Châtelet, Temple de la drague

Châtelet, Temple de la drague

Un mercredi aprem' avec les tchatcheurs des Halles

StreetDrague | Reportages | par | 21 Novembre 2012

Châtelet, Temple de la drague

Sur StreetPress Michaël, étudiant en BTS de 20 ans, joue les sociologues : « 40% des meufs de Châtelet, elles baraudent pour rien tout ! » Tu ne sais pas ce que veut dire « barauder » ? La réponse ici.

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Châtelet-les Halles, un mercredi aprèm’. Près de la fontaine, à deux pas du MacDo, des dizaines de groupes de jeunes s’observent, rient, s’épient, s’ennuient, font du skate, écoutent de la musique les haut-parleurs à fond. Et se draguent. Parfois – souvent – avec quelques lourdeurs. Laquelle d’entre vous n’a jamais eu à répondre à un « eh mad’moizelle, t’es trop belle » ?

Jusqu’à la réalisation de ce reportage-sonore-illustré (on n’a pas trouvé moins pompeux), nous pensions que la drague en mode street warrior, à moins d’être un humoriste, fonctionnait une fois sur 1000. Que nenni.

Samedi à Châtelet Après une bonne heure à tourner dans les Halles de Châtelet, nous nous asseyons près de Michael et Teddy, 20 et 21 ans, en BTS tous les deux – « faut bien sécher un peu, hein ». Les deux potes squattent souvent les marches de la fontaine le mercredi, et encore plus le samedi parce que « y’a plus de meufs qui font les magasins. » Châtelet, temple intergalactique de la drague ? Après un moment d’hésitation, ils se lâchent. « Oui oui, ça marche pas mal. » Pas mal ? Fatou, assise à deux mètres d’eux, s’étouffe. Rejoint la conversation, entre moqueries et vrais débats. Fume un gros pet avec eux. « Moi, je suis là pour fumer, pas pour draguer. Je préfère draguer les mecs de la cité. » Ses copines, qui ne tardent pas à débarquer, acquiescent : « Les pires, ce sont ceux de la Gare du Nord, c’est trop des blédards. »


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Serial dragueur En pleine conversation avec notre micro et notre crayon, « Sabi » et « Chlo », les deux dernières arrivées, bloquent sur le legging d’une fille qui passe à côté. Un groupe de mecs passe, elles se cachent ostensiblement : « vas-y, il va trop nous ripère (sic), parce que la dernière fois, il nous a dragué, on a fumé avec et on est parties sans rien dire. » Visiblement, elles connaissent toute la place et sont capables de nous pointer du doigt tous les serial dragueurs du lieu. La réciproque semble tout aussi vraie : au beau milieu d’une conversation, un mec pointe vers le front de « Sabi » un faisceau lumineux vert, un peu comme un sniper. Une énième tentative de drague ? En tout cas, les mecs, vous êtes prévenus. En bande, les filles « se vendent cher ».

Sur le banc, à côté, alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés il y a une heure, Fatou et Teddy continuent à gentiment s’écharper. Nous, on s’en va « barauder » ailleurs, espérant secrètement que l’on vient de créer un couple pour terminer cette histoire par le traditionnel « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »


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