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    08 / 02 / 2010

    L'entreprenariat investit la fac d'Evry

    Etre son propre patron en 6 mois, gratuitement et sans qualification particulière

    Par StreetPress

    Une entreprise à mettre sur pied en 6 mois : c'est l'objectif de chacun des étudiants de la classe d'Evry (91). Une chance d'autant plus intéressante que la formation est gratuite.

    Avant la rentrée des classes en décembre, ils avaient tous un projet en tête. Chrystel, Ousmane, Samir, Victor et Bastien. 17 personnes aux profils très différents ont étés retenues pour intégrer le « Diplôme Universitaire », préparé en 6 mois à l’Université d’Evry. Au programme, le B.A-BA de l’entreprenariat : cours de gestion, d’administration, de comptabilité… En gros, comment monter et gérer sa propre entreprise.
    Rencontre avec 5 étudiants

    Qu’est ce qui fait qu’on arrive dans cette classe, après avoir travaillé ? Il y a eu des moments de doute ou de galère ?

    Chrystel : J’ai un CAP et un BEP comptable. Avant la formation, j’étais demandeur d’emploi. J’ai effectué un bilan de compétences approfondies. J’ai cherché un métier ou je pourrai mettre toutes ces compétences à mon profit. Et c’est la création d’entreprise qui en est ressortie.
    Samir : Moi, j’ai arrêté l’école en seconde générale. J’ai fait plusieurs types de boulots d’intérim. Et après un licenciement économique, j’ai pensé à monter ma propre entreprise. Et puis, je n’aurais pas pu m’offrir une autre formation.
    Ousmane : J’étais gemmologue. J’ai fait des mines dans de nombreux pays. Mais, avec la concurrence, tout a changé. Les asiatiques ont pris notre place. Il a fallu que je me reconvertisse. Ca faisait donc deux ans que je cherchais du travail.

    Du bar à chicha, aux soins à domicile, en passant par une agence de communication: des projets d’entreprises très variés. Et le vôtre?

    Chrystel : Je compte ouvrir un commerce de vêtements et d’accessoires gothiques, pop-rock, métal… Ca passe par les chaussures, la déco, les bijoux, les posters… Pour plus tard, j’envisage un rayon disques vinyles mais aussi un rayon enfant. Pour des bébés pop-rock. Dans quelques années, avec ma fille de 16 ans, on souhaiterait ouvrir un genre de club house pop-rock avec restauration, chambre, salle de concert sur l’univers pop-rock, gothique.
    Samir : J’ai pour projet d’ouvrir une boite de rénovation dans le bâtiment de façon la plus écologique possible. Mais aussi de façon économique.
    Victor : Avec mon collègue et ami Bastien, nous avons un projet de conseil à l’achat et à la revente de véhicule.
    Bastien : Mais, on œuvre aussi dans un autre domaine. Celui de la location de véhicule de prestige.
    Ousmane : Moi, je souhaite commercialiser des produits désinfectants écologiques.

    “J’étais gemmologue. Avec la concurrence les asiatiques ont pris notre place. Ca faisait donc deux ans que je cherchais du travail”

    L’entreprenariat version universitaire:

    Nom : Diplôme universitaire « création d’activités de services »
    Recrutement : Via la Maison de l’emploi de Corbeil-Essonnes, les communautés d’agglomérations des deux villes, la Chambre de commerce, le Pôle emploi… Les inscriptions ne se font pas à l’université d’Evry.
    Conditions d’admission : Avoir un projet d’entreprise. Aucun diplôme n’est exigé, pas même le bac.
    Conditions de validation : Avoir créé son entreprise pendant les 6 mois
    Cours : 450 heures de cours + 180 heures consacrées à l’élaboration de leur projet
    Professeurs : Ce sont des professionnels en activité
    Prochaine rentrée : mai 2010
    Responsable de la formation : Annie Bourdoux

    Entre passion et pragmatisme, vous a-t-il fallu trancher?

    Samir : Moi, j’ai une première expérience dans le bâtiment d’environ 3 ans. J’ai vraiment accroché avec le métier de maçon et j’ai vu qu’il y avait une possibilité de rénover tous types de bâtisses avec des produits 100% naturel (le chanvre, la paille).
    Victor : Quant à nous, on est tous les deux passionnés d’automobiles. En plus, au niveau de notre entourage, on a remarqué que l’achat ou la revente d’un véhicule était un vrai souci. L’idée de les coacher répond donc à un véritable besoin. En ce qui concerne la location, c’est par amour des belles voitures.

    C’est d’apprendre les bases de l’entrepreneuriat qui vous a séduit dans cette formation ?

    Ousmane : En effet, j’apprends beaucoup de choses sur la gestion et l’administration. J’apprends aussi à ne pas avoir peur des risques.
    Victor : Oui, ça concrétise vraiment notre projet. Il nous manquait énormément de bases. Ca nous permet d’accéder à un niveau de formation qu’on n’avait pas.
    Bastien : C’est un réel accompagnement. Avec des profs de qualité.

    Qu’est ce que ça donne une classe dont les étudiants ont entre 19 et 53 ans ?

    Victor (19 ans): Ca permet d’avoir d’autres avis d’horizons différents.
    Ousmane (53 ans) : Très bien. Je donne des conseils, des adresses que je connais. Mais, j’apprends d’eux aussi. A n’importe quel âge, il faut continuer d’apprendre.
    Samir (24 ans): On ne sent pas trop la différence d’âge. Les plus anciens sont ouverts d’esprits et les plus jeunes sont plutôt cools. Donc, ça se passe très bien.

    “Les plus anciens sont ouverts d’esprits et les plus jeunes sont plutôt cools. Donc, ça se passe très bien”

    Source : Armelle de Rocquigny / Streetpress

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