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    15/01/2026

    Le top 10 des moins de 30 ans

    Le top 2026 des personnalités qui font bouger les lignes selon StreetPress

    Par Romane Lizée , Patrice Normand

    Ils sont artistes, étudiants ou créateurs de contenu, et partagent l’envie de participer à une société plus égalitaire. Ces dix militants et militantes de moins de 30 ans donnent des clés pour s’engager. Découvrez le top 2026 de StreetPress.

    Pour la rentrée 2026, StreetPress a interviewé dix personnes sur leurs engagements politiques : antiracisme, décolonialisme, féminisme, droits LGBTQIA+, lutte contre le narcotrafic, protection de l’enfance, déconstruction des clichés sur la jeunesse des quartiers populaires… Ces militantes et militants de terrain, journalistes, artistes, créateurs et créatrices de contenu racontent le déclic à l’origine de leur colère et leur volonté de voir du changement.

    Ils et elles reviennent sur ce qui a marqué leur année et révèlent leurs projets pour 2026. Spoiler : ces profils de moins de 30 ans partagent une même déter’. À l’approche des élections municipales, qui auront lieu en mars, et de la présidentielle 2027, toutes et tous donnent des clés pour s’engager.

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    Ces 10 personnalités de moins de 30 ans ont des projets et des engagements pour participer à une société plus égalitaire. / Crédits : Patrice Normand

    Amine Kessaci, en lutte contre le narcotrafic

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    Amine Kessaci, militant antidrogue. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 22 ans

    Ses engagements : lutter contre le narcotrafic

    En 2025. Le 13 novembre 2025, Amine Kessaci a perdu son demi-frère Mehdi, 20 ans, victime collatérale d’un règlement de comptes lié au trafic de drogue à Marseille (13). Quelques jours plus tôt, en octobre, le militant en deuil publiait son premier livre, « Marseille, essuie tes larmes » aux éditions Le Bruit du monde. Cette lettre de révolte contre les ravages du deal, il l’a écrite après l’assassinat de son grand frère, Brahim, 22 ans. Il a été retrouvé calciné dans une voiture en 2020. Amine a été reçu à l’Élysée. Les parlementaires européens ont observé une minute de silence en hommage à ses frères et à son combat. Il est devenu, malgré lui, le visage de la lutte contre le narcobanditisme.

    Son déclic. Amine a grandi dans le quartier de Frais-Vallon, au nord-est de Marseille. Son père, mécanicien ; sa mère, ancienne agente d’entretien, lui transmettent dès son enfance un désir de justice sociale. À 17 ans, quelques mois avant la mort de son frère Brahim, Amine fonde l’association Conscience pour accompagner les jeunes des cités à sortir du trafic de stupéfiants et soutenir les proches des victimes. En 2022, dans le cadre des présidentielles, il s’investit dans la campagne de la Nupes. Deux ans plus tard, il se présente comme candidat aux européennes sous la bannière des Écologistes, puis aux législatives, sous les couleurs du Nouveau Front populaire. L’étudiant en droit défend aussi une écologie populaire, où il veut repenser l’isolation des HLM et les circuits de l’alimentation pour les précaires.

    Sa punchline. « Si vous faites pour nous sans nous, c’est que vous faites contre nous. »

    Pourquoi on le suit en 2026. Pour des raisons évidentes de sécurité, Amine doit lever le pied sur le militantisme de terrain. Pour autant, il continue de porter son combat dans la presse et auprès des politiques.

    À VOIR AUSSI (en 2024) : La vraie vie d’Amine, des quartiers nord de Marseille aux élections européennes

    Son action de rêve. Amine veut se battre pour que les pouvoirs publics acceptent la proposition de la Convention citoyenne de lutte contre le narcotrafic « pour entamer un débat sur les questions sécuritaires, sociales et de légalisation du cannabis ».

    Rania Kissi, la grande sœur des enfants placés

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    Rania Kissi, militante pour les droits des enfants placés et juriste. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 29 ans

    Ses engagements : protection de l’enfance

    En 2025. Future avocate et cofondatrice, en 2024, du Comité de vigilance pour les enfants placés, Rania Kissi a participé à la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, clôturée en avril 2025. En coulisses, elle a insisté auprès des députés pour que des mineurs non accompagnés soient interrogés. En décembre, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi issue de ses travaux pour garantir un avocat à chaque enfant placé. Mais Rania se mobilise aussi sur le terrain : en fin d’année, elle a lancé une cagnotte pour offrir un repas de Noël et une sortie à Disneyland à des jeunes d’un foyer du 19e arrondissement de Paris.

