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    11/03/2026

    Seul le XVIe ne fait pas ces opérations hors-la-loi

    À Paris, les SDF chassés en toute illégalité par les mairies d’arrondissement

    Par Vincent Victor

    Depuis plusieurs années, les mairies d’arrondissement de la capitale évincent des personnes sans-abri en contournant les procédures. À l’appui de mails confidentiels et de témoignages, StreetPress a identifié une centaine de cas.

    La nuit à Paris, début décembre 2024, le thermomètre avoisine les 0°C. Dans les beaux quartiers du VIIe arrondissement, les températures hivernales ne retiennent pas le cabinet de la maire Rachida Dati (LR) — qui n’est pas encore candidate à la Mairie de Paris — d’ordonner à sa police municipale d’« évincer » de son abri une personne sans domicile. Depuis plusieurs mois, la mairie du VIIe multiplie les interventions sur ces « sans domicile fixe de type Roms » réfugiés à quelques pas de l’ambassade du Luxembourg, leur reprochant d’être « fréquemment alcoolisés et agressifs avec les riverains », écrivent-ils dans des mails internes consultés par StreetPress.

    Le commissariat ne détecte pourtant « aucun trouble » et leur rappelle qu’ils ne peuvent « légalement pas agir » sans infraction constatée. Deux semaines plus tard, les occupants ont disparu, relève une maraude. En janvier 2025, sur un autre site, la mairie demande l’expulsion d’un sans-abri venant se réinstaller et qui troublerait le voisinage. Là encore, le cabinet est prévenu à l’avance par le Samu social de l’illégalité de l’opération : « Il ne peut lui être demandé de se déplacer et ses effets retirés sans son consentement », écrivent-ils. Qu’importe, « l’intervention est maintenue ce jour », leur rétorque un collaborateur du cabinet de Rachida Dati. Les jours qui suivent, le thermomètre descend à -3°C.

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    Depuis plusieurs mois, la mairie du VIIe multiplie les interventions sur ces « sans domicile fixe de type Roms » réfugiés à quelques pas de l’ambassade du Luxembourg. / Crédits : DR

    Ces évictions sèches de personnes à la rue, c’est-à-dire sans proposition de relogement, n’ont rien d’exceptionnel. À partir de centaines de mails et de documents internes que StreetPress s’est procurés et de nombreux témoignages, nous avons recensé entre octobre 2023 et janvier 2026 au moins 139 cas d’évictions et de destructions d’abris par la police municipale et nationale et les services de nettoyage. D’après nos informations, ces opérations ont été commanditées hors de toute décision judiciaire ou arrêté d’expulsion exigés par la loi, parfois sous couvert de « médiations » et de déplacements volontaires, par au moins seize mairies d’arrondissement parisiennes sur les dix-sept que compte la capitale — la mairie du Centre couvre quatre arrondissements. Les services de la ville de Paris, la préfecture de police et plusieurs commissariats sont également impliqués.

    Des évictions sans solution d’hébergement

    Ainsi, le 1er octobre 2024, l’adjoint à la tranquillité publique du XVe arrondissement Anthony Samama (LR) — habitué des plateaux de CNews — ordonne à ses services de la propreté et à sa police municipale de « faire partir les SDF » sur une demi-douzaine de points dans l’arrondissement. Lorsque le responsable de la propreté rend compte trois jours plus tard du nettoyage des sites, l’adjoint, « au nom du maire Philippe Goujon (1) », se fait on ne peut plus clair :

    « L’objectif est ici, non pas le simple nettoyage des abords de ces lieux, mais bien l’éviction de ces personnes […]. Nous vous serions gré de bien vouloir rendre ces points, pas seulement “propres”, “nettoyés”, “restreints” ou “désinfectés” mais bien totalement inoccupés. »

    Sollicité par StreetPress, Anthony Samama affirme parler de « situations très localisées » de personnes « alcoolisées » et « agressives avec les riverains » et assure avoir « toujours strictement respecté » le cadre légal, sans répondre sur la nécessité d’une décision de justice (2).

