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    17/02/2026

    Fight clubs, randonnées et admiration pour Jean-Marie Le Pen

    Mort de Quentin Deranque : qui sont les Allobroges Bourgoin, son groupuscule néofasciste

    Par Daphné Deschamps

    Quentin Deranque, militant d’extrême droite, est mort le 14 février à Lyon après une rixe avec des antifascistes. Très bien implanté dans la mouvance, il était l’un des fondateurs du groupuscule berjallien Allobroges Bourgoin.

    Troisième plus grosse ville de l’Isère, Bourgoin-Jallieu (38) et ses près de 56.000 habitants abritent depuis mai 2025 un groupuscule néofasciste, les Allobroges Bourgoin. Quentin Deranque, militant d’extrême droite aux multiples accointances radicales et décédé des suites d’une rixe avec des antifascistes à Lyon (69) le 14 février, était, selon un portrait plus qu’élogieux du « Figaro », l’un des co-fondateurs de ce groupuscule berjallien.

    Le groupuscule sort du bois pile à temps pour l’édition 2025 du défilé néofasciste du C9M, qui rassemble à Paris des militants radicaux de toute l’Europe pour rendre hommage à un militant néofasciste décédé en 1994. Édition à l’occasion de laquelle des nervis violents ont effectué des saluts nazis, comme l’avait révélé « Libération ».

    À LIRE AUSSI : Ce que l’on sait des circonstances qui ont mené à la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque

    Présence au C9M

    Cinq jours avant la manifestation, les Allobroges s’étaient fendus d’un communiqué expliquant vouloir « agir au niveau local pour permettre aux Berjalliens déterminés de défendre leur peuple ». Et de conclure avec une citation de Jean-Marie Le Pen. Cette action au niveau local est toutefois restée assez vague depuis mai 2025, les Allobroges ne revendiquant au final pas grand-chose.

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    Mediapart a révélé que Quentin Deranque était présent au C9M 2025, ici au centre de l'image avec un pantalon beige. / Crédits : Exif-Recherche


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    Également présent sur cette photo du défilé, toujours avec un pantalon beige. / Crédits : Exif-Recherche

    Une présence au C9M bien sûr, où Quentin Deranque a été identifié par Mediapart défilant fièrement avec le reste de son groupuscule juste derrière ses anciens camarades, les néofascistes de Lyon populaire, récemment renommés Audace après leur dissolution par le gouvernement en juin 2025. Ceux-ci arboraient des cache-cous couleur bordeaux, dérobés aux militants de la Jeune garde Lyon lors d’un guet-apens tendu au groupe antifasciste après une manifestation.

    « Croix celtiques sur un feu tricolore »

    Une randonnée, en juin 2025, organisée par l’Active Club Dauphiné, branche locale de ce mouvement où se retrouvent tous types de militants radicaux autour, principalement, de la baston, le tout saupoudré de références néofascistes. Avec les Allobroges Bourgoin, des Parisiens des Hussards, groupuscule héritier du Groupe union défense et impliqué dans l’attaque d’un syndicaliste parisien aux cris de « Paris est nazi, Lyon est nazi aussi ».

    À LIRE AUSSI : Mort de Quentin Deranque : une plainte contre des influenceurs d’extrême droite et le syndicat étudiant l’UNI pour diffamation

    Mais aussi des Perpignanais d’Unité sud, les néofascistes de Valyor Chambéry ou encore l’Active Club Carpentras. Les Allobroges entretiennent aussi des liens avec les hooligans locaux des Bourgoin defenders, actifs depuis 2023 et eux aussi très liés aux autres groupuscules néofascistes de la région. « Ils ont bien tagué quelques croix celtiques sur un feu tricolore, mais ils ne sont pas plus visibles que ça. Le maximum de leur activité, ça a dû être un collage en hommage à Jean-Marie Le Pen dans le centre-ville », analyse un Berjallien attentif. Il ajoute :

    « La ruralité alentour est plus propice aux réunions discrètes, mais ils sont surtout actifs quand les militants d’Audace Lyon ou des Bayards Grenoble sont dans le coin. »

    Dans la mouvance néofasciste, la tendance est à une esthétique pseudo-latine dans les noms et les logos des groupuscules. Les Allobroges ont choisi une référence à la tribu gauloise locale qui résidait dans le Nord-Isère. Un nom qui signifie « ceux qui viennent d’un autre pays », choix ironique au vu des positions suprémacistes et radicalement anti-immigration du groupuscule…

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