    Son déclic. Née au Maroc, Rania a rejoint clandestinement la France à 9 ans. Maltraitée par son père, elle est placée à 10 ans à l’Aide sociale à l’enfance. À 18 ans, elle se retrouve à la rue et dort quelques mois sur un banc à côté de la fac où elle étudie. « L’État — le parent des enfants placés — nous abandonne », alerte-t-elle avant d’ajouter, « pour nous, il n’y a pas d’ascenseur social parce qu’il ne descend pas jusqu’à nous ».

    Sa punchline. « Il est plus facile de construire des enfants forts que de réparer des adultes cassés. »

    Pourquoi il faut la suivre en 2026. « La commission d’enquête, c’était l’acte I du combat. L’acte II, c’est d’avoir une commission de réparation », affirme Rania. Elle réclame un accompagnement « jusqu’à l’autonomie, à 24 ans » — âge moyen du départ du domicile familial — et un organe indépendant pour contrôler les lieux de placement. Elle veut aussi se mobiliser au Maroc, où il n’y a pas de système de protection de l’enfance.

    Son action de rêve. « Je veux que l’État s’excuse d’avoir abandonné ses enfants. »

    À VOIR AUSSI (en 2025) : Comment j’ai survécu à la rue pour devenir avocate

    Naomi Titti, la nouvelle voix du podcast féministe

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    Naomi Titti, journaliste podcast. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 26 ans

    Ses engagements : féminisme, antiracisme, droits des personnes LGBTQIA+

    En 2025. Arrivée au studio de podcasts Binge Audio, en 2020, Naomi Titti a repris les podcasts à succès « Le Cœur sur la table » et « Les Couilles sur la table » fin 2024, après le départ de sa créatrice Victoire Tuaillon. « Je suis métisse, lesbienne, j’ai grandi dans une banlieue populaire, j’ai donc une approche différente des sujets qu’on traite, notamment sur les questions raciales et l’homosexualité. » En 2025, la journaliste a sorti un nouveau format audio documentaire : « Après Mazan » pour « prendre le temps de l’analyse après la grosse vague médiatique ». Dans cette affaire, 46 hommes (sur 50 accusés) ont été reconnus coupables de « viol aggravé », deux de « tentatives de viol » et deux autres d’agression sexuelle sur Gisèle Pelicot, droguée à son insu par son mari, Dominique Pelicot, principal accusé.

    Son déclic. « Je suis née dans une famille de gros gauchos. Mes parents se sont rencontrés à la Fête de l’Huma ! » Son père, arrivé en France en 1976, a toujours milité à l’Union des populations du Cameroun, parti clandestin honni du pouvoir jusqu’à récemment. Mais c’est à la fac que Naomi se forge une conscience féministe, en tombant notamment sur « Sister Outsider » d’Audre Lorde (version française chez Mamamelis, 2018), un essai qui a profondément marqué sa réflexion. « Je reviens souvent aux grandes idées de ce texte comme des boussoles, comme le fait que le self-care pour les femmes noires est politique. »

    Sa punchline. « On est tous des maillons d’une grande lutte ! En faisant sa part, on permet à la chaîne de se construire. »

    Pourquoi on la suit en 2026. En février, Naomi va sortir « L’Autre rive de mon corps », une nouvelle série du « Cœur sur la table », un récit à la première personne intime et politique de Mihena Alsharif, une femme trans née en Tunisie, autrice, travailleuse sociale et docteure en anthropologie. Au programme aussi cette année : des sujets sur « les relations amoureuses un peu foireuses » et « les relations prof-élèves ».

    Son action de rêve. « Passer à la semaine de 15 heures. On pourrait avoir du temps pour mieux s’occuper des unes et des autres, s’investir dans la vie communautaire, réduire les inégalités et réfléchir sur la société qu’on veut. »

    Audrey Randriamandrato, visage en France de la Gen Z Madagascar

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    Audrey Randriamandrato, militante de la GenZ Madagascar. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 28 ans

    Ses engagements : droit des personnes sans papiers, féminisme

    En 2025. Audrey, alias « Audrake » sur Insta, est devenue la représentante en France de la Gen Z Madagascar, collectif qui s’est rebellé en septembre 2025 contre la corruption et la concentration des richesses sur l’île. La militante, qui y a grandi jusqu’à ses 18 ans, a fait des millions de vues avec son contenu de décryptage sur les révoltes. Présidente d’une association féministe malgache depuis 2018, elle est une figure locale de la lutte pour la dépénalisation de l’avortement dans le pays.