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    « je tiens à rappeler que l'objectif est ici, non pas le simple nettoyage des abords de ces lieux, mais bien l'éviction de ces personnes », écrit Anthony Samama, le maire-adjoint chargé de la tranquillité publique dans le 15e arrondissement. / Crédits : DR

    Dans le XVIIe arrondissement, c’est à l’appui du signalement mi-février 2025 d’un riverain exigeant de « faire dégager de là » ce « clochard immonde » que le cabinet du maire Geoffroy Boulard (LR) demande une éviction (4). « Le sans-abri obéit à nos injonctions », rend compte le chef de la police municipale de l’arrondissement. Début décembre 2024, la mairie demande à faire « déloger » une personne occupant une roulotte de chantier abandonnée : un « espace de stockage inoccupé », répond à StreetPress le cabinet du maire. Le mail de sa collaboratrice est pourtant clair : « Pourrais-tu intervenir pour tenter de déloger cette personne […] ? », écrit-t-elle à une autre. Toujours pendant la trêve hivernale (​​du 1er novembre au 31 mars), ses services de nettoyage mettent à la benne — au moins trois reprises selon notre recensement — le matelas posé sur une grille de chaleur d’un homme identifié comme « isolé » et « vulnérable » par les acteurs sociaux, un retrait « pour des raisons d’hygiène », indique le cabinet de Geoffroy Boulard, sans non plus répondre sur le cadre juridique de ces opérations.

    Tentes, matelas et affaires mises à la benne

    Pour certaines mairies, tous les moyens sont bons pour combattre la « fixation » des sans-abris sur leur territoire. « Ils vont demander à la propreté des passages répétés », commente une maraudeuse dans le XVIIe sous couvert d’anonymat. « S’ils ont des problèmes avec la personne, un manque de coopération, ils peuvent faire appel à la police. Ils vont mettre la pression autour de la personne pour révéler un comportement qui va justifier une arrestation ». Laquelle permettra, quelles que soient les suites judiciaires, l’enlèvement du lieu de vie. « Les interventions des forces de l’ordre ne se produisent jamais sans motif », rétorque le cabinet du maire du XVIIe.

    À LIRE AUSSI (en 2025) : « À Paris, personne ne te calcule » : le départ de sans-abris de la capitale dans l’espoir d’un avenir meilleur

    D’autres profitent de l’absence temporaire des occupants et même, dans trois cas recensés par StreetPress, de leur hospitalisation, pour jeter leurs affaires à la benne. Ainsi, mi-novembre 2024 lors d’une réunion de veille sociale, le directeur de cabinet du maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet (divers gauche), saute sur l’occasion de l’hospitalisation depuis trois jours d’un sans-abri pour mettre à la benne son lieu de vie, notamment son matelas, malgré l’alerte des associations, affirment deux témoins. Il avait déjà, lors d’une première hospitalisation six mois plus tôt, eu ses affaires jetées faute d’information des services de propreté. Sollicité par StreetPress, Jérôme Coumet affirme qu’il n’y a eu « aucun retrait d’abri officiellement acté » à l’appui du procès-verbal de la réunion. StreetPress maintient pourtant ses informations.

    Fin novembre 2024, le cabinet fait retirer les tentes semblant abandonnées d’une famille pendant que celle-ci est en hébergement d’urgence pour deux semaines avant des retours épars à la rue. Début janvier 2025, Jérôme Coumet demande à faire retirer deux tentes sur le boulevard Blanqui, dans le XIIIe arrondissement, les accusant d’être des lieux de stockage et non d’habitat, contre l’avis des acteurs sociaux, rapporte l’un d’eux. « Le maire n’y accepte aucune installation, une politique tolérance zéro », commente cette même source. Questionné sur ces situations, Jérôme Coumet répond que ces sites étaient « inoccupés » et que leur retrait « ne constitue nullement une “éviction” puisque, de fait, il n’y avait pas de SDF présent(s) à évincer » (3).

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    D’après nos informations, ces opérations ont été commanditées hors de toute décision judiciaire ou arrêté d’expulsion exigés par la loi par au moins seize mairies d’arrondissements parisiennes sur les dix-sept que compte Paris. / Crédits : DR

    Ces retraits d’affaires en l’absence de l’occupant, bien que non autorisés, sont constatés par les associations dans presque tous les arrondissements. « Quand les tentes sont vides, en général, les services de la ville passent et enlèvent tout. Si la personne n’est pas là pendant une journée, ça part vite », rapporte un maraudeur du Xe. Dans un cas en juin 2025, dans le XVIIe, un sans-abri aurait ainsi perdu, outre ses affaires, ses documents administratifs et ses médicaments. « C’était devenu un art, de prendre des photos pour montrer qu’il y a bien quelqu’un », relate Armand (5), un ancien associatif dans le VIe. Pour un agent de l’unité d’assistance aux sans-abris de la police municipale, ces pratiques sont surtout « liées à des défauts de communication et des changements de doctrine ».

    Même les arrondissements décrits comme les plus respectueux du cadre légal n’échappent pas aux abus. Fin novembre 2024, à proximité de la place de la République, la propreté de la ville met à la benne — le pensant abandonné — le lieu de vie et les affaires d’une personne sans-abri alors qu’elle est hospitalisée à la suite d’une agression, malgré l’alerte de la mairie de Paris Centre dirigée par Ariel Weil (PS). Le mois suivant dans le XIVe, les services de la mairie de Carine Petit (Générations) multiplient les demandes au chef adjoint local de la police municipale pour faire partir « de toute urgence » un sans-abri tout juste installé dans un jardin pédagogique, avant le « délai légal des 72 heures » qui les contraindrait, selon eux, à une procédure juridique.

    La mairie du XVIIIe arrondissement d’Éric Lejoindre (PS), dont les acteurs sociaux vantent les bonnes relations et la « posture d’inquiétude » envers les personnes sans-abri, demande régulièrement les déplacements de tentes positionnées à proximité de crèche ou d’école. Début janvier 2025, son cabinet exige « sur demande expresse du maire » l’éviction de plusieurs personnes abritées par les arches de l’escalier Boris Vian, pour y réaliser des travaux. Le souhait de l’une d’elles de se déplacer dans une autre rue pour rejoindre des connaissances lui est refusé par la police municipale, la mairie ne souhaitant pas de nouvelles installations à proximité d’une école. D’après notre recensement, seul le XVIe arrondissement échapperait aux mauvaises pratiques.

    Des pratiques illégales

    Le cadre juridique est pourtant bien connu des mairies d’arrondissement, régulièrement rappelées à l’ordre par la mairie de Paris, le Samu social et les associations de maraude : l’expulsion d’une personne qui occupe l’espace public à des fins d’habitation, soit en installant une tente soit en construisant un abri de fortune, et aussi dérangeant cela puisse-t-il être pour les riverains, n’est possible que sur la base d’une décision de justice ou d’un arrêté adopté pour des considérations d’ordre public — à Paris, cela relève des services de la préfecture de police.

    La procédure prévoit alors, selon les cas, l’application d’un délai, de la trêve hivernale, la réalisation d’un diagnostic social ou encore l’offre d’une solution d’hébergement au moins temporaire. Autant d’obligations destinées à protéger des personnes particulièrement vulnérables et que les mairies cherchent à contourner, jusqu’à parfois susciter des oppositions internes.

