A Aubervilliers la mobilisation continue pour le père de famille chinois expulsé

A Aubervilliers la mobilisation continue pour le père de famille chinois expulsé

10 ans en France et deux enfants ... mais ça ne suffit pas

sans papiers | Reportages | par | 25 Janvier 2012

A Aubervilliers la mobilisation continue pour le père de famille chinois expulsé

Il y a 17 jours Changfeng Mo, père de deux enfants nés en France, était expulsé en Chine. Les défenseurs du sans-papier ne désespèrent pas de le faire revenir. Une centaine d'entre eux étaient encore mardi soir devant la mairie d'Aubervilliers.

Mardi 24 janvier – 18h – Mairie d’Aubervilliers. Malgré le crachin, le froid, la nuit et le fait que M. Mo ait été expulsé il y a maintenant 17 jours, une petite centaine de personnes s’était mobilisée place de la Mairie pour demander le retour en France du jeune papa chinois.

« Parents expulsés, enfants en danger. Libérez Monsieur Mo » ont scandé parents d’élèves, professeurs et le personnel de mairie réunis par le collectif pour les droits des sans papiers Auber Sans La Peur . Dans le cortège Fabienne, professeur d’une classe de CP et de CE1 à Aubervilliers, est très émue: « Ça me touche énormément. Le jour où j’aurai un élève comme ça … Un enfant qui se retrouve sans son père, c’est inadmissible ».

Un enfant qui se retrouve sans son père, c’est inadmissible

2 enfants nés en France Changfeng Mo, 28 ans, a été expulsé le 7 janvier dernier … alors que ses deux enfants Felix (3 ans) et Soufia (2 ans) sont nés sur le territoire national. Un procédé d’autant plus rare que l’aîné est scolarisé à l’école maternelle Marc Bloch d’Aubervilliers. « Ça fait deux ans que ce n’est pas arrivé en Île-de-France d’expulser un père de famille comme ça », assure Anne Lafran, cadre du Réseau Éducation Sans Frontière dans le 93.

M. Mo a même vu sa période de rétention aller à son terme – soit 45 jours sans voir sa famille – avant d’être expulsé. « Ça aussi ça n’arrive pas souvent », continue Anne Lafran. Une rétention pendant laquelle il a essayé de se suicider deux fois en avalant des pièces de monnaie et en se taillant les veines.

Balasko, Cantet et Le Monde « C’est tellement intolérable cette histoire que les gens réagissent » avance Sophie du collectif Auber Sans La Peur pour justifier « la très bonne mobilisation » de mardi « malgré le froid ». Plus de 2.000 personnes ont aussi signé la pétition demandant le retour de Changfeng Mo, avec en guest Josiane Balasko et Laurent Cantet le réalisateur de Entre les murs. Le site web de RESF met lui en avant « la formidable réactivité de tous, le standard de la Préfecture de Police a été saturé d’appels indignés ». L’affaire est aussi médiatisée ici et .


Soufia, Madame Mo et Félix

Encore un espoir « Ce qu’on espère c’est qu’ils régularisent Mme Mo et que Changfeng puisse revenir en France par regroupement familial », explique Anne Lafran. Le jeune homme a été expulsé mais n’est pas interdit de territoire, ce qui n’empêche pas un retour. L’enjeu ce sont les papiers de sa femme: « Avec tout le barouf, le préfet est forcément au courant. Mais il va falloir faire encore du barouf pour qu’ils régularisent Mme Mo » prévient Sophie, attablé autour d’un chocolat avec l’épouse et les enfants de Changfeng.

En attendant les militants essaient de mobiliser les 5.000 Chinois d’Aubervilliers. « Certains sont très riches, ça serait bien qu’ils aident Mme Mo qui manque de ressources » espère le maire PS Jacques Salvatore qui a rendez-vous plus tard dans la soirée avec des représentants de la communauté. Le matin il a alerté l’ambassadeur de Chine en France venu dans sa ville pour fêter le nouvel an chinois.


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