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    12/07/2013

    Et accessoirement leur taxer du fric

    A la Japan Expo, « Geek Me More » veut faire se reproduire les cosplayers

    Par vincent touveneau

    Si Tortue Géniale copule avec Harry Potter, à quoi ressembleront leurs enfants ? Les entrepreneurs de Geek Me More jouent les savants fous avec un site de rencontre pour geeks. A la Japan Expo, ils organisaient un speed dating.

    Samedi 6 juillet, au Parc des expositions de Paris-Nord, à Villepinte.

    Une journée passée à la Japan Expo (on dit « Japex » pour les intimes) ressemble à une descente de drogue psychédélique. Des couleurs vives, un brouhaha sonore incessant mélangé aux piaillements d’adolescentes aux déguisements aguicheurs.

    On apprécierait assez un stand pharmaceutique avec des Doliprane 500, mais non, seulement des mangas, des jeux vidéo et des figurines de comics à perte de vue. Un grand nombre de gens qu’on appelle cosplayers sont déguisés en personnages de manga ou de série télé. Avec le site Geekmemore.com, on leur a même offert la possibilité de se reproduire.

    Déguisements L’âge de l’adepte du cosplay varie entre 3 et 80 ans. On peut voir aussi bien des bébés affublés d’une combi Superman que des sexagénaires déguisés en Tortue Géniale de Dragon Ball Z. C’est une tendance venue des Etats-Unis, immédiatement adoptée par le public japonais, pays phare de cette expo du même nom.

    « Cette manifestation est l’un des seuls moments de l’année où les gens peuvent se déguiser en héros de manga sans que cela ne gêne personne. On peut parler d’un sanctuaire », précise Nathalie, jeune fan habillée plus sobrement. Un sanctuaire où l’argent est roi, et où tout otaku (NDLR : fan de l’univers japonais) qui se respecte rêve de claquer un SMIC à peu près tous les dix mètres.

    geek dating Le site Geekmemore surfe sur cette tendance depuis un an, et organise un speed-dating réel dans un stand qui ne désemplit pas depuis l’ouverture à 9h30. Le principe est simple : jeunes hommes de toutes les races – dragons, mutants, zombies et ninjas – partagent leurs goûts spécialisés avec des filles/nymphettes ravies que quelqu’un les comprenne.

    « La bonne idée du site, nous explique Sébastien, qui travaille pour Geekmemore, c’est de réunir les gens en fonction de leurs goûts. » Pour ce speed-dating, il est d’ailleurs recommandé de remplir précisément une fiche avec ses hobbies personnels : jeux vidéos, mangas, séries-télé, GN…

    « GN ? » on pense naïvement à « Gros Nibards » mais Sébastien nous rassure : « GN pour grandeur nature, ces passionnés qui font des jeux de rôles déguisés en druides, sorciers, etc. »

    On peut parler d’un sanctuaire…


    Et sinon, t’aimes les voyages ? On irait loin, avec tes ailes…

    Business Chez StreetPress, on n’aime pas mettre les gens dans des cases, et l’on sait que la communauté geek n’est pas uniquement composée de gamins boutonneux qui repoussent sans cesse le jour de leur dépucelage. Alors pourquoi leur consacrer un site de rencontre ?
    « Tous n’ont pas la possibilité de rencontrer les autres adeptes à cause de l’éloignement géographique. Et comme le Net a toujours fait partie de leur culture, il semblait naturel qu’un site s’intéresse à eux. »

    Et à leur porte-monnaie. « En effet, une partie du site est payante pour les garçons. Il faut passer par la case premium pour pouvoir envoyer des messages aux autres membres. » Les prix : de 20 euros pour 30 jours à 59,94 euros pour 6 mois. Moralité, si tu veux discuter en elfique avec la jeune fille poitrinaire, il faudra économiser.

    Autre détail, le site n’est pas « forcément un site de rencontres amoureuses. On peut y aller seulement pour consulter de nombreux articles sur la culture manga et geek. » Un autre argument marketing pour ne pas trop frustrer ces messieurs, car sur Geekmemore, on imagine bien que les geekettes sont aussi nombreuses que les filles en école d’ingénieur.

    Gué-guerre Avec cette formule, le site connaîtrait le succès même si le chiffre annoncé de 100.000 utilisateurs par la team est invérifiable. Plus curieux encore : deux semaines après son lancement, Geekmemore affichait un nombre d’utilisateurs également réparti entre hommes et femmes. Tout ça sent la com’ bien huilée et Sébastien continue à jouer les Tournez Manège : « Nous avons déjà trois mariages et un bébé depuis la création du site en 2011 ! »

    En effet, une partie du site est payante pour les garçons


    font color=grey>On imagine bien que les geekettes sont aussi nombreuses que les filles en école d’ingénieur

    Le site s’est aussi attiré les foudres de certains geeks, qui tiennent des sites communautaires mais gratuits. L’un d’entre eux témoigne anonymement : « Certains membres du staff du site ne sont pas du tout versés dans le délire. Un vrai geek n’aurait pas créé un site payant. C’est assez mal perçu par la communauté. »

    Passion La Japex est par définition un temple du consumérisme de niche, mais force est d’avouer que ses visiteurs semblent s’y presser avec une ferveur toujours plus croissante. Marion, cosplayeuse soft, a testé le « geek-dating » et en est plutôt contente même si elle n’a toujours pas trouvé son Gandalf :

    « Je ne peux pas savoir directement à qui j’ai plu, mais cela ne va pas tarder à venir sur ma boite mail. »

    Et quand on voit que Geekmemore.com a organisé un mariage Star Wars pour faire sa promo, on se dit qu’on peut parfois mélanger passion et sens du business. En attendant, tout ce beau monde rentre de l’expo par le RER D. Odeurs de sueurs et chaleur étouffante : on aurait bien aimé qu’ils aient de vrais super pouvoirs.

    bqhidden. Un vrai geek n’aurait pas créé un site payant

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