En ce moment

    01/05/2011

    Même les skinheads avaient rangé leurs tatouages

    FN : Un défilé du 1er mai populiste et bon enfant, avec les gars de la Marine

    Par Johan Weisz

    3.000 militants FN à Paris, ça sentait bon le terroir mais les durs de l'extrême droite avaient boudé la manif. Ajoutez à ça Marine le Pen défend les homos et qui pourfend «Nike», «Coca» et la mondialisation. Besancenot, sors de ce corps!

    Paris – Il est marrant le Front de Marine le Pen . Voilà les membres du DPS , le service de sécurité du parti autrefois craint et dénoncé comme une milice quasi fasciste, qui viennent vérifier jusqu’aux tatouages des skinheads qu’une croix gammée n’est pas apparente.

    Comme annoncé, les skins ont rangé leurs treillis et à ce qu’on sache les bombers Londsdale sont eux restés autorisés. Ceux qui ont chaud portent un t-shirt « Les gars de la Marine ». Certains ont même fait un effort en troquant leurs bottes pour de gentilles baskets.

    Côté journalistes, les ptits gars à lunettes et vestes en velours sont les plus facilement reconnaissables avec leurs badges presse marqués d’un beau logo FN.

    3.000 à 4.000 personnes Ici, de la place de l’Opéra à celle des Pyramides, on a compté entre 3.000 et 4.000 militants et sympathisants. Les filles du FNJ sont plutôt mignonnes et des couples de jeunes trentenaires en polo Ralph Lauren et lunettes de soleil ont fait le déplacement depuis le 16e arrondissement. Reste qu’ « il y a moins de monde que l’année dernière », note un spécialiste de l’extrême-droite.

    Nouveau look Le Front nouveau look, c’est aussi des kilos de font de teint : Marine le Pen est quasi orange mais son brushing est parfait. Elle est précédée sur l’Estrade par un Jean-Marie le Pen qui lève les 2 bras en signe de victoire. Et qui conclura la matinée en chantant la marseillaise.

    « Hétérosexuels ou homosexuels » « Qu’on soit homme ou femme, chrétien, juif, musulman ou non croyant, hétérosexuel ou homosexuel, on est d’abord Français », lance Marine le Pen qui avait ouvert son discours avec une « pensée pour [ses] compatriotes d’outre-mer ». Dans l’introduction de son discours, Marine le Pen avait aussi rendu hommage à Jean-Marie le Pen « pour l’ensemble de son œuvre » et pour la récente vente du Paquebot, l’ancien siège du FN.

    Des couples de jeunes trentenaires en polo Ralph Lauren et lunettes de soleil ont fait le déplacement

    Un discours souverainiste-populiste L’essentiel de ce premier discours du 1er mai de Marine le Pen est un mix parfait du souverainisme et du populisme :

    « Qu’est-ce que la souveraineté ? ( …) C’est la liberté de faire sa propre loi. (…) Le FMI ne doit plus faire la loi en France ».

    Marine le Pen de s’en prendre aux « technocrates », aux « cabinets de lobbying » et aux « euromaniacs ».

    « Nike et Coca pour tous » Et la présidente du Front National d’enchaîner logiquement avec un discours anticapitaliste populiste :

    « La mondialisation c’est le nivellement du monde, du Coca-Cola et des Nike pour tous, dans un univers qui ne devient qu’une banlieue unique, parsemée d’hypermarchés où s’entassent des produits venus du monde entier et issus de l’exploitation éhontée de millions de producteurs ici ou ailleurs »

    Fuck le système La dernière salve sera pour les journalistes, hués par les militants lorsque Marine le Pen cite le Nouvel Observateur et prend la défense de journalistes considérés comme anti-pensée unique , comme Ménard, Elisabeth Lévy ou encore Emmanuel Todd.

    Une manière sans doute de faire le buzz dans les médias, ce que Marine le Pen sait faire très bien. Par contre, pour ramener du monde à la manif’ il va falloir faire ses preuves.


    Ambiance, à la fin du discours de Marine le Pen

    On a choisi de faire différemment. Vous validez ?

    Contrairement à la plupart des médias, StreetPress a choisi d’ouvrir l’intégralité de ses enquêtes, reportages et vidéos en accès libre et gratuit. Pour sortir des flux d’infos en continu et de la caricature de nos vies, on pense qu’il est urgent de revenir au niveau du sol, du terrain, de la rue. Faire entendre les voix des oubliés.es du débat public, c’est prendre un engagement fort dans la bataille contre les préjugés qui fracturent la société. Nous avons choisi de remettre notre indépendance entre vos mains. Pour que cette information reste accessible au plus grande nombre, votre soutien tous les mois est essentiel. Si vous le pouvez, soutenez StreetPress, même 1€ ça fait la différence.

    En savoir plus sur Streetpres

    Je soutiens StreetPress  
    mode payements

    NE MANQUEZ RIEN DE STREETPRESS,
    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER