En ce moment

    17/11/2011

    Le Fail de Mike Bloomberg

    A New York, les Indignés de Wall Street n'ont pas été délogés bien longtemps

    Par Edouard Dropsy

    Deux mois après le début du mouvement Occupy Wall Street, le maire de New York a pris le pari d'expulser les occupants. Après une nuit mouvementée, ils sont revenus avec la bénédiction du juge. Bien tenté monsieur le maire.

    Dans la nuit du 15 novembre, les Indignés made in US se sont fait déloger de Zuccotti Park où ils campaient depuis bientôt deux mois. L’ordre a été donné par Michael Bloomberg, le maire de New York. Soixante-dix personnes auraient été arrêtées. Parfois avec violence (voir ci-contre).

    Lacrymo et matraques Le lendemain matin, ils se sont retrouvés pour quelques heures dans un autre square à la frontière de Chinatown et du quartier des affaires, dans le sud de Manhattan. A 11h30, environ 400 protestataires sont rassemblés autour d’un square aux grilles découpées à la pince. Quelques irréductibles occupent l’intérieur. La police veille. La tension monte. Des CRS locaux se suivent le long du nouveau QG, alors que que les Indignés érigent des barricades avec des bancs en bois.

    Un porte-parole grimpe sur un de ces bancs pour s’exprimer. Comme à leur habitude, les manifestants répètent chacune de ses paroles pour que le reste de l’assemblée puisse entendre.

    « Les flics viennent de me dire que nous ne sommes pas les bienvenus ici et que nous devons partir. Je leur ai répondu ‘S’il vous plait, laissez nous continuer.‘ »

    Cet appel restera lettre morte. A midi tapante et sous les huées, les robocops entrent dans le parc, courent et arrêtent. Dans le lot : des personnes âgées, des jeunes, une handicapée.

    Back to Zuccotti Vite, une solution de repli s’impose. « Que fait-on? Où allons-nous? » Les Indignés décident de rejoindre le square qu’ils ont rendu célèbre: Zuccotti Park, au pied du feu World Trade Center. Ils viennent de recevoir le procès-verbal du juge qui confirme que leur évacuation serait illégale.

    D’abord sur le trottoir, ils passent devant les échoppes à touristes et les vendeurs de hot-dog de Chinatown. Mais vite, ils débordent sur la route. Les voitures klaxonnent. Pour les Indignés, en signe de solidarité. Peut-être.

    Le cortège amaigri redescend Broadway au son de « Tous les jours, toutes les semaines : Occupons Wall Street! ». De 400, les manifestants sont passés à 200. Selon certains d’entre eux, de nouvelles arrestations auraient eu lieu. Les employés des magasins se pressent pour voir passer le défilé. Au premier étage d’une banque, l’un d’eux se penche par la fenêtre, lève les bras et encourage les manifestants. « Thank you! », scande la foule avant de repartir… et d’être stoppée par une dizaine de scooters du NYPD.

    Home Sweet Home L’évacuation était peut-être illégale, mais la police n’entend pas les laisser rejoindre Zuccotti Park facilement. Ils doivent emprunter les trottoirs, passer sous les échafaudages, et les déviations piétonnières. Le cortège est séparé entre la rive droite et la rive gauche de la rue. Les trottoirs sont étroits. La foule, compacte.

    Vers 13h30, la masse de manifestants encercle son ancien QG. Ils n’ont toujours pas le droit de rentrer, et le square est gardé par la police et des gardes privés, reconnaissables à leurs gilets jaune fluo. La mairie de New York accepte que les Indignés occupent Zuccoti Park, mais sans tente ni sac de couchage. En fin d’après-midi, les policiers s’en vont. Fin de la bataille.

    Le trajet des manifestants


    Afficher Trajet du retour à Zuccotti Park le 15 novembre 2011 sur une carte plus grande

    Le 17 novembre, une grande manifestation est prévue dans les cinq borough de New York – Manhattan, Brooklyn, le Bronx, le Queens et Staten Island- pour célébrer les deux mois du mouvement Occupy Wall Street. En attendant, le mot d’ordre est « Home Sweet Home ».

    Cet article est à prix libre. Pour continuer la lecture, vous pouvez faire un don.

    StreetPress est un média indépendant qui repose sur les dons de ses lecteurs et lectrices. Pour bien finir l’année, aidez-nous à atteindre les 100 000 euros avant le 11 décembre. En savoir plus →

    Après déduction fiscale, un don de 30€ vous reviendra à 10€.

    Soutenir Streetpress Je fais un don
    mode payements
    Le journalisme de qualité coûte cher. Nous avons besoin de vous.

    Nous pensons que l’information doit être accessible à chacun, quel que soient ses moyens. C’est pourquoi StreetPress est et restera gratuit. Mais produire une information de qualité prend du temps et coûte cher. StreetPress, c'est une équipe de 13 journalistes permanents, auxquels s'ajoute plusieurs dizaines de pigistes, photographes et illustrateurs.
    Soutenez StreetPress, faites un don à partir de 1 euro 💪🙏

    Je soutiens StreetPress  
    mode payements

    NE MANQUEZ RIEN DE STREETPRESS,
    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER