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    17 / 09 / 2014

    Énervées par un article, elles placardent les locaux du magazine

    Des féministes se font SoFoot

    Par Elsa Bastien , Elsa Bastien

    Lundi le site du magazine SoFoot vannait lourdement sur « une masseuse suisse virée à cause d’une fellation ». Sauf que la femme aurait peut-être été violée. Cette nuit, une équipe féministe a collé des affiches antisexistes sur les locaux du mag.

    « SoFoot ravale ton sexisme », « SoFoot so beurk », « SoFoot Carton rouge »… Sale réveil ce matin pour les journalistes du mag’ SoFoot. Leurs locaux ont été placardés d’affiches féministes. Ou plutôt… leurs anciens locaux, dans le 18ème. L’équipe a déménagé début août.

    Le cartonnage des féministes

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    Si les militantes féministes sont colères, c’est qu’hier le site web du mag sportif publiait un article ponctué de « vannes » carrément lourdes, déclenchant un tollé sur les réseaux sociaux.

    « No blow job in job »

    Titré « une masseuse suisse virée à cause d’une fellation », l’article à l’origine de la polémique explique qu’une soigneuse du FC Lenzburg a été licenciée pour avoir fait une fellation à un joueur. Le hic, c’est qu’il pourrait bien s’agir d’un viol. En effet, elle déclare :

    « Quelqu’un doit avoir mis quelque chose dans mon verre, car j’ai dû vomir plusieurs fois après ».

    Et le gros hic, ce sont « les formulations lourdingues, et un peu beaufs », de l’aveu même de Sofoot, contacté par StreetPress. Car le journaliste s’en donne à cœur joie : « La femme, qui a du mal à avaler l’affaire » ou bien « no blow job in job ». Et sur Facebook, le community manager en remet une couche :

    « Combien de fois faudra-t-il le répéter : on ne masse pas la bouche pleine. »

    Réaction immédiate des twittos féministes :


    Jointe par StreetPress, la militante nous explique son indignation :

    
« Que la nana soit victime d’une agression sexuelle ou qu’elle ne le soit pas, le parti pris journalistique était de se foutre de sa gueule et de faire un article sexiste. Ce n’est pas de l’humour. »

    Le « bad buzz » prend de l’ampleur au point de faire surchauffer les serveurs du site qui retire temporairement l’article.

    « On s’excuse pour la formulation »

    Du côté de SoFoot, on tente de calmer le jeu avec un nouveau titre : « Une masseuse victime d’une agression sexuelle », et un mot d’excuse en haut d’article.

    Mais les « blagues » sont toujours là. A StreetPress, la rédaction de SoFoot explique :

    « Ça voudrait dire qu’on n’assume pas. En plus, tout le monde l’a déjà vu. On s’est excusé pour la formulation, ce qui nous préoccupe en fait, c’est l’info. On veut savoir ce qui s’est passé ! Mais c’est hyper mal engagé maintenant… Le club ne veut plus parler et on n’arrive pas à joindre la jeune femme. »

    Collages en série

    Vidéo Le cartonnage de 20 minutes

    Les excuses ne convainquent pas vraiment les militantes qui auraient préféré voir les « vannes » disparaître. Et dans la nuit quelques-unes d’entre elles montent une opération collage. Daria Marx est l’une des twittos féministes ultra remontées. Si elle assure ne pas savoir qui est responsable du « cartonnage » des anciens locaux… elle fait elle-même partie d’un groupe féministe qui affectionne ce genre de pratiques :

    « Être actives sur les réseaux sociaux, c’est bien mais il faut être dans la rue pour marquer les esprits, montrer qu’il y a une riposte. Ce n’est que du papier et du scotch, on a conscience que ce n’est pas la bombe atomique, mais l’important c’est d’avoir une réaction. »

    Et SoFoot n’est pas la seule rédac a en avoir fait les frais : vendredi dernier, c’était Oui Fm qui était visé , après 20 minutes en juillet dernier.

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