    À VOIR AUSSI (en 2025) : « Ma fille peut passer 3 jours sans se laver » : ils racontent leur vie de SDF | LA VRAIE VIE

    Ainsi, lors d’une réunion de mars 2025, le chef de la police municipale du XVIIIe refuse de réaliser, faute de mandat, l’éviction sèche d’un campement de la porte de la Chapelle demandée par sa mairie, rapporte un témoin. Le même mois dans le XVe, le commissaire de l’arrondissement refuse de procéder, là aussi pour des raisons juridiques, à l’éviction sèche de plusieurs tentes réfugiées sous la station de métro aérienne Cambronne, sur la ligne 6. Deux semaines plus tard, les tentes ont disparu et le site a été nettoyé.

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    À partir de centaines de mails et documents internes que StreetPress s’est procuré et de nombreux témoignages, nous avons recensé entre octobre 2023 et janvier 2026 au moins 139 cas d’évictions et de destructions d’abris. / Crédits : DR

    Le droit relégué au second plan

    Face aux abus des arrondissements, la mairie de Paris avait déployé à partir de 2023 le « protocole petit campement » puis, dans une version plus complète, une « boite à outils » de l’urgence sociale. Ce « mode d’emploi » organise les conduites à tenir pour de nombreux scénarios, allant de la tente isolée aux campements de plus grande envergure, tant dans l’objectif d’apporter une coordination entre les mairies et les nombreux acteurs sociaux que de proscrire certaines pratiques. Il impose par exemple plusieurs passages avant le retrait d’une tente soupçonnée d’abandon.

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    Mais loin d’être toujours appliqué, le protocole ne « respecte même pas le cadre légal », critique une responsable inter-associative. Il aurait, au contraire, ancré la mutation de la politique de soutien aux sans-abris en simple gestion de l’espace public. Car dans l’ensemble des « fiches réflexe » prévues par la boite à outils, la police municipale multiplie les « médiations » auprès des personnes à l’abri jusqu’à ce qu’elle se déplace : le refus d’une personne à la rue de quitter son lieu de vie, comme c’est son droit le plus strict, n’est jamais envisagé. « Dans les faits, des policiers restent jusqu’à ce que la personne parte. Pas de recours, pas de trêve hivernale », analyse une employée qui a suivi de près la confection de la boîte à outils. D’après elle, ses alertes et celles de ses collègues sur la légalité du document ont été ignorées.

    Les associations contraintes de suivre

    Au surplus, certaines mairies iraient jusqu’à faire peser leur politique de non-fixation sur les associations de maraude, au détriment de leurs bénéficiaires, rapportent plusieurs responsables. Car ces dernières sont dépendantes aussi bien des signalements et de la bonne volonté des arrondissements que des subventions publiques. De fait, aucun de la quarantaine des salariés et bénévoles interrogés par StreetPress n’a accepté de témoigner sans le couvert de l’anonymat.

    Dès 2021, le maire du XVIIe arrondissement Geoffroy Boulard aurait utilisé ses « cellules de veille sociale » — normalement destinées à coordonner l’action sociale entre les mairies et les maraudes locales — pour organiser le départ des sans-domicile. « C’était enrobé, mais l’objectif c’était comment faire en sorte qu’elles ne soient plus là. Comment vous, les cathos, vous pouvez sauver ces personnes », résume un président d’association. Une autre bénévole commente :

    « Ils pensent qu’on est là pour qu’il y ait plus de personnes aux endroits qui les dérangent. »

    Des pressions qui ne manquent pas de faire réagir le monde associatif. « On n’est pas là pour leur dire de partir ou de rester », fustige un coordinateur de maraudes dans l’ouest parisien. Mathilde (5), cheffe de service dans la même association, ajoute :

    « On doit accompagner les personnes vers la réinsertion. On est dans une démarche de création de lien. Transmettre des directives à des personnes qui vont à l’encontre de leur intérêt, on ne le fait pas. »

    Si les demandes des mairies agacent, la plupart des associations interrogées se disent malgré tout contraintes de participer au travail de « médiation » pour éviter de perdre tout contact lors d’une expulsion qui se ferait dans leur dos. En amont des Jeux olympiques de 2024 et du Tour de France 2025, les associations ont été sollicitées pour pousser au déplacement tous les sans-abris situés dans le périmètre décidé par la préfecture. « Ça nous a mis en difficulté avec quelques personnes. Il ne faut pas qu’ils nous associent à une décision qui n’est pas la nôtre. Notre travail n’est pas d’aller déplacer les gens », regrette Mathilde. « On est pris dedans », témoigne une autre bénévole avec « beaucoup de culpabilisation » :

    « Si on ne force pas au déplacement, c’est la police nationale qui s’en occupera. Et là, personne ne s’engage sur leur méthode. »

    Les arrondissements, eux, sont libres de jouer à la rétention d’information. « Dans le VIe, il y avait très peu d’installations durables. On a fini par comprendre ce qui expliquait ça : des interventions policières et des opérations de nettoyage effectuées dans le dos des associations. Ils nous devançaient sur tout », se souvient Armand, un ancien associatif dans le VIe. En 2022, il alerte sur la disparition d’une tente :

    « La réponse de la mairie, ça a été de nous faire beaucoup moins de signalements. »

    En avril 2024 dans le XIXe, l’association Robins des rues avait apposé des affiches rappelant le cadre légal des expulsions à proximité de nombreux lieux de vie, comme elle le fait depuis six ans. Ce fut la fois de trop. Quelques jours plus tard, la mairie les a fait retirer et a menacé l’association d’une amende de « 1.500 euros par affiche ». À titre de comparaison, le coût moyen d’une place en hébergement d’urgence est de 28,90 euros par jour.

    Sollicitées par StreetPress, la ville de Paris, les mairies du Centre, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIV, XVI, XVII, XIX et XXe n’ont pas donné suite, malgré une relance téléphonique auprès de leur cabinet le vendredi 6 mars. La mairie du XVIIIe n’a pas souhaité commenter.

    (1) Le maire du XVe Philippe Goujon, désormais colistier de Rachida Dati, est mis en cause pour plusieurs atteintes à la probité et des frais de bouche avoisinant les 50.000 euros, a révélé Mediapart

    (2) Dans sa réponse à StreetPress, l’adjoint au maire du XVe chargé de la tranquillité publique Antony Samama met surtout en avant le « lien constant » avec les associations de maraudes, l‘« organisation de petits-déjeuners et de dîners » et la « mise à disposition des locaux » de la part de sa mairie. Sur les évictions, il affirme que la mairie « accompagne avec humanité les personnes en grande précarité tout en répondant aux situations de troubles signalées par les habitants, dans le respect du droit et en lien avec les acteurs sociaux compétents ».

    (3) Le cabinet du maire du XIIIe Jérôme Coumet affirme que ses services n’interviennent pas « si l’occupation ne génère pas de nuisances », mais reconnait « avoir demandé des opérations de mise à l’abri quand la situation n’était plus supportable » ainsi que des retraits « quand il ne s‘agit plus de “lieux de vie” mais d’encombrants ». Il défend que « le retrait des matelas, canapés, fauteuils et autres pièces de mobilier abandonnées sur l’espace public […] fait partie des obligations de la Mairie en matière de propreté et de salubrité » et que son arrondissement « propose le plus de places d’hébergement à Paris […] alors que l’accompagnement des personnes à la rue ne relève pas des compétences de la mairie mais de l’État ».

    (4) Dans une réponse transmise juste avant la publication de cet article, le cabinet du maire du XVIIe Geoffroy Boulard soutient qu’il « condamne fermement les propos injurieux et dégradants tenus par certains riverains à l’égard de personnes en situation de grande fragilité » et « rappelle son engagement constant en matière de solidarité et d’action sociale ». Concernant la perte par un sans-abri de ses papiers d’identité, il indique que la mairie « n’a pas connaissance d’un tel fait » et qu‘« il ne saurait en aucun cas être dans l’intention des services municipaux de retirer des documents d’identité à qui que ce soit ».

    (5) Les prénoms ont été modifiés.

    Illustration de Une par Joseph Colban.

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