeurs managériales de ses cadres sont la « confiance » et « la bienveillance » couplées à un « haut niveau d’exigence », énumère la mairie à StreetPress. « On a l’impression que les élus sont devenus des chefs d’entreprise », s’alarme quant à elle Véronique. Elle poursuit :

    « Le maire pense qu’on est tous des privilégiés, des feignants. Sa politique est un vrai rouleau compresseur. »

    Elle se souvient d’une réunion en 2022 lors de laquelle Mathieu Hanotin aurait parlé de « stock à liquider » pour parler des agents. « À aucun moment le maire n’a évoqué les agents sous cette terminologie », dément la municipalité, qui explique ne pas être au courant de la situation de Véronique.

    Un ancien consultant prend les manettes

    Pour réduire les coûts dans sa ville, Mathieu Hanotin dispose d’une boîte à outils offerte par Macron. La fonction publique bénéficie de régimes de temps de travail plus favorables que les entreprises. La loi Dussopt de 2019 oblige les municipalités à augmenter la durée du travail pour revenir aux 35 heures et permet de généraliser le recours aux contractuels. En gros, un alignement du public sur le privé.

    Mathieu Hanotin a fait du zèle en appliquant la réforme dès 2021, alors que la loi donnait pour délai 2022, comme le relève la revue spécialisée AEF. Il s’agit d’un « devoir d’exemplarité », soulignait le maire dans un courrier aux agents envoyé début octobre. Conséquences : des RTT et les congés spéciaux ont été sucrés aux fonctionnaires. Comme ce bonus qui permettait aux agents dionysiens de bénéficier de trois mois de congés l’année de leur retraite.

    Le maire a aussi fait sauter la prime annuelle automatique, une sorte de treizième mois, désormais en partie indexée sur l’absentéisme. « Hanotin base toute sa politique sur les gens qui profitent du système. On est déjà dans la précarité, pourquoi encore taper sur les gens ? », s’emporte Mickael (1), 55 ans, fonctionnaire dans le service enfance qui touche 1.750 euros net par mois.

    « Une attaque aux acquis sociaux », selon les syndicats, qui se sont quasiment tous opposés à la réforme, de la CGT à Sud. Ce qui a entraîné un conflit social majeur, qui a rassemblé les agents des écoles élémentaires, des centres de loisirs et des centres sportifs pendant plusieurs mois à partir de septembre 2020. Grèves, blocage de l’hôtel de ville, sit-in, débrayage dans les cantines, intrusion violente dans le conseil municipal du 8 octobre 2020… Mais Hanotin n’a jamais changé de cap. Raphaël Thomas, secrétaire général CGT territoriaux à Saint-Denis, commente :

    « Il a la même façon d’agir que Macron sur la réforme des retraites : même avec tout le monde contre lui, il passe en force. »

    À l’image du président passé par le secteur bancaire, Mathieu Hanotin a fait un bout de chemin dans le privé. Après avoir été député du 93 de 2012 à 2017, il fait une pause dans sa carrière politique pour monter sa boîte de conseil, « Hanotin Intelligence Conseil Recrutement ». Pendant quatre ans, le politicien au carnet d’adresses bien rempli vend ses services de chasseur de têtes, comme le révèle son portrait dans Le Parisien. Il met fin à ses activités de consultant juste avant de faire campagne pour la mairie de Saint-Denis.

    Service public en berne

    « J’aime mon métier. Mais ce qu’il se passe depuis l’arrivée d’Hanotin est hyper violent. » Marc (1), 55 ans, est animateur depuis qu’il a 16 ans. Il s’occupe d’enfants de deux ans et demi à 12 ans dans un centre de loisirs de la ville. Les animateurs de Saint-Denis sont en grève pour dénoncer l’augmentation des taux d’encadrement, passés de 12 à 14 enfants en maternelle et de 14 à 18 en élémentaire. « Ils ne sont même pas respectés car la mairie n’arrive pas à recruter ! », tonne l’animateur syndiqué au FSU Julien. La faute aux nouveaux contrats proposés par la mairie : des temps partiels qui peinent à attirer de nouvelles recrues selon les syndicats. « Toutes les collectivités sont aujourd’hui confrontées à d’importantes difficultés de recrutement », riposte la municipalité. L’augmentation du nombre d’enfants dans les centres de loisirs s’expliquerait par la mesure phare de gratuité de la cantine scolaire pour tous les enfants des classes de maternelle et CP mise en place par Hanotin depuis 2022. « La rentrée scolaire a pu être complexe dans sa mise en œuvre, mais ce sont des difficultés conjoncturelles et non structurelles », écrit la mairie à StreetPress.