    Son déclic. En 2015, Audrey quitte Madagascar pour intégrer une licence d’histoire-géo en France. Mais rapidement, elle déchante : l’étudiante doit affronter les galères administratives, tout en enchaînant en parallèle les petits boulots de baby-sitting, boulangerie, manutention… « Je n’avais pas le temps de réviser et en même temps, je ne gagnais pas assez d’argent pour vivre. » Face au durcissement des politiques migratoires, elle décide de partager son expérience de femme immigrée sur les réseaux sociaux : l’attente interminable à la préfecture pour le renouvellement du titre de séjour, sa peur de porter plainte lorsqu’elle se fait agresser sexuellement, la création d’entreprise en tant que personne étrangère…

    Sa punchline. « Ces mots de Damso : “Le monde est fait de gens qui font les choses/ Et ceux qui disent qu’ils auraient pu le faire/ Auraient dû le faire, vont sûrement le faire/ Et ceux qui sont juste en train d’faire les choses”. »

    Pourquoi on la suit en 2026. La Gen Z Madagascar n’a pas fini de faire parler d’elle et, avec son association Malagasy Women Empowerment, Audrey va lancer un média pour donner la parole aux femmes de l’océan Indien.

    Son action de rêve. « Investir tous les locaux vides pour y loger des mineurs isolés, des personnes migrantes, marginalisées. »

    À LIRE AUSSI (en 2025) : Au foyer universitaire malgache de Cachan, la révolte gronde contre les « pressions politiques »

    Sheng, hyper pop intime et décomplexé

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    Sheng, rappeuse. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 25 ans

    Ses engagements : féminisme, antiracisme

    En 2025. Sheng sort de sa première année de tournée. En mars 2025, la rappeuse a rempli La Maroquinerie à Paris. En juin, elle était au festival Solidays et en septembre, sur la scène du mini-festival du GP Explorer, orchestré par le youtubeur Squeezie. Son album, intime et féministe, « J’suis (TJR) pas celle », a été réédité. Son titre « Benz » est entré dans la playlist de la dernière version du jeu vidéo de foot FC 26. « Grâce à ça, ma famille — dont la moitié est en Chine — a fini par comprendre un peu ce que je faisais », rigole-t-elle. L’artiste a aussi participé à des concerts de soutien à la Palestine et à des collectifs féministes.

    Son déclic. Son père a fui la guerre au Liban dans les années 1970. Sa mère, elle, a quitté la Chine dans les années 1990. « Mon histoire est marquée par les discriminations qu’ils ont subies. On parlait à ma mère avec condescendance parce qu’elle faisait quelques fautes de prononciation. Mon père, on le traitait de “sale rebeu” dans la rue. » Pour rendre hommage à ses origines, elle rappe en mandarin. « Mais je ne veux pas que ça devienne un argument marketing », insiste-t-elle.

    Sa punchline. « Un slogan de manif : “Avenir féministe, avenir décolonial, avenir queer, avenir génial”. »

    Pourquoi on la suit en 2026. En décembre, Sheng va monter sur la scène de La Cigale à Paris. En attendant, on peut la retrouver en janvier à une teuf Barbi(e)turix, collectif historique des soirées lesbiennes de la capitale.

    Son action de rêve. « Je déloge tous les ministères pour mettre les bâtiments à dispo d’associations de femmes victimes de violences conjugales et de personnes qui dorment à la rue. »

    Lou Trotignon, l’humoriste qui met en scène la transidentité

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    Lou Trotignon, humoriste. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 28 ans

    Ses engagements : féminisme, droits des personnes LGBTQIA+

    En 2025. Cette année, le spectacle « Mérou » de Lou Trotignon — un des rares stand-up en France qui aborde la transidentité — a cartonné. À Avignon, l’humoriste a fait 21 dates, toutes complètes. À Paris, il est passé de la Nouvelle Seine (une centaine de places) au théâtre Saint-Georges (500 places). Il a décroché aussi son premier rôle à la télé dans la série queer « Ruby » sur FranceTV, où il incarne l’ami généreux et sensible de l’héroïne.

    Son déclic. « Le stand-up m’a aidé à aller vers la transition. » À 23 ans, Lou rencontre l’humoriste Tahnee qui l’accompagne dans un atelier et l’encourage à écrire son premier show. « C’est un art où tu dois être très présent dans ton corps. C’est là que j’ai compris qu’il y avait un décalage avec ce que je pensais de moi. Alors, j’ai commencé à dire que j’étais trans sur scène. » Dans « Mérou », il raconte la transidentité de manière accessible et sans complexe, quitte à toucher aux sujets qui fâchent : la thèse complotiste du « lobby trans », les modifications du corps… En dehors des planches, l’artiste joue dans des soirées de soutien pour des associations LGBTQIA+ comme Acceptess-T.

    Sa punchline. « On peut nous retirer nos droits mais pas notre joie ! »

    Pourquoi on le suit en 2026. Toujours en tournée avec « Mérou », Lou a co-créé une « expo-spectacle » en partenariat avec le premier centre d’archives LGBTQIA+ programmé en juin 2026. « Mon spectacle s’inscrit dans une histoire collective, il n’existerait pas sans les révoltes de Stonewall [manifestations en 1969 à New York après une descente de police violente dans un bar queer, ndlr] », explique-t-il à propos de ce projet. L’humoriste vient aussi de finir d’écrire un livre.

    Son action de rêve. « Une petite pichenette à Macron ! Et très égoïstement, je voudrais qu’on puisse facilement changer son genre à l’état civil sur les documents administratifs. »

    Ahouefa Fagbemi, le pont entre la jeunesse populaire et l’appareil d’État

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    Ahouefa Fagbemi, présidente de la Cité des chances. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 24 ans

    Ses engagements : égalité des chances

    En 2025. Présidente de la Cité des chances, une association qui promeut l’engagement citoyen des jeunes de banlieues, Ahouefa Fagbemi a organisé une visite à l’Assemblée nationale avec des lycéens d’Île-de-France, provoquant un déferlement de haine de la part de l’extrême droite sur les réseaux sociaux. Depuis cet été, et après son master en Affaires publiques, elle est secrétaire générale de La Cordée, une association œuvrant pour la diversité sociale dans les métiers de la haute fonction publique.

    Son déclic. Ahouefa est arrivée en France à 6 ans du Bénin. Elle a vécu entre le 95 et le 96, dans une grande précarité. « De mon CM2 au lycée, ma mère sous-louait une sorte de cave-garage », explique-t-elle pudiquement. « Je me suis accrochée à fond à l’école, c’était ma seule porte de sortie. » À 18 ans, la bûcheuse atterrit en double licence Sciences Po-Sorbonne et rejoint la Cité des chances. « J’ai pris une claque sociale. On était deux ou trois personnes racisées dans ma promo. Il a fallu que je compense la violence de cet univers par l’engagement associatif. » Elle a été naturalisée en 2023.

    Pourquoi on la suit en 2026. Avec la Cité des chances, Ahouefa sera à fond dans la préparation des municipales de mars et de la présidentielle de 2027. Elle va notamment organiser des débats dans plusieurs communes d’Île-de-France entre des jeunes et des candidats.

    Son action de rêve. « Inscrire sur les sièges de l’Assemblée nationale les noms de personnes de la société civile pour pallier au manque de représentativité dans les institutions. »

    Sa punchline. « Cette société nous rabâche qu’il n’y a pas assez de gâteau pour tout le monde. Mais quand y a à manger pour cinq, y en a pour dix ! »

    Ivan Sanchez, l’influenceur qui déstigmatise la santé mentale

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    Ivan Sanchez, créateur de contenu. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 21 ans

    Ses engagements : droits des personnes LGBTQIA+, santé mentale

    En 2025. Ivan Sanchez a buzzé sur TikTok un soir de novembre 2024, au fond de son lit, en pleine dépression, après un rendez-vous chez sa psy qui portait un tee-shirt avec une papaye. « Mon cerveau a fait une association spontanée : je me suis dit que, dans une autre vie, les papayes seraient des lesbiennes butch. J’ai posté la vidéo et découvert que des milliers de personnes avaient eu exactement la même réflexion que moi. » Aujourd’hui, le créateur donne toujours dans le second degré mais avec du contenu plus intime et décomplexé sur la santé mentale, la grossophobie, l’homosexualité, le racisme. Un an plus tard, il comptabilise 365 k abonnés sur TikTok, 121 k sur Insta et un prix aux TikTok Awards en 2025.

    Son déclic. À 9 ans, Ivan a quitté l’Espagne avec sa famille pour rejoindre la France. « L’exil n’a rien eu de romantique », souligne-t-il. « On a vécu longtemps dans un studio à cinq. On allait aux Restos du cœur. On a été stigmatisés. » En 2023, il rejoint les bancs de la fac de droit pour devenir avocat. Il conçoit aussi sa nouvelle carrière d’influenceur comme un engagement : « Pendant longtemps, j’ai eu honte d’être le mec triste, “bizarre”. Alors qu’en réalité, j’allais simplement mal. Certains corps, certaines manières d’être, ont toujours été priés de se faire discrets. Ce monde ne veut pas des gens comme moi. »

    Sa punchline. « Exister sans s’excuser est déjà une prise de position. »

    Pourquoi on le suit en 2026. Côté réseaux, le créateur a lancé sa chaîne YouTube en janvier pour réaliser des formats plus longs. Il travaille aussi à la création d’une association dédiée à orienter et accompagner administrativement et juridiquement les minorités. Côté perso, Ivan va se concentrer sur ses partiels !

    Son action de rêve. « Investir massivement dans la santé mentale, l’éducation, le logement et l’accompagnement des familles, au lieu de criminaliser la précarité. »

    Cannelle Louisy-Gabriel, porte-parole des ultramarins

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    Cannelle Louisy-Gabriel, journaliste et créatrice du média Quête.s. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 26 ans

    Ses engagements : porter la voix des Outre-mer

    En 2025. Journaliste d’origine kanak, Cannelle a lancé le média Quête.s, « un espace de résistance culturelle » où elle donne la parole aux personnes originaires des Outre-mer. Misogynoir, exotisation, exil… Dans ce podcast, elle démonte les clichés associés à la vie ultramarine et raconte les discriminations subies dans l’Hexagone.

    Son déclic. Cannelle a grandi dans une famille de militants. Ses parents indépendantistes autonomistes ont participé à la construction de la province Nord, gouvernée depuis 1988 par des élus du Front de libération nationale kanak et socialiste. Ils sont aujourd’hui conseillers à la mairie de Nouméa (la capitale) et de Voh. En 2022, licence d’histoire en poche, elle quitte la Nouvelle-Calédonie pour intégrer une école de journalisme parisienne. « Il y a très peu de représentations du militantisme dans l’île ; c’est à Paris que j’ai découvert tout ça. » Elle rencontre d’autres ultramarins, intègre le club Graine de footballeuse et s’abreuve du « Podcast à soi » de Charlotte Bienaimé, sa référence. « C’est un podcast thérapeutique qui m’a donné envie de faire la même chose avec Quête.s, car on porte tous et toutes intimement le poids de la colonisation. »

    Sa punchline. « “On est condamné à réussir.” C’est une phrase de mon père, qui la tient de son père, et qui est un symbole de résistance dans notre histoire familiale. »

    Pourquoi on la suit en 2026. Cannelle veut se lancer dans le documentaire vidéo et réaliser des enquêtes. Pour la matinale de la chaîne des Outre-mer La Première, elle va également animer une chronique en partenariat avec Histoires crépues.

    Son action de rêve. « Transformer Paris en exposition décoloniale géante, avec des projections de films, des sculptures, des graffs, des performances. »

    Julie-Sara Foulon, lanceuse d’alerte sur l’adoption internationale

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    Julie-Sara Foulon, lanceuse d’alerte sur l’adoption internationale. / Crédits : Patrice Normand

    Âge : 21 ans

    Ses engagements : révéler les pratiques illicites dans l’adoption internationale

    En 2025. Adoptée d’Éthiopie en 2003 par un couple de Normands, Julie-Sara est devenue l’une des figures de la lutte pour la reconnaissance des pratiques illicites dans l’adoption internationale en racontant son histoire dans les médias. En décembre, ses retrouvailles avec sa famille biologique ont notamment été photographiées dans « Paris Match » et, soutenue par le député Rodrigo Arenas (LFI), elle a obtenu un rendez-vous à l’Assemblée nationale pour entamer un processus de reconnaissance.

    Son déclic. La publication de son livre, « Sara et Tsega », en 2020 aux éditions Baudelaire, a réuni autour d’elle plusieurs dizaines de personnes originaires d’Éthiopie qui ont retrouvé leurs parents biologiques censés être décédés. En 2021, Julie-Sara a porté plainte, comme treize autres, contre l’organisme d’adoption Les Enfants de Reine de Miséricorde — une association proche des idées catho-intégristes — pour « abus de confiance », « escroquerie » et « provocation à l’abandon d’enfants ».

    À LIRE AUSSI : Pendant trente ans, une asso catho d’extrême droite a été agréée pour l’adoption d’enfants africains

    Sa punchline. « Tout est possible si on connaît ses droits ! »

    Pourquoi on la suit en 2026. Après avoir obtenu, en 2022, une mission d’inspection interministérielle qui a rendu un rapport deux ans plus tard, Julie-Sara réclame maintenant une commission d’enquête sur les pratiques illicites dans l’adoption internationale ainsi qu’une commission de réparation.

    Son action de rêve. « Légaliser les tests ADN dont les personnes adoptées ont besoin pour se reconnecter sereinement avec leur famille biologique. »

    À LIRE AUSSI (en 2025) : Notre top 2025 des personnalités engagées

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