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    27 / 03 / 2013

    Ouvre l'oeil et le bon!

    Ces empêcheurs de puber en rond

    Par Kiblind

    Un mec à poil au second plan d'une pub La Redoute ou un personnage Kitkat, sosie de Pedobear, la mascotte virtuelle de la pédophilie. Autant de fails mis en lumière par des internautes attentifs. Mais en face, les communicants veillent aussi.

    16 février 2012, 9h38 : reconstitution d’un « crime » parfait. Armé d’un simple tweet, Jean Saurien (@schloren) altère, vivante, l’affiche officielle de campagne de Sarkozy, publiée deux heures plus tôt sur le site du Figaro. L’internaute découvre en effet que la France Forte, incarnée par le Président-candidat, est profilée sur un paysage de Mer Egée, au moment où la Grèce touche justement les grands fonds.

    « J’ai un plugin sur mon navigateur qui m’affiche un symbole lorsque des données Exif sont présentes derrière une image. C’était le cas pour cette photo, ce qui m’a permis d’identifier immédiatement sa provenance. Un journaliste du Figaro s’en était aussi aperçu lorsqu’il avait obtenu le cliché : il avait fait un tweet discret, quelques minutes avant le mien, mais était visiblement soulagé que la paternité de la découverte me soit attribuée. »

    Figure incontournable des nouveaux médias (Arrêt sur Images, Europe 1, Huffington Post) et follower de schloren, Guy Birenbaum prend alors le relais : « J’ai reçu l’info, j’ai vérifié et j’ai balancé : tous les médias l’ont repris et ça a fait la journée ! Les journalistes s’intéressent à ce qui se passe sur Twitter, encore davantage lorsqu’il s’agit d’une image, facile à montrer. » Si Jean Saurien a, en l’espèce, commis un crime, il ne reposerait que sur un acte de lèse-majesté ou le début, en image, d’une mort d’homme providentiel, tant la mer grecque a inspiré, dans la foulée, une vague de détournements compulsifs, qui a fait le tour du web hexagonal : Sarkozy et le Costa Concordia, Sarkozy et Merkel en mode Titanic, Sarkozy et la saucisse (La Francfort), Sarkozy en Brice de Nice, etc.

    Oops… En résumé, tout le monde a bien ri, un peu moins quand la même histoire d’Exif conduit, outre-Atlantique, à l’arrestation de John McAfee, consécutive à un bug de l’an 2000 chez Vice Magazine. Après avoir fait fortune dans les anti-virus, aux États-Unis, McAfee s’est fait plaisir, à Belize, dans une retraite explosive composée notamment d’amphétamines, d’armes à feu et de jeunes conquêtes en proie à la génération Y-Z.

    De quoi intéresser Vice qui le suit en cavale lorsque l’homme est recherché par la police dans une affaire d’homicide. Le 3 décembre, le site publie fièrement une photo de son rédacteur en chef en compagnie de MacAfee, sans masquer les données : Simple Nomad, un twittos heavy métalleux, les repère tout de suite (« Check the metadata in the photo. Oops… »), ce qui conduit inévitablement à l’arrestation, deux jours plus tard, au Guatemala. McAfee est en prison, la maison Sarkozy tourne désormais à l’arrêt, mais ces deux images montrent, au-delà des erreurs, que le public intervient aujourd’hui dans un nouveau rôle : un écran de veille, à proprement parler, une sorte de contre-pouvoir spontané face à l’image, une armée de « décrypteurs » dont les rangs se grossissent à mesure que le flot visuel se remplit.

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