    « On est censé permettre aux enfants de prendre leur place en dehors de l’école. Leur apprendre à grandir, à devenir des citoyens. Mais aujourd’hui on est réduits à faire de la garderie », regrette Marc. Il ne peut plus mettre en place d’activités d’éveil qui nécessitent de réunir les bambins en petits groupes autour de gommettes ou de livres. « Tu vas au boulot mais tu ne sais même plus pourquoi tu y vas tellement tu es crevé », ajoute son collègue Julien (1), 39 ans, encarté au syndicat FSU, payé 1.550 euros net par mois après douze ans de métier. « On est en stress tout le temps et on a peur qu’il arrive quelque chose aux enfants. Ça devient cher payé pour autant de responsabilités », dit l’animateur qui pense à se reconvertir.

    Mobilité « managée »

    Une autre violence dénoncée par les fonctionnaires de la ville est la mobilité forcée. La Dionysienne Maria (1), 51 ans, était animatrice depuis vingt ans dans l’antenne jeunesse du centre-ville fermée par la nouvelle municipalité. « Ils nous ont dégagés comme des malpropres », soupire-t-elle. « On a dû dire à des petits de 11 ans qu’ils n’auraient plus accès à l’espace. Ils n’ont pas compris et ont erré tout l’été. Je l’ai très mal vécu. C’est plus qu’un travail, tu crées des liens avec eux. » Elle a depuis pris un poste dans une nouvelle antenne.

    Le centre de loisirs où Marc bosse depuis quinze ans n’a pas fermé. La mairie lui a pourtant demandé de partir ailleurs. « J’ai monté un jardin pédagogique, une bibliothèque et un atelier d’arts plastiques. J’ai investi dans du matériel. Du jour au lendemain, il faut tout recommencer. » StreetPress a pu consulter le courrier qu’il a reçu le 11 mai dernier de la direction de l’Enfance, qui lui demande, dans le cadre de sa mobilité « managée », de faire trois vœux pour sa prochaine structure en septembre. Rien dans le courrier n’indique la raison de cette mutation.

    Privatisation du ménage

    « La privatisation, j’ai eu beaucoup de mal à l’accepter. À la rentrée, j’ai fait une déprime. Avant j’étais blonde hein ! » La Dionysienne aux cheveux blancs Dounia (1), 60 ans, s’occupait du ménage dans une école de la ville depuis plus de 20 ans. Du jour au lendemain, en septembre 2022, la fonctionnaire a dû dire au revoir à ses trois collègues et se reconvertir à la cantine. « On était comme une famille, le matin on prenait le petit-déjeuner ensemble et on se répartissait les tâches. C’était convivial ! » Et les nouvelles femmes de ménage, employées par la multinationale de sous-traitance Derichebourg, sont arrivées dans son école. « Je les respecte. Mais ce n’est pas pareil. Il n’y a plus d’humain, plus de relationnel », se désole la maman de trois enfants.

    « Avant, les agents étaient là toute la journée. Maintenant elles ne sont là que deux heures par jour. Si un enfant fait pipi par terre, c’est nous qui nettoyons », explique Arnaud, le gardien, qui s’est mis à frotter les toilettes de temps en temps pour limiter les dégâts. En mars dernier, des parents d’élèves se sont plaints de problèmes d’hygiène dans les établissements de leurs enfants. Le 27 mars 2023, Leyla Temel, adjointe au maire à la vie scolaire, a dû leur écrire un courrier pour les rassurer. Contactée par téléphone par StreetPress, l’élue se veut optimiste :

    « Je préfère parler “d’externalisation” plutôt que de “privatisation”, parce qu’on garde le contrôle sur le cahier des charges. Il y a eu quelques problèmes au démarrage mais c’est sur la bonne voie. »

    La ville ferme les yeux sur l’exploitation des sous-traitants

    Si le recours à des entreprises privées pour assurer des missions de service public n’est pas nouveau – la municipalité précédente avait privatisé la gestion de la piscine et le nettoyage de certaines crèches – Hanotin accélère la cadence. 23 écoles élémentaires dionysiennes sur 71 ont privatisé le ménage. Les marchés ont été attribués à deux entreprises : Derichebourg et Sequoia. « Les agents d’entretien y sont très très mal payés », croit savoir Dounia. « Une m’a dit qu’elle n’a été payée que 300 euros pour 15h par mois. »

