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    12/03/2026

    L’accumulation des cas montre que le problème est systémique au RN

    On enquête sur les brebis galeuses que le RN veut cacher (et il y en a beaucoup) | FACTS

    Par Christophe-Cécil Garnier , Samuel Alerte , Matthieu Bidan , Thibault Lauras , Aurélien Defer

    StreetPress a recensé plus de 240 « brebis galeuses » candidates sur des listes du RN et de ses alliés aux élections municipales. Passage dans des groupes radicaux, violences, propos racistes ou homophobes… Ils montrent le vrai visage du RN.

    Depuis des mois, les journalistes du pôle enquête de StreetPress, mais aussi d’autres médias comme « Libération », « Les Jours » ou Mediapart enquêtent sur les candidats du Rassemblement national aux futures élections municipales les 15 et 22 mars. Et comme à chaque scrutin, notre rédaction a trouvé énormément de cas qui montrent le vrai visage du parti lepéniste et de ses alliés d’extrême droite : passage dans des groupuscules radicaux, violences physiques, propos racistes ou homophobes…

    Au total, StreetPress a recensé dans une cartographie plus de 240 « brebis galeuses » candidates sur des listes d’extrême droite aux municipales. Parmi elles, plus de 220 proviennent du RN et de ses alliés ciottistes, pour un quart des listes touchées. Un chiffre colossal, alors que le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella a l’espoir de gagner des grandes villes comme Toulon (83), Nice (06), Lens (62), Nîmes (30) ou Calais (62).

    À LIRE AUSSI : Municipales : la carte des 200 « brebis galeuses » du RN

    Cette avalanche de révélations sur les candidats RN racistes, homophobes ou fans du nazisme rappelle les élections législatives de 2024. Elles avaient ralenti l’ascension du parti d’extrême droite. Jordan Bardella et ses comparses avaient pourtant assuré avoir fait le ménage et n’avoir plus de brebis galeuses sur les bras. Le RN a même vanté l’utilisation de l’intelligence artificielle en 2025 pour scanner les publications de chaque tête de liste.

    « Vers les tropismes de l’extrême droite »

    Face à cette cohorte de candidats plus que problématiques, c’est le cœur même du mouvement de Marine Le Pen qui est en cause, comme le souligne Safia Dahani, docteure en science politique et codirectrice de l’ouvrage « Sociologie politique du Rassemblement national » publié en 2023 aux Presses universitaires du Septentrion :

    « Le RN ne peut pas se couper de sa base électorale et militante, qui est tournée vers les tropismes de l’extrême droite, notamment idéologique. »

    Elle continue : « Ça dit aussi que localement, ils n’ont pas de viviers de candidats propres sur eux très importants, donc ils ne peuvent pas forcément dire non à des militants de longue date ou des candidats qui vont monter des listes dans des communes où le RN n’est pas présent. » Dans tous les cas, selon la chercheuse, il faut s’interroger : « Est-ce que les candidats qui ne sont pas des brebis galeuses sont ceux qui savent manier la communication politique et vont mettre de côté ce type de propos qui pourraient contrevenir à leur image publique ? » En résumé, est-ce que les vraies « brebis galeuses » du RN sont celles qui n’ont pas de casseroles ?

    À LIRE AUSSI : Municipales : les tweets complotistes, racistes et islamophobes de six nouveaux candidats RN

    Illustration de la Une par Mila Siroit.

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