Pourquoi je crache sur l’Euro 2016

Pourquoi je crache sur l’Euro 2016

Pas de fan zone pour le mec de l’underground

Petit pont massacreur | Témoignage | par | 8 Juin 2016

Pourquoi je crache sur l’Euro 2016

Vendredi, c’est le début de l’Euro et le Mec de l’underground a le seum : plus moyen de bicrave ou de desosser des Vélibs tranquille. La compet’ commence mal pour le chroniqueur de StreetPress.

Quand on voit comment les joueurs de foot se comportent, je n’arrive pas à piger pourquoi on leur pompe le chibre. Ça insulte les arbitres mais ça ne les savate pas, ça court sans être pisté par les keufs et ça réalise des sextapes alors que ça pourrait investir dans l’industrie du nopor. Abusé, quand tu sais que les gadjos sont raqués une blinde et se permettent d’arrêter de jouer à la moindre crampe ou fracture à la beuje. Moi, tu me files juste un salaire de 10.000 boules, je joue même avec un cancer du trou de balle, une luxation des bouliches et en prime, une rhinite au gland. Et eux, que tchi ! Rien que ça baltringuise à la moindre blessure. L’archouma, sans vouloir tailler.

Petit pont massacreur

Nan, je t’avoue, je n’ai jamais pu blairer le football. Enfin si, je kiffe bien, mais uniquement le “Foot Underground”, quand on remplace le ballon par une cannette vide, et que celui qui se mange un petit pont se fait tabasser par les joueurs des deux équipes. A part ça, on peut toujours débattre sur l’utilité du football mais objectivement, ce sport, c’est de la daube. Et c’est d’autant plus de la daube que dans quelques jours, on va devoir se taper la coupe Europe, ici, sur Paname. A croire que la fédé cherche à pousser le cassage de couilles au max.

On chillait tranquille dans la capitale, pépère, à fumer du shit, cramer des govas et à dépouiller des fomblards sur la Place de la République, il a fallu qu’on vienne nous faire ièche avec cet évènement plus pourave qu’un vernissage dans une galerie d’art. Nan, vraiment, niquez-vous avec vos bails moisis !

On n’a rien fait de mal et pourtant, des équipes venues des quatre coins de l’Europe déboulent en masse dans l’Hexagone, sans respect, comme si on ne se coltinait pas assez d’enculés chez nous. T’imagines, accueillir des footeux, les faire crécher dans des bêtes d’hôtels style Ibis en mieux – avec p’tit dèj inclus – alors que mon pote Samy a pris quatre ans de carpla, pour s’être ramené sur le territoire céfran avec une mallette pleine de chnouf. Explique-moi la logique, dérouler le tapis rouge à des sportifs, et serrer des mecs venus pour nous régaler. Avec l’exemple qu’on leur montre, tu m’étonnes que les moins de trente piges soient cons comme des manches.

La même disquette que le mondial 98

Et qu’on ne me raconte pas que l’Euro sera un bon bail pour l’économie du pays. Ou bien alors, il faut me préciser de quelle économie tu parles. Je me souviens, ils nous ont dégainé la même disquette pendant le mondial 98, soi-disant qu’on allait palper de la maille. A cette heure-ci, j’attends toujours ma chnouf, mes biatches et ma Ferrari.

Je te jure, la coupe d’Europe me fout le seum. On avait déjà la menace terroriste, ajoute cette saloperie d’Euro 2016, tu peux être sûr qu’ils vont nous caler des caméras et des gueulards dans tous les recoins de Paname, voir même dans nos gogues. Et là, on ne pourra plus bicrave peinards, désosser des Vélibs et chier des boudins de coke sans recevoir une lettre de convocation au comico, ou une visite des cops au petit matin.

Votre truc c’est de la rotka, allez bien vous faire tartiner le derche ! En vrai, il ne me reste qu’une chose à dire :« Fuck le foot, baise l’Euro, et nique sa mère la pute ! ».


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