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    15 / 01 / 2010

    Haïti : le franco-guinéen Mamadou Bah est mort

    Par StreetPress

    On a appris hier la mort de Mamadou Bah à Haïti. Mamadou, homme de culture, journaliste et responsable onusien, était un ami de l'ONG BSF avec qui StreetPress partage ses locaux. Témoignages.

    L’assistant de Luiz Costa da Silva

    Mamadou Bah, ancien porte-parole de la Minustah, est mort dans l’effondrement de l’immeuble de l’Onu à Port-au-Prince. Il était depuis quelques semaines le plus proche collaborateur du numéro de 2 de l’organisation, Luiz Costa da Silva, lui aussi décédé dans le séisme.

    « Mamadou Bah avait eu l’idée d’une coopération entre Bibliothèques Sans Frontières et la Minustah », nous raconte Patrick Weil, président de BSF [et co-fondateur de StreetPress, ndlr]. Il nous avait demandé des livres pour permettre l’ouverture d’une bibliothèque pour les adolescents purgeant une peine dans des centres pénitentiaires »

    Un féru d’art

    Mamadou était « féru de littérature et de peinture »: Il croyait au développement par la culture. Juana Brachet, une amie témoigne : « A Port-au-Prince, il avait projet d’ouvrir une galerie, de soutenir des jeunes peintres. Vraiment, ce n’était pas du tout le bureaucrate onusien. Il avait un engagement total »

    Radio Okapi au Congo

    En mission à Kinshasa de 2002 à 2006, il avait monté Radio Okapi. «C’est peut-être le succès numéro 1 de la Mission de l’Onu au Congo, poursuit Juana Brachet. En RDC, il n’y avait rien : peu de télé et de radio. Avec Radio Okapi, il a largement contribué à créer la nation, à unifier le pays.» Patricia Tomé a été la porte-parole de la Monuc. Selon elle c’est « parce que Mamadou était un grand professionnel, quelqu’un sur qui l’on pouvait compter absolument », qu’il avait si bien réussi.

    Aujourd’hui, Radio Okapi est la fréquence la plus écoutée du pays. « Mamadou était un excellent journaliste, nous explique Pierre-Antoine Braud. Il était à Jeune Afrique, mais il est parti parce qu’il n’était pas d’accord avec eux. Un homme trop intègre, je crois. »

    Pour Juana. « Il n’y a pas de regrets à avoir. Un tremblement de terre, c’est pas le fait d’un groupe rebelle ou d’une mauvaise décision humaine, c’est simplement le destin. ». Patricia Tomé se dit, elle, « dévastée ». Mamadou Bah laisse une épouse et un fils de 3 ans qui venaient de le rejoindre à Saint-Domingue.

    Source:“StreetPress”:http://www.streetpress.com

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