    La Congolaise Douce (2), 36 ans, a commencé à travailler pour Derichebourg en janvier dernier. Une amie lui a parlé du plan. La mère de deux enfants dont le mari est chauffeur pour l’application Heetch vit à la cité Franc-Moisins, à Saint-Denis. Les jours travaillés, elle prend le tramway pour faire une heure et demie de ménage de 13h30 à 15h, puis rentre faire une pause chez elle avant de revenir nettoyer de 16h à 20h. Elle affirme devoir réclamer son salaire, qui n’arrive pas toujours. « Ils ne paient pas bien, j’ai envie de partir. » C’est cette même multinationale qui, en 2022, a été accusée d’employer illégalement des sans-papiers par les grévistes de Chronopost, filiale de La Poste. Les travailleurs étrangers dénonçaient de « l’esclavage moderne ». La Poste a depuis rompu son contrat avec Derichebourg.

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    L’autre sous-traitant ne semble pas offrir de meilleures conditions. StreetPress a pu mettre la main sur des bulletins de paie envoyés par la seconde entreprise a qui fait appel la maire : Sequoia. Sur l’un d’entre eux, datant de janvier 2023, « l’agent de service professionnel » est rémunéré 274 euros net pour 32h de travail. StreetPress a également pu consulter un signalement datant du 23 mars 2023, envoyé par un conseiller municipal à l’Inspection du travail. Des agents d’entretien de l’entreprise Sequoia, intervenant dans l’école La Roseraie, travailleraient sans contrat et sans rémunération depuis plusieurs mois.

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    Sur la question des conditions de travail de ces boîtes de sous-traitance, l’élue à la vie scolaire Leyla Temel botte en touche : « Je ne peux pas vous dire. Voyez ça avec Derichebourg. » (3) Et d’ajouter :

    « Ils n’ont pas l’air d’avoir un patron avec un fouet derrière eux ! »

    Précaires et malades en premières ligne

    L’argument principal du maire pour justifier sa politique brutale est l’absentéisme record des fonctionnaires dionysiens. Selon un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) publié en 2017, il s’élevait à 13,8% en 2015 à Saint-Denis, contre 8% en moyenne dans la petite couronne. Ce qui équivaut à 11 millions d’euros de manque à gagner pour la mairie qui doit assurer les remplacements.

    « Les agents d’entretien sont souvent des femmes qui étaient en situation de fragilité, dans des familles monoparentales et très fatiguées physiquement. Il y avait beaucoup d’arrêts maladie liés au métier », estime le conseiller municipal Brahim Chikhi, ancien adjoint au maire chargé des Finances et des Ressources humaines de Mathieu Hanotin. Il a quitté la majorité avec fracas en juillet 2021, notamment en raison de son désaccord avec la privatisation.

    « Aujourd’hui, ils ne veulent que des agents cadres. Les agents en bas de l’échelle, vu les conditions de travail, ça finit avec des maladies professionnelles. Du coup, il faut payer les soins. Tout l’accompagnement social, après avoir usé les agents, ils ne veulent plus le gérer », juge le gardien syndiqué Arnaud. Quitte à augmenter la précarité dans une ville, selon lui, où 37% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté (4).

    Fusion express

    Le 4 avril 2023, Hanotin a pris tout le monde de court en annonçant qu’il voulait fusionner Saint-Denis avec la ville voisine de Pierrefitte. En un claquement de doigt, le 20 avril dernier, la création d’une commune nouvelle en 2025 a été votée. Les syndicats des agents municipaux craignent que ce projet entraîne une mutualisation des services publics. Avec encore davantage de réduction des effectifs. « Il y a une épée de Damoclès au-dessus de nous. Qu’est-ce qu’on va devenir ? » s’inquiète l’anim’ Julien. « Les suppressions de postes ne sont en aucun cas un objectif de la création de la commune nouvelle qui vise au contraire à un meilleur fonctionnement des services publics », promet la mairie de Saint-Denis.

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    (1) Les fonctionnaires qui ont accepté de témoigner auprès de StreetPress sont soumis au devoir de réserve des agents publics, une obligation de discrétion professionnelle. Les prénoms ont donc été modifiés pour les protéger.

    (2) Le prénom a été modifié.

    (3) Dans sa réponse à StreetPress, la municipalité écrit : « Dans le cadre de toute prestation externalisée, la ville fait preuve de vigilance tant sur la qualité des prestations que sur les conditions d’emploi. »

    (4) À Saint-Denis, 40.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 940 euros par mois, selon le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités publié en 2022

    Enquête de Lina Rhrissi, illustration de Une par Caroline Varon.

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