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    27/02/2026

    Son adversaire Antoine Armand dénonce une « bonne vieille haine sous couvert d’humour »

    À Annecy, le candidat RN pose devant des portraits de ses rivaux à attraper « morts ou vifs »

    Par Aurélien Defer , Daphné Deschamps , Christophe-Cécil Garnier

    Dans le local de campagne de celui qui est aussi délégué départemental du parti lepéniste en Haute-Savoie, il y a les affiches officielles. Et les panneaux « wanted dead or alive » à l’effigie des candidats macronistes et de gauche.

    « Nous ne faisons pas campagne contre quelqu’un mais pour notre ville », clame Guillaume Roit-Levêque sur son site de campagne. Pourtant, le candidat tête de liste du Rassemblement national (RN) à Annecy (74), qui est aussi délégué départemental du parti, n’hésite pas à poser devant des portraits de ses rivaux à attraper « morts ou vifs », lorsqu’il est interviewé par la radio France Culture, jeudi 26 février.

    Sur cette photographie apparaissent le candidat, son affiche officielle et, punaisés juste au-dessus, deux petits panneaux façon Far West, « wanted dead or alive », avec les visages d’Alexandre Mulatier-Gachet, candidat à la mairie d’Annecy pour la gauche hors La France insoumise, et d’Antoine Armand, député macroniste et ex-ministre, également prétendant à l’élection municipale.

    « Le débat comme affrontement »

    C’est ce dernier qui a lancé l’alerte sur le réseau social X, jeudi 26 février. « Toujours là, la bonne vieille haine sous couvert d’humour », a-t-il commenté. Auprès de StreetPress, après qu’un membre de son équipe a vérifié le nombre d’abonnés de notre média sur Instagram, Antoine Armand complète : « C’est assez caractéristique de la manière dont ils perçoivent le débat comme un affrontement. » Et de poursuivre, en référence à la mort du militant nationaliste-révolutionnaire Quentin Deranque : « Il est impossible de ne pas voir dans quel contexte de violence verbale et physique extrêmement fort en France on se situe. »

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    Contacté, Alexandre Mulatier-Gachet estime de son côté qu’il « ne voit pas ça comme de l’humour » :

    « Si c’était dans leur QG, que ça restait en interne entre eux, pourquoi pas. Mais choisir cet endroit en tant que responsable politique et faire cette photo [pour] France Culture, ça me pose question. On ne doit certainement ni faire la promotion de la violence ni [faire] d’appel à la haine. »

    Pour le candidat qui fait partie de l’équipe sortante, les affiches montrent que « le RN essaie de policer son image mais ce n’est pas en changeant l’étiquette que le fond n’est pas là : il est profondément intolérant ». Selon lui, elles sont une « conséquence » de la politique du RN local depuis le début de la campagne : « Leurs plans pour la ville, c’est dire “non à la mosquée”. Il n’y a aucun projet. »

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    Selon Alexandre Mulatier-Gachet, depuis le début de la campagne, le RN n'a « aucun projet » pour la ville, excepté dire « non à la mosquée ». / Crédits : DR

    Une « haine devenue banale »

    Quant à Guillaume Roit-Levêque, qui avait déjà représenté le RN aux élections législatives de 2024 et avait été membre des Jeunes Populaires UMP au début des années 2010, il n’a pas souhaité s’expliquer sur les affiches de son local de campagne (1). Selon un sondage de l’Ipsos, le RN atteindrait cette fois les 14 % et pourrait espérer être au second tour.

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    Le candidat de gauche hors LFI Alexandre Mulatier-Gachet déplore ce climat, qu’il n’avait pas connu durant la précédente campagne. « La grosse différence par rapport à 2020, c’est que le RN était très faible, ils n’avaient pas fait 10 %. Il y avait beaucoup moins ce climat national, cette instabilité à l’Assemblée. On était beaucoup plus sur le projet. » Il indique recevoir des menaces « tous les jours » :

    « Cette haine est devenue banale. On n’aurait pas dû s’y habituer mais la machine est trop forte. »

    C’est d’ailleurs en Haute-Savoie, le département dont Guillaume Roit-Levêque a la responsabilité au nom du RN, que Patrick Réan, candidat à Thonon-les-Bains (74) sous les mêmes couleurs, a été investi. Problème : il partageait sur Facebook des publications racistes, sexistes et homophobes, comme l’a révélé le média « Les Jours ». Aux dernières nouvelles, il n’avait pas été débranché par le parti lepéniste.

    (1) Joint par téléphone et par SMS vendredi 27 février, il n’avait pas donné suite aux sollicitations de StreetPress à la publication de cet article. Dans une réponse par mail, la fédération RN de Haute-Saône indique avoir transmis notre demande à son délégué.

    Illustration de la Une par Caroline Varon.

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